2015: Les Lions victimes d’«Ebola»…

Le Maroc s’apprête à assurer sa 17e participation en Coupe d’Afrique des Nations à l’occasion de la 32e édition de la CAN 2019 prévue en Egypte en été prochain. Cap sur les participations du Maroc à travers l’histoire, depuis la création de la CAN en 1957.

Alors que tout le monde s’attendait à une belle compétition continentale sur le sol marocain à l’occasion de la CAN 2015 avec l’espoir d’embrasser le titre, après l’édition 1988 loupée à Casablanca, la Confédération africaine avait vu autrement. La CAF a préféré retirer l’organisation de cette CAN au Maroc qu’elle lui a offerte dans un premier temps et avec l’appui de la majorité absolue des membres de son comité exécutif. La faute n’incombait guère à la capacité incontestable du Maroc pour organiser une telle compétition. Mais le désistement revenait à l’épidémie d’Ebola, une maladie mortelle qui menaçait certains pays africains devant prendre part au rendez-vous du pays des Lions de l’Atlas. Face à ce péril inattendu, le Maroc avait demandé le report de la CAN pendant quelques mois.

Prévue initialement au début de 2015, entre janvier et février, le Maroc avait seulement proposé une date en juin de la même année jusqu’à ce risque sanitaire soit anéanti. Mais les décideurs du football africain n’en voulaient rien savoir ni entendre. Ce qui avait mis le Maroc et la CAF au bord d’une crise provoquée au détriment d’un pays ayant pourtant les moyens et les capacités d’abriter les grandes compétitions internationales dont la CAN voire le Mondial, ce qui faisait et continue de faire défaut à la majorité des pays africains.

L’intérêt du Maroc et des Marocains restait donc au dessus de toute considération face au risque de prorogation de ce virus d’Ebola qui constituait un cas de force majeure. Ce que le Maroc avait pris comme argument juridique et sur lequel il s’était basé pour défendre crânement sa cause devant les instances concernées notamment le Tribunal  Arbitral du Sport. Mais en vain. Ce dont avait profité la CAF du temps de l’ancien président, Issa Hayatou, qui bénéficiait à l’époque de l’appui et du soutien de la FIFA et son président, Sepp Blatter, renvoyé à vie pour causse de corruption. La CAF qui a excellé dans son rejet catégorique de la demande de reporter cette CAN, avait considéré que le Maroc refuse d’organiser la compétition. Et de ce fait, l’instance africaine allait prendre la décision arbitrale de lui retirer la compétition tout en l’a confiant à la Guinée Equatoriale. Par la suite, la CAF allait foncer le trou jusqu’au fond en disqualifiant les Lions de l’Atlas qui n’avaient pas participé aux éliminatoires. Cela même si cette décision n’avait pas été tellement commentée par la majorité des Marocains soucieux seulement de sauvegarder leur pays loin de tout risque des milliers de malades touchés par Ebola mais aussi d’autres dangers, cette fois, terroristes en particulier les menaces de Daesh contre le Maroc.

Les Lions ont payé cash

Les Lions de l’Atlas qui avaient été qualifiés d’office ont donc payé cash l’intérêt de leur pays et l’entêtement de la CAF qui allait rapidement les exclure de la compétition Le coup était donc dur pour nos Lions qui voulaient marquer cette CAN, même loin de leur sol, dans l’espoir de passer l’éponge sur les résultats décevants des dernières éditions.

Le Maroc était donc un des grands absent de cette CAN en compagnie de certains gros calibres du Continent dont le Nigeria… D’autres y ont été là dont la Côte d’Ivoire qui allait profiter de l’occasion pour remporter le sacre finale. Les Eléphants Ivoiriens dirigés par le sélectionneur français, Hervé Renard, se sont imposés au détriment du Ghana grâce aux tirs au but (9-8 après le 0-0 des prolongations).

Voilà la fin d’un film dont le metteur en scène n’était autre que la CAF de Hayatou et les acteurs restaient les joueurs des Lions de l’Atlas qui ont été arbitrairement privés d’un droit tout à fait légal. Et non seulement l’exclusion de cette CAN 2015 pour les Lions qui allaient subir une sentence aussi sévère par la CAF qui les a disqualifiait pour deux autres éditions suivantes… Chose annulée en faveur du Maroc qui a fait appel et qui eu gain de cause pour que ses Lions retrouvent la CAN d’après en 2017.

Mais déjà les Lions avaient déjà payé cash. Car plusieurs joueurs allaient s’éclipser en compagnie du sélectionneur national, Badou Zaki, qui était à la tête des Lions devant négocier cette CAN à domicile dont les portiers venant d’Europe Fagrouch et Amsif en compagnie de ceux de la Botola, Aaskri et Zniti.

Pour les joueurs, ils étaient dans leur majorité des professionnels d’Europe à l’image de Marouane Da Costa, Achraf Lazaar et Jamal Ait Ben Idir, appelés pour la première fois, pour accompagner les Mehdi Benatia, Zouheir Feddal, Abdelhamid Kaoutari, Zakaria Bergdych, Issam El Adoua, Mounir Obbadi, Noureddine Amrabat, Mehdi Carcela, Mbarek Boussoufa, Omar El Kaddouri, Younes Belhanda, Youssef El Arabi, Marouane Chamakh, Atef Chahchouh, Abderazzak Hamdallah qui venait de passer en Chine après une première expérience en Norvège ainsi que Abdelaziz Barrada qui évoluait aux Emirats.

Cela sans oublier les joueurs locaux du championnat national à l’image des Mohamed Oulhaj et Aberhoun, Abderrahim Acchakir, Ayoub El Khaliqi, Zakaria El Hachimi, Mohamed Berrabeh et Issam Erraki.

Le Maroc a raté une belle occasion de s’imposer chez lui

Avec cette belle ossature composée des meilleurs joueurs en Europe mais aussi à l’échelon national, le Maroc avait raté une belle occasion de renouer avec le titre chez lui, après le premier et seul trophée remporté lors de la CAN 1976 en Ethiopie.

Depuis lors, rien n’a été réalisé mais si d’une génération à l’autre, le Maroc avait plus de chance pour s’imposer chez lui notamment avec une équipe qui avait eu son temps de se préparer pour la CAN 2015. C’était un objectif primordial des Lions qui avaient effectué plusieurs stages de concentrations, ici et ailleurs, renforcés par des matches amicaux au Portugal, en Russie…

Cela pour rythmer un petit peu l’histoire de la participation marocaine en CAN qui oscillait entre éditions couronnées de succès notamment la place de finaliste en 2004, la 3e place du podium en 1980, les 4e places successives en 1986-1988, et d’autres entachées de déception avec plusieurs fois des sorties prématurées.

Voilà en bref certaines éditions réussies par le Maroc qui a, en contrepartie,  battu le record de pas moins de 7 éliminations au premier tour depuis la première participation en phases finales de la CAN en 1972 en passant par les années de 1978, 1992, 2000, 2002, 2006, 2008, 2012, 2013. Et après avoir été privé de participer à l’édition suivante en 2015, le Maroc allait finalement chasser le signe indien en CAN 2017, mais seulement avec une place de quart finaliste qui restait la seconde dans son histoire après celle de 1998, année pendant laquelle les Lions de l’Atlas étaient également engagés en Coupe du Monde en France. Même chose pour la récente CAN 2017 où le Maroc avait retrouvé le Mondial 2018 en Russie après une absence de 20 ans.

Aujourd’hui, le Maroc continue de réserver sa place à la compétition africaine avec la qualification pour la CAN 2019 qu’on espère la meilleure en attendant celle de 2021 avec une pensée également pour le Mondial 2022 au Qatar que les Lions de l’Atlas ne devraient absolument pas manquer…

Rachid Lebchir

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