Conflit libyen: Moscou et Ankara parrainent un cessez-le-feu…

Le 8 Janvier dernier, le Président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine ont lancé, à Istanbul, un appel à un cessez-le-feu entre Faïez Sarraj, le chef du Gouvernement d’Accord National (GAN) siégeant à Tripoli et reconnu par la communauté internationale et le Maréchal dissident Khalifa Haftar, patron de l’Armée Nationale Libyenne (ANL).

Entrée en vigueur le dimanche 12 Janvier à minuit alors que des combats meurtriers ont lieu depuis neuf mois aux alentours de Tripoli que rêve de conquérir le maréchal dissident, la trêve entre les deux parties devait s’adosser à un accord plus contraignant sur la durée ouvrant la voie à la solution politique qui devra être validée lors du sommet international sur la Libye prévu le 19 Janvier à Berlin.

Aussi, pour la résolution du conflit libyen, les deux protagonistes ont été invités à Moscou, ce lundi, à l’effet d’entamer les pourparlers nécessaires à la signature du document entérinant le cessez-le-feu. Les négociations qui se sont déroulées dans une annexe du ministère russe des Affaires étrangères, sous le double-parrainage de la Russie et de la Turquie et en présence d’officiels égyptiens et émiratis, ont duré plus de cinq heures mais à aucun moment Messieurs Sarraj et Haftar ne se sont rencontrés physiquement.

Mais cette réunion s’est achevée dans une confusion laissant planer une incertitude totale quant à l’évolution du conflit libyen car si, de son côté, le chef du GAN a signé le projet de cessez-le feu, le Maréchal Haftar a demandé un délai de réflexion de vingt-quatre heures, puis a quitté Moscou, mardi matin, sans donner d’explication et sans même parapher l’accord formel de cessez-le-feu négocié sous l’égide d’Ankara et de Moscou et dûment accepté et signé par le Premier ministre libyen.

En quittant Moscou sans signer le document afférent au cessez-le-feu, le Maréchal Haftar a-t-il rejeté purement et simplement la négociation entamée avec son rival ou est-il parti « consulter ses troupes » ? Les prochaines heures nous le diront.

Mais, en attendant, qu’adviendra-t-il de la Conférence internationale sur la Lybie qui devait se tenir le 19 Janvier à Berlin sous l’égide de l’ONU alors que la communauté internationale redoute de voir le conflit libyen dégénérer en ce moment où le pays, qui détient les plus importantes réserves de pétrole du continent africain, est pris d’assaut par différentes milices jihadistes et par une multitude de trafiquants d’armes et de passeurs de migrants ? Autant de faits qui pousseront inévitablement l’Europe à chercher à réduire le flux migratoire qui se dirige vers ses frontières après avoir recueilli, ces dernières années, les centaines de milliers de migrants qui ont été jetés sur les routes de l’exil par les conflits qui déchirent le monde arabo-musulman mais aussi à prendre pied, d’une manière ou d’une autre, dans le pays, afin de « récupérer » ses parts de marché.

N’oublions pas, enfin, que, d’un côté, un accord controversé déjà signé par Ankara avec le GNA élargit le plateau continental turc et permet, en conséquence, à la Turquie d’exploiter certains gisements et que, de l’autre, avec un président qui ambitionne de prendre pied en Afrique et qui ne le cache pas, Moscou vise à gagner un accès privilégié au pétrole libyen et à conquérir un marché pour ses armes et pour son blé.

La Turquie et la Russie, qui toutes les deux parrainent un éventuel cessez-le feu en Libye, parviendront-elles à ramener la paix dans le pays ? Attendons pour voir…

Nabil El Bousaadi

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One Comment;

  1. mehdi mountather a dit:

    La fin des guerres en Libye en Mali en Syrie en Afghanistan en Yémen en Irak le 20.1.2020 pour éviter la mort des architectes de ces guerres les franc maçons les illuminatis et les fondateurs de Daech Boko Haram Qaeda Gia par ces punitions d’ ALLAH arrêt cardiaque cancer virus accident crash d’avion séisme tsunami déluge tornade fusillade incendie les dictateurs arabes leurs généraux ne seront pas épargner.

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