Un parcours généreux et inlassable au service de la Nation et du Peuple

45 ans de présence et de persévérance, sans relâche ni répit. 45 ans de ténacité contre Ia censure et l’interdiction, sans résignation ni abandon. 45 ans de lutte pour les idéaux nobles de l’humanisme, sans nulle dérobade. 45 ans de combat farouche pour exister et paraître, chaque jour, en dépit de la misère et de la pénurie des moyens…Une longue histoire d’un beau support qui hérite d’une panoplie de titres indélébiles de plus de soixante dix ans de vie féconde. Pendant tout ce parcours ardu, feu Ali Yata, le fondateur éclairé  de cette presse dont le nom renvoie à l’ère glorieuse de l’humanité et « manifeste »  la fierté de l’action militante, s’érigeait en porte-fanion de la voix de la liberté, de la justice et du progrès.

Presque un demi-siècle, deux ans avant l’apparition du Parti du Progrès et du Socialisme, Al Bayane déroule son papier du côté de la Gironde dans la capitale économique, dans des conditions souvent cruelles. Des locaux vastes, mais vétustes, des machines mastodontes en ronéo au tirage « crasseux », de braves militants jetés dans le bain sans trop de savoir en la matière, des autorités hostiles à l’expression et à l’opinion, un faible lectorat que la peur de s’afficher prenait au ventre…, le quotidien affrontait toutes ces contraintes avec cran et conviction, sous la houlette charismatique du grand mentor, Si Ali dont l’inspiration et la motivation quotidiennes ravivaient tout le personnel de la rédaction des deux versions, rappelé à la fameuse rencontre de chaque jour, dès que  résonnait dans les couloirs l’appel : «Réunion camarades!» .

Bien au début de son éloquent périple, Al Bayane prenait place dans les kiosques, un peu partout dans le territoire du royaume, au côté de quelques journaux partisans, avant que ne paraisse la presse dite « libre» ou encore celle appelée de « caniveaux ». A cause des déficiences de la distribution, nombre de régions ne reçoivent leur quotidien de prélediction que le lendemain, à des exemplaires qui ne dépassent pas, dans le meilleur des cas, une demi-douzaine et dont l’Autorité s’accapare de plus de la moitié, pour des raisons «sécuritaires».

Cependant, malgré toutes ces difficultés que rencontre la presse du PPS, au niveau de l’édition et de la distribution, des décennies durant, Al Bayane était sollicité aussi bien par l’élite que la masse, recherché partout, dupliqué en photocopies puisque le tirage est fort limité et enfin, redouté par les contrevenants, les séparateurs, les hors-la-loi…Al Bayane est constamment respecté parce qu’il est crédible chez les citoyens, toutes souches confondues, de par son sens de la mesure, son courage de dénoncer, son acte de défense à l’égard des démunis, des opprimés et exclus de la société. Al Bayane est également apprécié, depuis des lustres, par ses analyses réalistes et pertinentes, ses positions éprises des causes suprêmes de la Nation et du Peuple, ses messages des valeurs et des vertus…

Al Bayane est aussi l’école de la pensée tolérante, de la diversité idéelle, de la rigueur intellectuelle et de la confrontation libre, sans dogmatisme ni sectarisme… Pendant toute son existence, la presse du PPS s’est attelée à se constituer en tribune de l’intelligentsia marocaine où nombre de sensibilités s’expriment comme bon leur semble. Des plumes de haute qualité ont brillé sous cette ombrelle de rêve, notamment feux Nadir Yata et Mimoun Habriche, pour ne citer que ceux-là. Des détracteurs de toutes sortes, Al Bayane en a connu aussi sur son chemin, car cette ligne de vérité et probité dérange, gêne et fâche toujours ceux qui ont l’habitude de se baigner dans les eaux troubles des marais. Mais, le quotidien a su contourner ses coups bas, se frayer le même chemin de l’intégrité et de la déontologie et se hisser continuellement en espace du sérieux et de la loyauté.

Ces mêmes idéaux qui furent les siens ont sans cesse, conduit à la propagation des principes au service de l’humanité. A ce propos, on ne peut passer sous silence cette initiative inédite qui a marqué son histoire de militantisme. Il s’agit, en fait, ce que l’on appelle dans notre jargon « la vente militante » qui consiste à se constituer en groupes des militants et aller dans les rues et les points publics, en ville comme dans les villages, pour vendre des exemplaire du journal. Sans but lucratif, cette tradition représente une occasion de favoriser la proximité avec les populations, d’entamer les différents sujets qui retiennent leur attention et débattre de leurs attentes et leurs aspirations. La vente militante qui n’est plus malheureusement de l’ordre du jour, comme tant d’actions militantes similaires, portait une symbolique dans l’esprit, empreinte de mobilisation, d’enthousiasme et d’espoir en l’avenir.

Dans cette optique, on ne peut non plus occulter une date mémorable dans l’itinéraire flamboyant d’Al Bayane. Il est question de la célébration de la dixième du journal en 1982, à la foire internationale de Casablanca. Cette festivité grandiose restera gravée dans les cœurs des militantes et des militants du parti, ainsi que des centaines de milliers de Marocaines et de Marocains qui se sont rendus à cette prestigieuse cérémonie festive, à l’instar de la fête de l’humanité du Parti Communiste Français. La fête d’Al Bayane a vu la contribution de la quasi-totalité des stars nationales, notamment Abdelhadi Bellhayat, Naima Samih, NassGhiwane, Rouicha, Jil Jilala, Siham…Toutes les régions et provinces du Parti animaient leurs stands par des produits du terroir et des prestations locales, dans une ambiance d’euphorie et d’engouement, en présence des ténors de la direction du parti et leurs hôtes, notamment Ali Yata, Abdeslam Bourquia, Abdallah Layachi, Chouaib Riffi, Simon Lévy…

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