Rehausser la restauration!

Saoudi El Amalki

Encore amoindris par la pandémie qui continue à sévir de plus belle, dans le pays, les propriétaires de restaurants et de cafés sont priés de verser les taxes de débit de boisson aux communes pour le compte de la deuxième tranche de 2020.

Cette décision a suscité une grogne sèche au sein de cette frange de commerçants qui ne parviennent encore à se remettre de la crise virale, paralysant les activités durant plus de trois mois d’affilée. Face à ce pourparler enflammé, le ministère de l’Intérieur a jugé bon d’y mettre un terme, en transmettant une note aux Walis et Gouverneurs, leur signifiant de faire permettre l’exonération de taxes par les maires, à ce propos, y compris celle du débit de boisson. Néanmoins, les professionnels sont tenus de se faire argumenter par les documents requis auprès des services de fiscalité.

On ne cesse de convenir qu’Agadir est incontestablement l’un des fleurons du tourisme national. Une vérité qui se confirme par la floraison des complexes hôteliers dont regorge cette station balnéaire. Très tôt, on s’est résolument lancé dans l’implantation de géants  buildings sur d’immenses superficies, à perte de vue.

C’est une approche judicieuse que de multiplier des structures d’accueil de haut standing aussi vastes que luxueuses et variées. Toutes sortes de techniques de novation touristique et hôtelière les plus avancées sont prévues dans cet effort déployé par l’ensemble des intervenants du secteur : Etat, investisseurs nationaux et étrangers, opérateurs, professionnels, collectivités, Tours opérators…

C’est une bonne chose si l’on sait que le plus gros handicap du véritable décollage de volet économique névralgique demeure, sans doute, cette éclosion à ce niveau, avec tout ce que cela exige de métier. Ceci dit, on déplorera que la  restauration n’ait pas joui de suffisamment d’intérêt pour aller de pair avec l’hôtellerie.

On ne fait  que dévaloriser la place de choix qu’occupe l’art culinaire spécifique, par la mainmise hôtelière d’une part et la kyrielle de taxe qui s’abat sur le secteur d’une manière abusive et étouffante, d’autre part. Comment cela?

Eh bien ! On continue à favoriser impunément la pension complète dans les hôtels. Résultat, le touriste reste «assiégé» nourri et logé jusqu’à son retour. Il n’aura pas  dégusté les délices,  préparés par les spécialistes qui n’ont qu’un seul et unique souci, celui de servir des plats amoureusement présentés, avec le cérémonial et la convivialité qui s’imposent, loin de «l’embrouillement» de l’hôtel.

On s’entête à tourner le dos à une filière touristique si importante et vitale, celle de la restauration qui prend de l’entrain, grâce à l’émergence des experts en la matière, au niveau de la gastronomie. Effectivement, avec l’élan  de l’hôtellerie, un investissement considérable s’est, en parallèle tourné vers le montage et la conception d’infrastructures de la restauration.

C’est un effort non négligeable qui a nécessité d’énormes sacrifices financiers, en particulier, au centre ville, mais à quelques mètres de la chaîne hôtelière, pied dans l’eau.

Cependant, bien des points d’interrogations sur l’avenir de la restauration. Les restaurateurs se plaignent du registre qui leur est assigné dans la vision globale du tourisme. Il y a de quoi, car c’est aberrant que de monter des chefs-d’œuvre en matière de restauration, avec cœur et savoir-faire et de se confronter à une compétitivité injuste et déloyale. Un hôtel, c’est surtout l’hébergement.

Un restaurant, c’est surtout le menu, à chacun son boulot, les chèvres seront bien gardées. Surtout qu’Agadir est entrée par la grande porte de l’émulation internationale au niveau du tourisme sous ses diverses formes. Place alors à la spécification sectorielle et à la mise à niveau de plus en plus impérative.

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