De rupture en échec

De stratégie en stratégie, de vision en plan et de plan en vision…les politiques de développement sectorielles changent d’appellation et promettent souvent la rupture avec le processus en cours après avoir acté son échec à mi-parcours.

Les performances du secteur agricole affichent  clairement la faillite de la politique agricole au Maroc. L’activité qui touche la moitié de la population marocaine reste encore tributaire des aléas climatiques. La contribution du secteur dans le PIB national est insignifiante et varie selon le taux de pluviométrie enregistré chaque année. Initialement, le Plan Maroc Vert (PMV) tablait sur des résultats beaucoup plus probants et en adéquation avec les priorités du secteur.

Le bilan fait état, après plus de dix ans de sa mise en place, d’un bilan décevant et en deçà des objectifs assignés au départ. L’innovation, la recherche agronomique, l’utilisation des semences certifiées et des produits phytosanitaires, l’autosuffisance, la commercialisation, l’encadrement, l’assurance agricole, la traçabilité, les contrôles en amont et en aval et la transformation des produits agricoles  révèlent l’échec du PLM qui a, semble-t-il, profité à quelques filières au détriment d’autres plus déterminantes pour le développement du monde rural et du secteur agricole en général.

D’aucuns s’interrogent aujourd’hui sur le bilan de l’artisan du Plan Maroc Vert. Le chef du département de l’agriculture qui vient de présenter la nouvelle stratégie de développement du secteur agricole Baptisée «Génération Green 2020-2030» avec l’ambition cette fois-ci,  de faire émerger une nouvelle génération de classe moyenne agricole et de jeunes entrepreneurs et une nouvelle génération d’organisation agricoles dites plus innovantes. Une ambition qui confirme l’échec de la dimension sociale du PMV. Peut-on réussir une nouvelle stratégie avec le même artisan ? Rien de moins sûr.

Fairouz El Mouden

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