Des étudiants subsahariens montent au créneau

Depuis quelques jours,  bon nombre d’étudiants subsahariens au Maroc ont décidé de monter au créneau. La cause principale : la problématique liée à la bourse. Cas de la République du Congo, du Cameroun, de la Guinée et bien d’autres. Certains d’entre eux ont donc décidé de se rendre auprès de leurs ambassades pour manifester contre le non règlement des bourses complémentaires depuis des mois par leurs pays d’origine.

Les étudiants congolais sont ainsi allés à Rabat à l’avenue Général Abdenbi Britel afin de protester devant leur consulat. Ces derniers n’auraient pas reçu  leur dû depuis près de 32 mois, selon une source intermédiaire. D’après les informations reçues, ces mouvements d’humeur ont lieu parce que ces étudiants venus au Maroc par le biais de la coopération entre leurs pays et le Maroc  estiment que leurs autorités n’assument pas convenablement leurs responsabilités.

Plusieurs d’entre eux ne perçoivent pas leurs bourses d’études depuis leur arrivée au Maroc. Ils ont donc décidé de se constituer en collectivité afin de se rendre à leur ambassade pour rencontrer leurs autorités. Cependant, dans une courte vidéo circulant sur les réseaux sociaux, on a pu observer une forme de bras de fer, entre lesdits étudiants et les forces de l’ordre.  «On veut nos bourses», ont martelé plusieurs.

Un des étudiants ayant eu un malaise lors de ces mouvements a été par ailleurs transporté par une ambulance à l’hôpital pour y subir des soins. La même source relate que ce n’est pas la première fois que de telles situations se manifestent. A titre illustratif, le cas des étudiants Congolais de Cuba, qui avaient également manifesté leur mécontentement, il y a deux ans pour les mêmes causes.

Au Maroc, les étudiants congolais auraient déjà passé près de 32 mois sans bourse, ni frais d’études. Nombreux seraient arrivés  dans le cadre de coopération internationale. « Ces étudiants sont venus au Maroc pour étudier. C’est le gouvernement du Congo Brazzaville qui a décidé de les envoyer. Certains étudient ici les sciences liées à l’informatique, à la programmation. Certains sont dans l’agro-industrie, le management (…)», explique notre source avant de faire une rétrospective sur 2014.

Depuis 5 ans, le gouvernement du Congo Brazzaville aurait envoyé plus de 216 étudiants au Maroc. Mais, il n’aurait jamais payé les bourses de ses étudiants. Certains sont à l’Université  de Marrakech, d’autres ailleurs. Des conventions  auraient  pourtant été signées entre les autorités congolaises et celles du Maroc. Dans lesdits accords, certains frais devraient être à la charge des autorités congolaises. Notamment, les frais d’études et les bourses. Les bourses seraient de 700 euros par trimestre pour chaque étudiant. Le paiement du cumul de cette somme sur 32 mois d’impayé arrangerait la situation des étudiants. Sauf que jusqu’à ce jour, nombreux d’entre eux n’auraient pas encore perçu quoi que ce soit, rapporte la même source.

Même son de cloche du côté de la communauté camerounaise. Elle s’est également rendue à Rabat pour les mêmes raisons. Les nouvelles qui en ressortent sont similaires au cas congolais. Sur les réseaux sociaux, on a pu constater un déferlement de cette communauté. Laquelle n’a pas hésité à présenter aux yeux du monde leur mécontentement. Sur des pancartes, des écrits peu luisants ont été inscrits par ces derniers « On veut nos bourses». «Ça fait plusieurs mois que nous ne percevons pas nos bourses», se plaignent-ils. Les étudiants de cette communauté rassemblés au sein de l’association CASAM ont d’ailleurs publié depuis quelques mois, une vidéo sur les réseaux sociaux, dans laquelle ils expliquent ne pas avoir reçu leurs bourses complémentaires depuis 24 mois. Ce qui mettrait plusieurs étudiants dans une situation de précarité, puisqu’ils ne vivraient que des 750 dhs mensuels versés par le Maroc dans le cadre de la coopération Maroc-Cameroun.

Au regard de cette situation généralisée, l’on en vient à se poser une pléthore de questions. Qu’attendent les autorités de ces pays pour résoudre cette problématique ? Faut-il forcément qu’il y ait des manifestations pour que des solutions idoines soient trouvées? L’avenir nous en dira davantage par rapport à la suite des évènements.

Romuald Djabioh

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