La loterie nationale joue à la transparence

Depuis quelques jours, on retrouve dans la presse une annonce publicitaire de la loterie nationale (SGLN) qui affiche la répartition de l’argent des jeux. On peut y voir les mises des joueurs qui atteignent 846 millions de dirhams.

Sur la totalité de ce montant, 60% correspondent aux gains des joueurs, soit un montant de 510 millions de dirhams. Les charges de fonctionnement et d’investissement s’élèvent à 32 millions de dirhams (3,5%).

Le marketing et la distribution représentent 108,5 millions (13%) et la TVA et droit de timbre 59 millions de dirhams (7%). Pour ce qui est de la composante dons à la collectivité, mécénat et sponsoring, elle s’élève à 140 millions de dirhams, soit 16,5% des mises des joueurs. Cette opération semble être la première du genre que mène la loterie nationale. Qu’est-ce qui pousse l’entreprise des jeux de hasard à communiquer sur ses chiffres ? La polémique qui a suivi l’arrivée de l’italien Sisal, adjudicataire de l’appel d’offres concernant l’exploitation des jeux, du réseau de distribution, du marketing et de la commercialisation des produits pour la SGLN, y serait-elle pour quelque chose ? Rappelons-le, Sisal a remporté ce marché en mars 2018. L’italien qui traîne apparemment un sombre historique avait suscité la curiosité des médias.

Après l’annonce en décembre, Sisal a signé l’adoption d’un nouveau modèle financier pour la SGLN. Le changement s’est fait au niveau de la redevance versée à l’opérateur, qui est désormais calculée par rapport au «produit brut des jeux» et non pas par rapport au chiffre d’affaires global. La différence réside dans le fait que le produit brut des jeux n’inclut pas le taux de retour joueur (TRJ), qui représente jusqu’alors presque 60% de la masse financière globale des jeux de la SGLN.

Autre supposition : cette transparence est-elle due au changement sur le marché ? Lors de l’annonce de l’adjudicataire de l’appel d’offres qui en a fait jaser plus d’un, les médias avaient évoqué une séparation des relations contractuelles existantes entre la SGLN et la Marocaine des Jeux et des Sports (MDJS) spécialisée dans les paris sportifs. Les deux sociétés qui avaient, depuis près de 20 ans, le même opérateur et le même réseau de distributeurs pour leurs jeux se sont séparées au niveau opérationnel.

En tout cas, cette nouvelle stratégie de communication de la SGLN ne peut que rassurer sa clientèle qui désormais sait dans le détail où va l’argent des jeux. La transparence à ce niveau- là rassure également sur le nouvel entrant qu’est Sisal. Une bien bonne manière de sortir du lot et de se faire remarquer par rapport à la MDJS.

Soumayya Douieb

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