Le froid de canard!

L’exercice mensuel d’interrogation du Chef de gouvernement à l’hémicycle fut essentiellement consacré, entre autres, à deux points d’actualité d’acuité extrême. L’intérêt a donc porté sur les intempéries qui prévalent atrocement sur nombre de zones du royaume.

Le second axe qui a prêté forte attention, durant la séance concernait la cherté des denrées alimentaires du marché interne. Le premier volet dont la cruauté ne saurait laisser indifférent les pouvoirs législatif et exécutif, a fait l’objet d’un long échange, en vue de fixer les mesures à entreprendre, en ce temps de froid de canard.

Effectivement, en ces moments cruciaux, dans plusieurs régions de la nation, des citoyens fort démunis claquent des dents sous la gelée. Des localités perchées sur les promontoires rocailleux grelottent à ciel ouvert sous la «banquise» drue, sans couvertures ni abris. Dans ces contrées glaciales, coupées du monde, le froid fait périr des familles abandonnées à leur sort. Dans la foulée, on évoquera les patelins montagneux, blottis dans les sommets enneigés ou encore les cuvettes grêleuses, des masures fébriles, qui s’effilochent sous les effets de la grêle et de l’austérité de la tempête.

On pensera également aux petits écoliers qui parcourent des kilomètres à pieds dans les prairies sauvages, à perte de vue, frémissant de froid dans des classes éventrées, à la merci des rafales de vents arctiques. Alors que leurs semblables nantis se couvrent bien au chaud, jusqu’aux orteils, partout où ils vont. L’injustice sociale et spatiale dans tous ses éclats, mettant l’ensemble des décideurs devant leur responsabilité. Il est donc question de remédier à ce déséquilibre condamnable, dans un État dit de droit et de traduire dans le concret la notion de solidarité nationale.

Dans ce sens, l’Etat est appelé, par ses multiples institutions, à se focaliser en particulier, sur cette situation vitale. Pour ce faire, une série de démarches doit être prise dans les plus brefs délais, notamment dans les régions les plus touchées par le froid. La conjugaison des efforts des départements étatiques, des autorités locales, des corps élus, des structures actives de la société civile, permettrait, sans nul doute, de mobiliser toutes les conditions requises pour venir en aide à ces citoyens meurtris par le froid sévissant dans des contrées abattues, tels Azilal, Midelt, Figuig, Tinghir, Boulemane, Bouarfa…t

Il faut dire, à ce propos, qu’un nombre de zones enclavées est aussi concerné par cette campagne de lutte contre le froid attentatoire à la vie des populations défavorisées. D’autre part, il importe de doter ces êtres humains accablés et dénués de moyens pour faire face au froid, sans perdre de vue les écoles et les internats qu’il va falloir doter de système de chauffage. A cet égard, il urge de mettre sur pieds un programme, durant toute cette période hivernale, en direction des habitants se trouvant dans ces lieux laissés pour compte.

Il est vraiment inacceptable de continuer à apprendre que des âmes succombent encore de froid dans notre pays. L’accès à la couverture contre le froid est aussi un droit capital, parmi les droits de l’Homme que la nation ne cesse de mettre en avant, dans le sillage de ses efforts pour le développement. Car, le froid, sur le territoire national, menace la vie des citoyens, enfouis dans la privation et le dénuement. Il y va également de l’image de marque d’une nation résolument tournée vers la justice sociale et les droits humains.

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