Entretien avec Ahmed Boukouss, recteur de l’IRCAM

«Nous souhaitons que l’IRCAM garde toutes ses prérogatives»

Propos recueillis par Mohamed Nait Youssef

Les Marocaines et Marocains ont fêté le 30 juillet dernier le 20ème  anniversaire de l’intronisation de Mohammed VI. Un moment de grande portée historique pour arrêter  les grands chantiers, les avancées qui ont été réalisés, ainsi  que les défis qui  restent encore à  révéler.  Pour Ahmed Boukouss, recteur de l’IRCAM,  le nouveau règne est porteur d’une vision stratégique du renouveau culturel fondé sur l’unité dans le respect des droits culturels et linguistiques des composantes de la communauté nationale. En outre, sur l’avenir de l’IRCAM après la création du Conseil national des langues et des cultures marocaines (CNLCM), le recteur estime que «l’IRCAM est une institution nationale qui a besoin d’être renforcée à tous les niveaux.» Selon lui, il faut  «assurer les conditions d’autonomie administrative et financière de l’IRCAM et aligner ses missions et prérogatives sur celles de l’arabe, en tant que langues officielles à statut égal» Certes des réalisées ont été accomplies en matière de l’amazighe, mais il reste encore un chemin à faire dans les prochaines années. «Beaucoup de choses parmi lesquelles, il y a lieu de rappeler: capitaliser sur les acquis réalisés depuis 2001, approfondir la recherche action, soutenir les créateurs culturels, rénover le champ médiatique dans ses différentes composantes, consolider les relations entre l’IRCAM et sa base socioculturelle à travers une politique de communication efficiente dans un esprit unitaire», a-t-il affirmé.

Al Bayane : Les Marocaines et Marocains ont fêté  le 30 juillet dernier, le 20ème  anniversaire de l’intronisation de Mohammed VI. De prime abord, que représente cet événement pour vous?

Ahmed Boukouss : Un événement qui consacre le lien indéfectible qui lie le peuple et la monarchie. Un moment de communion nationale que tous les Marocains célèbrent dans l’unité et la prospérité.

Durant les vingt ans du règne de Mohammed VI, une série de grands chantiers a été entamée, ainsi que la création d’un nombre d’institutions dont l’IRCAM. Qu’en est-il alors de l’amazighe notamment après la mise en place de la nouvelle Constitution?

En effet, toutes les actions et décisions en faveur de l’amazighité sont l’œuvre de Sa Majesté, à commencer par la création de l’IRCAM, de la chaine TV8 puis l’officialisation de l’amazighe dans la nouvelle constitution. Ainsi nous pouvons dire que le nouveau règne est porteur d’une vision stratégique du renouveau culturel fondé sur l’unité dans le respect des droits culturels et linguistiques des composantes de la communauté nationale.

Après un retard jugé inadmissible par les acteurs amazighes, la Chambre des représentants a adopté enfin, lundi 10 juin,  les projets de lois organiques portant la création du Conseil national des langues et mettant en œuvre le caractère officiel de l’amazighe. Pensez-vous que cette décision sera un tournant dans l’histoire de l’amazighe?

Assurément. Les lois organiques sont inscrites dans la constitution; de ce fait, elles doivent être effectives pour  permettre la mise en œuvre de l’officialisation de l’amazighe devant débloquer la situation stagnante, sinon rétrograde de l’amazighe entretenue par les adversaires de l’amazighe. Nous souhaitons que l’IRCAM garde toutes ses prérogatives et soit doté de moyens à même de lui permettre d’assumer les nouveaux défis : la mise à niveau de la langue après son officialisation, la promotion des expressions culturelles et leur implantation effective dans l’environnement social.

Quel avenir pour l’IRCAM après la création du Conseil national des langues et des cultures marocaines (CNLCM)?

L’IRCAM est une institution nationale qui a besoin d’être renforcée à tous les niveaux. Il faudrait renforcer ses structures en les délocalisant de manière à pouvoir garder un lien organique avec les régions et leurs populations, les acteurs culturels et influer sur les décisions des responsables locaux et régionaux afin que les politiques publiques décidées au niveau central et régional puissent avoir un effet catalyseur sur la promotion de l’amazighe et sur les conditions de vie et de travail de ses créateurs. Enfin assurer les conditions d’autonomie administrative et financière de l’IRCAM et aligner ses missions et prérogatives sur celles de l’arabe, en tant que langues officielles à statut égal.

A votre avis que reste-t-il encore à faire dans le domaine de l’amazighe dans les prochaines années?

Beaucoup de choses parmi lesquelles, il y a lieu de rappeler: capitaliser sur les acquis réalisés depuis 2001, approfondir la recherche action, soutenir les créateurs culturels, rénover le champ médiatique dans ses différentes composantes, consolider les relations entre l’IRCAM et sa base socioculturelle à travers une politique de communication efficiente dans un esprit unitaire.

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