Bye Bye Yooz !

La marque marocaine de tablettes créée par Disway,  il y a un peu plus de quatre ans tire sa révérence. Selon nombre de spécialistes, les produits de la marque ne seraient pas compétitifs.

Après avoir investi un segment alors encore déserté par les géants de l’électronique, Yooz s’est vite fait rattrapée par ces derniers. Les Samsung et autres Huawei sont venus bousculer Disway sur le segment entrée de gamme en opérant un «down-scalling» inattendu avec des produits de grande qualité et à petits prix (entre 1.000 et 1.500 DH).

Pourtant, les débuts de Yooz comportaient tous les ingrédients de la success story. Dévoilant les chiffres du premier semestre d’activité 2014, Disway avait avancé que sa marque Yooz était déjà troisième sur le marché des tablettes derrière les incontournables géants Samsung et Apple, selon le distributeur de produits électroniques. Et ce, au moment où ce dernier venait de lancer sa troisième vague de produits comprenant des smartphones et des téléviseurs Yooz. Avec 20.000 tablettes écoulées durant le premier semestre, Hakim Belmaâchi, président du directoire de Disway, estimait alors qu’il n’était pas loin de l’objectif de 40.000 tablettes vendues dans l’année et se félicitait de l’adoption par les geeks de sa marque. Au bout du compte à la fin de la première année pleine d’activité, ce seront quelque 30.000 tablettes qui seront écoulées.

Dans cette troisième vague donc, des téléviseurs, des tablettes et des smartphones avec l’introduction d’un clavier amazigh sur ces deux derniers produits ont été lancés. En annonçant et en étant la première marque à intégrer l’amazigh (après 7 à 8 mois de développement) à son clavier, Disway cherchait à prendre de court toute la concurrence et s’en différencier et se ranger dans les starting-blocks pour les marchés des différents programmes gouvernementaux. «Il y a intérêt à attaquer ces marchés. On a voulu s’assurer d’abord d’avoir un produit de qualité et très concurrentiel avant de se lancer sur ces programmes», révélait alors Hakim Belmaâchi. Disway avait donc dans sa ligne de mire les programmes Injaz, Infitah et Nafida.

Mieux encore, l’entreprise bien positionnée dans son marché local et en Tunisie, commençait à étendre ses tentacules vers l’Afrique Subsaharienne en réalisant quelques ventes en Guinée, au Sénégal et en Côte d’Ivoire entre autres. Après avoir atteint, selon le management, une part de marché de 14%, les ventes ont commencé à baisser à partir de janvier 2016. Début 2017, la marque a cessé toute communication et est désormais absente des rayons de toutes les enseignes de distribution. Que s’est-il réellement passé pour que l’arrêt soit aussi brutal ?  Le rendez-vous est pris lors de l’annonce des résultats 2017.

Soumayya Douieb

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