Nucléaire iranien: Trump souffle le chaud et le froid…

Lors d’une conférence commune donnée ce lundi soir par Donald Trump et Giuseppe Conte, le président du Conseil italien en visite à Washington, le président américain a déclaré qu’il était prêt à dialoguer avec les dirigeants iraniens.

«Je ne sais pas s’ils sont prêts – a-t-il dit – j’imagine qu’ils voudront me rencontrer, je suis prêt à les rencontrer quand ils veulent… ce serait bon pour nous, bon pour eux, bon pour tout le monde…».

Mais si Donald Trump, qui la semaine dernière avait eu des mots très durs envers Téhéran, n’a posé aucune condition pour cette rencontre, fidèle en cela à sa politique «de la carotte et du bâton», son entourage s’est empressé, quant à lui, de fixer le cadre général d’une réunion qui, si elle venait à avoir lieu, serait la première entre les chefs d’Etat des deux pays depuis la chute du Shah en 1979.

Ainsi, Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, a tenu à préciser que pour qu’une telle rencontre puisse se tenir, les iraniens devront démontrer leur entière disposition à effectuer des «changements fondamentaux dans leur manière de traiter leur peuple», à modifier «leur comportement malveillant» au Moyen-Orient et, enfin, à «être ouverts» à la renégociation des termes d’un nouvel accord sur le nucléaire «qui empêche(rait) vraiment la prolifération».

Garett Marquis, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, a déclaré, pour sa part, que «les Etats-Unis sont prêts à prendre des actions pour supprimer les sanctions, rétablir les relations diplomatiques et commerciales totales, permettre à l’Iran d’avoir une technologie avancée et soutenir la réintégration de l’économie iranienne dans le système économique international». Mais, il ajoutera que «cet assouplissement n’est possible que s’il y a des évolutions tangibles, prouvées et durables dans les politiques de Téhéran » faute de quoi «le fardeau des sanctions sera de plus en plus lourd».

Or, en réaffirmant son attachement au respect de l’accord de Vienne sur le nucléaire, l’Iran avait déclaré quelques heures plus tôt, par la voix d’un conseiller du Président Rohani, qu’«une négociation avec l’actuelle administration américaine est impossible» et subordonné la reprise des discussions entre Téhéran et Washington au «respect de la grande nation iranienne, (à) la réduction des hostilités (et au) retour des Etats-Unis dans l’accord nucléaire».

Au vu de tout ce qui précède, il semble que des pourparlers entre Téhéran et Washington ne soient pas prêts de se tenir. Ainsi,  la politique de la carotte et du bâton dont est très friand le président américain et qu’il avait utilisé dans le dossier nucléaire nord-coréen préalablement à sa rencontre au sommet du 12 Juin dernier à Singapour avec Kim Jong-un aura du mal à «marcher» cette fois-ci et ce, pour diverses raisons.

En effet, le rapprochement entre Pyongyang et Washington avait été rendu possible grâce à la Corée du Sud comme médiateur et à la Chine en tant que parrain.

Or, cette fois-ci, le retrait unilatéral des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien n’est pas pour faciliter les choses. Ayant  été vécu par  les pays européens signataires comme étant une trahison, le retrait américain de l’accord de Vienne ne va pas les inciter à jouer le rôle d’intermédiaires entre Washington et Téhéran alors que, de l’autre côté, il n’est pas dit que Moscou serait prête à parrainer ce rapprochement même s’il semblerait que Donald Trump ait déjà évoqué cette question avec Vladimir Poutine.

Qu’en sera-t-il alors d’un rapprochement entre les Etats-Unis et la République islamique en ce moment où Donald Trump souffle le chaud et le froid au gré de son humeur du jour ? Attendons pour voir…

Nabil El Bousaadi

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