Animation, le maillon faible du tourisme à Agadir

Le créneau animation demeure une denrée rare, de nature à dynamiser et booster le secteur. Il est vrai que l’animation touristique relève, en premier lieu, des opérateurs et des acteurs du département, toutes catégories confondues : hôtellerie, restauration, artisanat, agence de voyage… Néanmoins, il faut dire que toutes les composantes de la région, notamment les institutionnels, les élus, la société civile…tout le monde est appelé à contribuer à l’animation de la ville.

Malheureusement, le bilan à ce propos, est en deca des aspirations, alors que les touristes viennent à Agadir, non pas seulement pour le soleil et la plage, mais également pour se divertir et se distraire. Pas de pôles d’attraction, pas de loisirs, pas de lieux de shopping, pas de sites patrimoniaux de taille… Qui libérera, alors, la première station balnéaire du royaume du spectre de la morosité ? On a beau pondre des complexes hôteliers haut de gamme, pieds dans l’eau, la «turbulence» touristique, fade et fanée, s’assoupit au moment où les visiteurs sont continuellement avides de vitalité.

Hormis la saison estivale qui s’anime avec convivialité, stimulée, certes, par la tiédeur du climat et la ferveur des citoyens, prenant d’assaut une corniche enivrante, le reste de l’année sombre dans une réelle nonchalance, telle l’indolence obséquieuse du corbillard. A peine les lueurs crépusculaires tombent-elles, que la vie suffoque et s’estompe «de-ci de là, pareil à la feuille morte», pour parapher Paul Verlaine, dans son fameux spleen «chanson d’automne».

Il est bien évident que le produit littoral, conçu et confectionné pour une destination attractive comme Agadir ne devra nullement se contenter des buildings laitiers pour «incarcérer» ses touristes, chaudement veloutés dans les carcans déplorables du «All Inclusive». La logique des choses voudrait bien qu’on agrémente cet effort infrastructurel par une véritable stratégie accompagnatrice où trône l’animation aux multiples facettes. Au-delà de l’identité visuelle qui semble renâcler devant les diverses déficiences, l’ambiance lumineuse laisse pareillement à désirer, au regard des éclairages publics blêmes et livides, aussi bien dans les artères du site balnéaire qu’ailleurs. La «tonitruance» sonore n’est pas non plus à la fête, dans une métropole à vocation touristique comme si on se recueillait pieusement devant un cortège funeste.

C’est là l’une des gifles les plus cuisantes qu’on puisse infliger à une destination effervescente, appelée à concurrencer les rivales d’outre-mer, notamment les Canaries où la vie ne s’arrête jamais.

Agadir n’est pas quand même une momie enroulée dans les bandelettes de la sacralité, d’autant plus qu’elle est classée parmi les baies les plus huppées du monde. On ne saura alors tamiser la dimension universelle d’une destination émoussée et fastidieuse. On finirait par lasser les touristes qui, à la longue, bouderaient une offre blafarde. Badigeonner la ville de tirades chatoyantes, à travers des esquisses sonores, visuelles et suaves prisées est incontestablement le manque à gagner dans une ville qui se prive, en dépit de son statut pimpant, de réalisations de loisirs et de divertissement, faute d’attractions patrimoniales, excepté la citadelle aux remparts et créneaux pittoresques, orpheline de réaménagements de fond pouvant combler les vides atroces.

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