Du poison dans les assiettes

La malbouffe est un sujet vraiment pertinent, mais qui ne retient que très peu l’attention des Marocains. Etant donné les nombreux problèmes de santé induits par ce mode alimentaire malsain, le 21 juillet a été consacré Journée mondiale de la malbouffe.L’objectif étant de rappeler l’ampleur des problèmes de santé que cause au Maroc  la malbouffe.

Le terme malbouffe a été inventé par le scientifique français Joël de Rosnay en 1979 pour décrire une alimentation inadéquate et trop grasse. En d’autres termes, il s’agit de produits alimentaires dangereux pour la santé des individus. De nos jours, quand on parle de malbouffe, c’est pour désigner la nourriture jugée mauvaise sur le plan diététique en raison, notamment de sa faible valeur nutritive et de sa forte teneur en graisses, en sel ou en sucres. Les hamburgers, les hot-dogs, les frites, les chips, les sodas en sont des archétypes.

Il s’agit le plus souvent de produits transformés susceptibles de favoriser l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires, certains cancers, des dépressions…

Nous vivons dans une société où tout va vite. Le manque de temps  représente un obstacle de taille.Il est loin le temps où les ménagères consacraient des heures pour la préparation du repas familial, les enfants venaient de l’école à midi, le père quittait son travail lui aussi pour aller déjeuner chez lui en famille…

Aujourd’hui, de tels clichés ne sont que des souvenirs. C’est du passé.Les femmes, longtemps confinées dans la cuisine, sont aujourd’hui plus nombreuses à exercer une activité professionnelle. Et c’est tout naturellement que la restauration rapide soit la solution.Une donnée qu’ont bien intégrée les commerçants, les snacks, fast-foods, les grandes surfaces…

La restauration rapide envahit chaque jour un peu plus nos rues, nos boulevards, nos quartiers des plus chics au plus modestes .On trouve de tout : pizzas, hamburgers, paninis, sandwichs, frites, sauces,  mssamen, Harcha, Harira…

Pour beaucoup, ce sont des sandwichs composés de pain, de thon et de sauce piquante (Harissa). Pour d’autres, c’est du  pain, du Kacher ou alors une boite de sardine et un verre de thé sucré, et le tour est joué.On avale en 5 minutes ce que l’on nous sert sans réellement savoir qui prépare ces repas, le mode de transport, la conservation, les étapes de la préparation, les ustensiles…On n’a pas le temps de penser à tout cela, ce qui compte c’est de se remplir vite la panse et de retourner au boulot car la pause déjeuner c’est 30 minutes dans bien des établissements.Dans ces conditions, la restauration rapide semble la solution, mais cette tendance n’est pas sans conséquences sur le poids et d’une façon plus générale, sur la santé des individus, car qui dit restauration rapide fait allusion à la malbouffe.

En effet, force est de reconnaître que les fastfoods sont très souvent associés à la malbouffe, à une mauvaise alimentation. Il suffit de se pointer à 9 H ou 10 H du matin devant un snack et d’observer attentivement ce qui se passe : les viandes et viande hachée et autres saucisses arrivent dans des sachets en plastique, le poulet dans des couffins, aucune mesure d’hygiène n’est observée, la chaine de froid, c’est une notion inconnue.

Au mépris des besoins diététiques, différents par rapport à l’âge et à l’activité des personnes, la nourriture des fastfoods est composée des mêmes ingrédients : hamburger et frites.Ce qui compte, c’est de laisser la place à celui qui attend, de passer à la caisse.

Comme on peut le constater, le fast-food a une mauvaise image mais connaît un véritable succès, c’est un paradoxe, mais force est de constater que chez nous le fast-food est aujourd’hui un style de vie : celui des gens pressés, qui ne peuvent pas se permettre de perdre du temps. C’est ce qui explique l’explosion des fastfoods.

Les effets de la malbouffe

Depuis une vingtaine d’années, l’obésité est devenue un problème majeur de santé publique, touchant près de 500 millions d’individus dans le monde. Elevée au rang d’épidémie, la maladie n’épargne pas le Maroc où le nombre d’individus en surpoids et les obèses connaît une courbe exponentielle. Les maladies cardiovasculaires, le cancer, les maladies respiratoires chroniques et le diabète sont à l’origine de 35 millions de décès par an (60% du total des décès) et montent en flèche dans les pays en développement. Or, les mauvaises habitudes alimentaires sont une cause majeure de plusieurs de ces maladies.

Le surpoids pendant l’enfance est associé non seulement à un risque accru d’obésité et de maladies non transmissibles à l’âge adulte, mais aussi à des problèmes de santé immédiats, comme L’hypertension et l’insulino-résistance.

La dernière enquête réalisée par le ministère de la Santé sur l’obésité au Maroc a montré que 13,3% des Marocains sont obèses. Cette prévalence est de 19,1% chez les femmes et 7,3% chez les hommes. Par ailleurs, 26% présentent un surpoids, soit au total 39,3% de Marocains qui ont un poids supérieur à la normale. Répartis entre 28,7% chez la femme et 23,3%, ces chiffres sont à revoir à la hausse car cette étude a été réalisée en l’an 2000. Les femmes sont plus touchées que les hommes et les urbains plus que les ruraux. La fréquence de l’obésité et du surpoids, au Maroc, a connu une évolution très significative depuis quelques années.

Le problème de la malbouffe est pluriel. Il faut donc l’aborder sous plusieurs angles et faire intervenir tous les acteurs (famille, école, associations de défense des droits des consommateurs, ministère la santé, professionnels de santé, médias) afin qu’ils puissent interagir pour démontrer les risques pour la santé de la mauvaise alimentation ou malbouffe.

Ouardirhi Abdelaziz

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