Hakima El Meslahy : le podium à tout prix!

Pour elle, la vie est une sorte de lutte qu’il faut mener jusqu’au bout, voire un champ de bataille où il faut se positionner comme acteur et ne pas se laisser dominer par autrui. Hakima El Meslahy, taekwondoïste, fait de l’adage shakespearien «to be or not to be», sa raison d’être, comme elle ne cesse de le souligner au journal Al Bayane.

Native de la ville de Khouribga, Hakima El Meslahy prendra part bientôt et ce, pour la première fois de sa carrière, aux JO d’été qui se dérouleront à Rio. Depuis sa petite enfance, Hakima est le centre d’intérêt de sa famille. Sa mère Rabha, femme de foyer, l’entoure de son affection.  «Je suis l’enfant unique de ma famille. Ma mère ne ménageait aucun effort pour m’élever convenablement, surtout que mon père, Mustapha, était à l’époque immigré en Italie», confie-t-elle.  Et d’ajouter : «J’étais sa seule préoccupation. C’est plus qu’une maman. Elle fut ma conseillère, parfois même mon coach. On dirait que nous sommes des amies. Elle me soutient souvent dans les moments difficiles»,  déclare-t-elle avec un fin sourire.

Notre championne se rappelle des moments où lorsqu’elle revenait de l’école, sa mère prenait le «makiwara» entre ses mains et elle commençait à frapper de ses deux pieds. «Ce  fut pour moi une séance d’entrainement qui me procurait de la confiance et me permettait d’améliorer mon niveau», déclare t-elle.

En effet, la joueuse du club de l’AS FAR brillera par son talent dès l’âge de 8 ans. Il lui aura fallu seulement six mois d’entrainement pour décrocher la troisième place au championnat provincial des cadets. En dépit d’un tel résultat, Hakima restera sévère envers elle-même. «Ce classement était synonyme d’échec pour moi malgré que j’étais encore novice», martèle-elle.

Intervention royale

Lorsque sa mère décide de l’inscrire au club Essalam à Khouribga,  l’objectif est de renforcer son caractère et développer sa personnalité. «Pendant mon enfance, j’étais un peu fragile et plus  timide à tel point que je n’osais pas affronter les gens», avoue Meslahy.

Contre toute attente, en 2003, elle remporte le premier titre de sa carrière en surclassant ses adversaires lors des championnats du Maroc, catégorie junior à Agadir.

Cet exploit lui vaut une convocation à la sélection nationale. Depuis, elle enchaîne les succès en parvenant à dominer pendant 10 ans le podium du championnat du Royaume.

2011,  une année exceptionnelle pour la taekwondoïste! Elle réussit à décrocher l’or lors du championnat du monde militaire qui se déroule au Brésil, après avoir remporté la médaille de bronze en 2009 en Azerbaïdjan à l’occasion de la coupe du monde…Dans son palmarès, Hakima aligne le titre de championne d’Afrique à trois reprises (2008,  2011 et 2015). Elle décroche par ailleurs deux médailles d’or lors des Coupes du monde Francophones de Taekwondo, respectivement au Gabon et au Bénin.

En 2005, elle subit une fracture grave à la main, lors de la coupe du monde francophone au Niger. Sa carrière est sur le point de s’arrêter, quand SM Le Roi Mohammed VI décide de la prendre en charge. «C’est l’un des meilleurs souvenirs et des plus beaux  moments de ma vie», avance-elle.

Outre le taekwondo, Hakima passe son temps libre à faire du jambaz ou jouer du volley-ball avec ses copines. «Une manière d’améliorer davantage sa souplesse», laisse-t-elle entendre.

Contrairement à plusieurs athlètes, le numéro un du tatami au Maroc a su concilier parfaitement études et sport. Une fois titulaire du baccalauréat en sciences expérimentales, Hakima couronne son cursus scolaire par l’obtention d’un BTS en informatique de développement. Aujourd’hui, elle travaille en tant qu’officier au sein de la gendarmerie royale.

Hakima participera aux prochains JO tout en ayant bien évidemment les yeux rivés sur le podium. «Je souhaite offrir une médaille à mon pays que je porte dans mon cœur, mais aussi à ma mère Rabha à qui je dois beaucoup. Elle représente pour le moi le véritable modèle de la femme marocaine».

K.D

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