Alger au pied du mur

Camps de Tindouf: la crainte d’un recensement

Sous le titre «le Maroc tente d’éluder la possibilité d’une résolution du conflit au Sahara Occidental», l’agence algérienne officielle rapporte les propos tenus par  le Chargé d’affaires, Mehdi Litim, lors d’une réunion, à Genève, du Comité permanent du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR).

Il a tenté de répondre à la délégation marocaine qui a centré son action sur la question des séquestrés sahraouis, qui vivent l’enfer dans les camps de Tindouf, depuis presque un demi siècle, sans que la communauté internationale ne parvienne efficacement à les libérer du joug des généraux et des sécuritaires algériens.

Dans sa réponse, tirée par les cheveux, le triste Litim (Ah le pauvre !) use de toute une gymnastique intellectuelle pour diluer le débat et l’éloigner de son objectif et des attentes de la réunion. Il tente de conférer au HCR une mission politique, alors que sa raison d’être est purement humanitaire. Et le chargé d’affaires, comme l’indique son titre, cherche à se tirer d’affaires en dévoyant la discussion sur des thématiques et concepts dignes de la guerre froide mais encore servis, en repas réchauffés, par les tenants du pouvoir au palais de la Moradia et des casernes des généraux.

La fuite en avant

Le Maroc, et avec lui les pays sérieux, n’a jamais cessé de montrer la problématique. Ceux qu’Alger présente comme des réfugiés sont constitués d’une petite partie d’originaires du Sahara marocain que les sbires d’Alger et du «polisario» avaient kidnappés ou sommés de regagner les leurs, séquestrés, au milieu de la décennie 1970.  Exception faite pour une vingtaine de «révolutionnaires» la grande majorité des premiers locataires des camps de la honte étaient des otages, souvent des familles, qui avaient rejoint les leurs, sentimentalement et par crainte pour la vie de leurs proches.

Mais depuis la décennie 1990, le calvaire bien ressenti et face au développement harmonieux de nos provinces du sud, nos compatriotes ont rejoint, massivement, la mère patrie, au point qu’il ne reste que peu de dirigeants de l’époque du «polisario», dont l’écrasante majorité, notamment sa direction «historique» vit dans son pays, le reste étant éparpillé entre l’Espagne, l’Europe et l’Amérique latine.

Et pourtant Alger n’avait cessé de présenter la population des camps de Lahmada comme des «réfugiés», alors que la population est bondée de Touaregs du Mali, du Niger, de nomades mauritaniens et des Rguibates Accharkya (d’origine algérienne). C’est cela le fameux «peuple sahraoui» dont Alger se réclame (sic).

Et, quand des délégations étrangères s’invitent à Tindouf, c’est le triste spectacle des figurants qui a lieu, puisque les personnes présentées font partie des nomades subsahariens, généreusement payés par quelques aides alimentaires humanitaire. Mais c’est mieux que rien, face à l’inoccupation et à la misère…

C’est ce vase clos que l’Algérie veut maintenir sans possibilité d’ouverture, malgré l’insistance de l’ONU et du Haut Commissariat aux Réfugiés, qui réclament un recensement sérieux et pointu.

Voilà pourquoi Alger évite et refuse tout recensement, sachant qu’elle ressort encore ses vieux chiffres des années 1970, jamais actualisés depuis,  destinés à la cause humanitaire et fortement exagérés pour faire augmenter l’aide alimentaire.

L’Algérie, en optant, en 1975, pour la séquestration de populations entières de sahraouis dans ses camps de la honte, en paie aujourd’hui les conséquences. Elle n’est pas en mesure de les entretenir, matériellement et financièrement, surtout à la suite de la dèche pétrolière. Elle se rabat sur leur transformation en moyens de propagande pour le séparatisme et le mensonge politique, et les camps en espace de la contrebande de tous genres (drogues et armes, notamment) dont jouissent les chefs militaires et sécuritaires.

C’est une réalité que la communauté internationale connait parfaitement. Et ce ne sont pas les détournements (je ne parle pas de l’aide alimentaire) du sujet auquel s’adonne la délégation algérienne à Genève qui fera changer les Nations Unies et le HCR de sa revendication principale qui consiste en l’organisation d’un recensement crédible des populations prétendues comme réfugiées.

Alger veut noyer son poisson

Dans ses tentatives d’évasion, le «diplomate» algérien ressort le «plan de 1991» déjà enterré par l’ONU pour laisser la place au «plan d’autonomie» présenté par le Maroc et jouissant du consensus général de la communauté des Nations.

Or, si pour Alger, la question de l’enregistrement «constitue une simple opération technique» qui «donnerait un faux espoir de la fin de leur exil forcé» (sic), il est clair qu’elle cherche à noyer son poisson alors que l’ONU  réclame un recensement crédible.

Messieurs d’Alger, personne ne vous a demandé d’assurer «l’essentiel du fardeau de l’accueil de ces réfugiés» ou de «les protéger». C’est un acte et une faute historique que vous devez assumer. Vous avez encore le temps de vous rattraper. Laissez les sahraouis marocains rentrer chez eux». Vous allez vous retrouver avec une grande majorité de nomades qui n’ont rien à voir avec nos provinces du sud ni avec votre conflit éternel avec le Maroc.

Triste spectacle à la commission permanente du HCR de constater que Alger et ses représentants dans les organismes internationaux  sont en retard de plusieurs guerres. La question du référendum est devenue caduque depuis l’échec de l’inscription crédible du corps électoral, à cause du blocage d’Alger, par le biais de ses sbires polisariens.

L’ONU, son Conseil de sécurité et son Assemblée générale ont dépassé ce stade et cherchent l’implication réelle d’Alger dans la résolution d’un conflit artificiel vieux de cinq décennies.

Un recensement crédible, organisé par le HCR, est craint par Alger, de peur que sa stratégie expansionniste ne s’effondre comme un château de cartes.

Mohamed Khalil

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