Près de 16 milliards DH pour la santé en 2018

Présentation du bilan santé par Anass Doukkali

«Une année déterminante pour le secteur de la santé au Maroc». C’est en ces termes qu’Anass Doukkali, ministre de la santé, a qualifié l’année 2018, lors de la présentation du bilan de son département mercredi dernier à Casablanca. Durant l’année écoulée, ce sont près de 16 milliards de DH qui ont été investis dans le financement de 80 programmes de santé, dont certains sont en cours de réalisations ou en phase d’étude, a déclaré le ministre lors de sa présentation.

Un an après avoir brigué le poste de ministre de la santé, Anass Doukkali a dévoilé lors d’un point de presse les réalisations qui ont marqué le secteur de l’année en 2018. Durant cette année, plusieurs mesures ont été prises pour dépasser les dysfonctionnements de ce secteur au Maroc, conformément aux orientations royales. L’exercice 2018 a ainsi été marqué par plusieurs chantiers, dont l’édification de nouveaux centres de santé, le renforcement de l’offre de soins, l’optimisation des services des urgences…

En termes de chiffres, le ministère a procédé au renforcement de l’offre de santé publique, en mettant en service l’hôpital provincial de Salé d’une capacité litière de 250 lits, pour un montant de 339 millions de DH, de même que l’hôpital de proximité de Demnat, d’une capacité litière de 45lits, pour un investissement de 66 millions de DH. Sur ce même volet, le département de la santé a également parachevé la 2e tranche de l’hôpital provincial Al Hoceima, équipé le Centre d’oncologie de la ville, le CHU d’Oujda et de Marrakech (salles d’opérations) pour une enveloppe de 549,02 millions de DH.

Dans le cadre du plan national du secteur de la santé à l’horizon 2025, le ministère a lancé des chantiers de deux centres hospitaliers universitaires (CHU) dans les villes de Tanger et d’Agadir (respectivement 771 et 867 lits) et 11 centres hospitaliers provinciaux.  De même que la construction d’un hôpital psychiatrique à Kénitra (120 lits), l’agrandissement et le réaménagement de 13 centres hospitaliers, avec une capacité globale de 329 lits.

Pour sa part, le renforcement de l’offre de soins en milieu rural s’est traduit sur le terrain par l’organisation de 282 caravanes médicales dans 28 provinces, dans le cadre de l’opération «Ria’ya». Au total, ce sont 10.438 consultations de médecine générale, 5720 consultations spécialisées, 421 interventions chirurgicales, 4023 examens biologiques et 3075 examens radiologiques qui ont été réalisés. L’objectif étant de garantir à tous les citoyens une offre de soins digne de ce nom. Pour rapprocher les populations rurales de la santé, le département de la santé a également lancé des activités de téléconsultation dans trois structures situées dans des zones rurales difficiles d’accès, notamment le Centre de santé du village d’Anfgou ( province de Midelt), le centre de santé d’Imilchil à Midelt et le centre de santé de Zaouïat Ahensal à Azilal.

Pour faciliter l’accès aux soins, le personnel de santé a également été renforcé pour l’année 2018, par 4. 000 postes budgétaires, 500 médecins généralistes, 14 chirurgiens dentistes, 22 pharmaciens, 524 médecins internes, 2700 infirmiers et 240 administratifs et techniciens. La capacité des étudiants inscrits au niveau  des instituts supérieurs des professions de sante et techniques sanitaires a atteint 6450 étudiants. La formation continue a quant à elle bénéficié à 19.444 professionnels de santé.

Les Urgences

Abordant le volet lié aux services des urgences, le ministre de la santé Anas Doukkali n’a pas manqué de rappeler que les urgences sont l’une des priorités de son département. Il a rappelé le lancement du plan d’accélération de la mise à niveau des urgences. L’objectif étant de développer, d’équiper et de restructurer les différents pôles d’urgences spécialisés, qui accueilleront plus de 6 millions de Marocains. Pour permettre une mise à niveau des services des urgences, 100 infirmiers spécialisés dans la prise en charge des urgences ont été affectés dans différentes structures, ainsi que 35 techniciens spécialisés dans le transport et premiers secours et 50 auxiliaires. De même, 30 ambulances médicalisées de type «  A », entièrement équipées de la haute technologie ont été acquises. Le parc des ambulances a été renforcé par l’acquisition de 24 ambulances type A  et 60 ambulances de type B pour 39 .425.600 millions de DH.

144 couveuses fixes et 24 couveuses mobiles ont été par ailleurs reparties sur l’ensemble des établissements hospitaliers régionaux, pour un budget de 104 millions de DH.

La politique du médicament et la couverture médicale

Concernant la politique du médicament, Anass Doukkali a insisté sur le rôle que joue l’industrie pharmaceutique au Maroc, pour favoriser l’accès des malades aux produits de grande qualité à des coûts abordables pour traiter des maladies chroniques qui sont coûteuses. Ainsi, en matière de baisse des prix de certains médicaments, le ministre de la santé a rappelé qu’en 2018, ces baisses ont concerné 270 médicaments, très utilisés pour le traitement des maladies chroniques et certaines pathologies sévères. Pour l’année 2019, il est prévu de faire baisser les prix de 319 médicaments, en procédant à l’exonération  de la TVA. Cet engagement du ministère à garantir au citoyen marocain l’accès à des médicaments et des produits de santé de qualité lui a valu la reconduction de la préqualification par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la 3e fois.

Dans le même sens, le ministre a fait part de la poursuite des efforts de généralisation de la couverture médicale qui englobe désormais 62% de la population, soit 28% de bénéficiaires  du RAMED et 34% l’AMO, rappelant que le nombre de bénéficiaires du RAMED (régime d’assistance médicale) a atteint 12 millions de personnes entre 2012 et octobre 2018. Revenant sur l’AMO des étudiants, le ministre a souligné que ce sont 76140 étudiants qui en bénéficient à ce jour. Quant à la couverture médicale des indépendants, elle est en bonne voie et sera gérée par la CNSS. Dans un premier temps, ce seront les professions médicales qui verront leur situation réglée conformément à la loi 98/ 15. Les autres professions suivront étape par étape afin d’asseoir sur des bases solide la couverture médicale des indépendants.

Les mesures et actions menées dans le domaine de la santé ont ainsi permis des progrès en matière de santé reproductive, maternelle et néonatale, mais aussi dans la prise en charge des adolescents et des catégories sociales à besoins spécifiques. La mortalité infanto-juvénile et maternelle a ainsi enregistré une baisse significative, comme l’ont démontré les résultats de l’enquête nationale sur la population et la santé familiale (ENPSF) 2017-2018. Le taux de mortalité infanto-juvénile (enfants moins de 5 ans) est passé ainsi de 30,5 à 22,16 décès pour 1.000 naissances vivantes. Quant à la mortalité maternelle, elle abaissé significativement, passant de 112 décès pour 100.000 naissances vivantes durant la période 2009-2010 à 72,6. Dans ce même cadre, la proportion des femmes ayant bénéficié des consultations prénatales qualifiées, a évolué de 11 points entre 2011 et 2018 pour atteindre 88,4%, tandis que la proportion des accouchements assistés par un personnel qualifié est passée de 74% en 2011 à 86,6% en 2018.

Abdelaziz Ouardirhi

 

A propos du H1N1

Lors de la présentation du bilan de son département, Anass Doukkali a également abordé le sujet de la grippe du virus H1N1. Le ministre de la santé s’est voulu rassurant, objectif et responsable dans ses réponses. Le ministre a tenu encore une fois de plus à préciser que l’apparition de cas de virus de grippe saisonnière H1N1 dans le Royaume demeure un fait normal, d’autant plus que le système national de veille et de surveillance épidémiologique enregistre annuellement, comme dans les autres pays, des cas de contamination par ce virus lors de la saison d’hiver. Il a insisté sur la vaccination des personnes à risque, celles et ceux qui sont susceptibles de voir leur grippe se compliquer. Ce qui est le cas particulièrement des personnes atteintes de maladies chroniques, les femmes enceintes et les enfants âgés entre 6 mois et 5 ans ainsi que les personnes âgées de plus de 65 ans. Concernant la disponibilité du Tamiflu (médicament contre le H1N1), le ministre a indiqué qu’il n’y a aucune rupture de stock dudit médicament et que toutes les dispositions sont prises par le ministère pour approvisionner le marché.

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