«Soutenir une autorégulation est un pas important pour promouvoir la démocratie»

Il est 11 du matin. La presse nationale n’a pas manqué le rendez-vous, mardi 14 janvier 2020, avec le Conseil Supérieur de la Communication Audiovisuelle dans les locaux de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) à Rabat.

En effet, cette rencontre a son contexte notamment après avoir passé un an après le renouvèlement de la composition du Conseil. «On est là pour le public. Nous sommes un œil qui ne dort pas, mais aussi une grande oreille. On veut un modèle de régulation marocain», ce sont ainsi des expressions phares qui ont marqué le mot inaugural de la présidente du conseil, Latifa Akharbach.

Enthousiaste, souriante, la présidente a livré les grandes lignes du mandat, des procédures ainsi que les groupes de travail du conseil devant les journalistes.

A vrai dire, une nouvelle équipe, un nouveau souffle et une nouvelle vision et approche stratégique afin de verser un sang nouveau dans les veines de cette instance constitutionnelle. Certes, l’année de 2019 a été une année de réalisations pour les nouveaux membres qui ont été nommés le 03 décembre 2018, mais il en reste encore un long chemin encore à parcourir. «On a eu pas moins de 22 réunions et on a pris de 106 discisions en 2019 dont des octrois de licences et d’autorisations, établissement de cahiers de charges des opérateurs privés, mais aussi de sanctions», a-t-elle  fait savoir. «Un très bon bilan !», se réjouit-elle.

D’après la présidente du Conseil, il y a une préoccupation chez le public marocain pour ce qui est du continu et de la production.  Par ailleurs, Akharbach a appelé à la nécessité de renforcer le secteur public.  «Il faudrait renforcer le secteur public, car il est une nécessité démocratique», a-t-elle indiqué. Et d’ajouter : «Nous sommes avec le fait d’élargir l’offre».

Ainsi, pendant une année, le Conseil a travaillé d’arrache-pied pour assurer une régulation basée sur la bonne gouvernance dans un contexte marqué par de profonds changements et mutations plus précisément dans l’écosystème médiatique.

«Le conseil veille, certes  à assurer la diversité et l’indépendance, mais la régulation a besoin quant à elle à une volonté politique», a-t-elle dit. Et d’ajouter : «On veut une régulation qui répond aux attentes des Marocains. Une régulation qui respecte leurs particularités». Pour Akharbach toujours, soutenir une autorégulation est  un pas important  pour promouvoir la démocratie.

Pour ce faire, a-t-elle dit, il faudrait autrement dite une volonté politique. En matière de la régulation,  l’expérience marocaine, estime-t-elle,  est prometteuse  et avancée en Afrique et même dans le monde arabe. Ces avancées sont les fruits bénéfiques des acquis et des défis qui ont été révélés ces dernières années. Il faut rappeler dans cette optique que la HACA est devenue une instance constitutionnelle d’indépendante de régulation et de bonne gouvernance par la Constitution de juillet 2011, a rappelé la présidente du Conseil.

Mieux encore, le mandat de la HACA a été élargi par la loi n°11.15 de 2016. Dans sa présentation à l’issue, la présidente à présenté les groupes de travail consacrés notamment à la « régulation et nouveaux médias numériques» présidé par Narjis Rehaye, «le discours de violences et de haine dans les contenus médiatiques» présidé par Fatima Baroudi et Jaafar Kansoussi, «la promotion de l’éduction aux médias et à l’information» présidé par Mohammed El Maazouz et Badia Erradi, «le modèle économique de l’audiovisuel marocain dans le nouvel environnement numérique» présidé par Ali Bakkali.

Mohamed Nait Youssef

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