Le coronavirus sonne-t-il le glas de l’Union européenne?

L’Union européenne serait-elle la victime collatérale du coronavirus ? C’est en tout cas l’interrogation soulevée par l’affirmative aujourd’hui par des politiques de droite comme de gauche du vieux continent.

Quant aux peuples, qui avaient déjà rejeté ce projet au début de ce millénaire, force est de souligner que l’histoire serait en train de leur donner raison. En effet, lors de cette pénible épreuve, la solidarité a fait défaut entre les gouvernements des pays composant l’Union. Pis encore, des pays ont barré la route à des aides qui étaient acheminées vers d’autres pays plus touchés par l’épidémie.

C’est le cas, selon des médias européens, de la Pologne qui aurait empêché des aides russes à parvenir à l’Italie qui compte ses morts beaucoup plus que d’autres pays touchés par l’épidémie. La péninsule italienne a dû demander de l’aide à des pays comme la Chine, la Russie ou Cuba. D’autres dirigeants se sont élevés pour pointer du doigt les décideurs de l’Union. De même, les dispositifs juridiques de Bruxelles, qui avaient même remis en cause la souveraineté des Etats, sont ainsi devenus, par la force des choses, désuets par la virulence du coronavirus.

Le désaccord entre les capitales européennes s’est également manifesté, mardi, lors de la rencontre, par visioconférence, des ministres européens des finances qui n’ont pas réussi à publier un communiqué commun après leurs entretiens. Ils ne sont pas parvenus à s’entendre sur de nouvelles mesures coordonnées de soutien à l’économie, laissant le soin à leurs dirigeants de décider des meilleures options face au choc engendré par le coronavirus.

Ces dirigeants devraient se réunir ce jeudi par visioconférence, indiquent des sources médiatiques européennes. Mais, semble-t-il, en l’état actuel des choses, toute décision émanant de ces entretiens serait déjà dépassée sur le terrain où chaque pays agit seul, selon ses moyens, pour faire face à la pandémie qui continue de charrier des vies humaines. En ces temps durs, l’OTAN (organisation du traité de l’Atlantique nord), qui a été mise en place pour remplir les missions de sécurité et de défense collectives, a brillé par son absence. Les canons de cette OTAN, qui tiraient plus loin et avec précision pour combattre les «ennemis» de la démocratie dans d’autres contrées plus lointaines, n’auraient pas localisé le mal qui frappe de plein fouet la démocratie européenne de l’intérieur. Bruxelles, semble-t-il, n’aurait pas les commandes de l’OTAN.

Cette Union prometteuse au moment de sa validation en 2007 sous l’appellation de «traité de Lisbonne», ayant modifié le texte de Maastricht (1992) et le traité de Rome de 1957, n’aurait pas seulement tenu ses promesses, mais la situation s’est nettement aggravée par rapport à ce qu’elle était au moment des promesses de cette Union. Et aujourd’hui, plus que jamais, face à cette rude épreuve, l’Union serait au bord de l’éclatement.

Une chose est sûre, selon plusieurs observateurs, cette Union ne sera plus, au cas où elle survivra, comme elle l’était auparavant.

B.Amenzou

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