Tirs croisés de missiles entre la Syrie et Israël…

Prétextant se protéger contre un tir de missile anti-aérien en provenance de Syrie, l’aviation israélienne aurait bombardé, ce mardi soir, des sites situés non loin de la capitale syrienne.

Citant une source militaire, l’agence officielle Sana a annoncé que la défense anti-aérienne de l’armée syrienne «a intercepté des missiles lancés par des avions de combat israéliens à partir de l’espace aérien libanais». Selon le directeur de l’observatoire syrien des droits de l’homme, les cibles visées sont des «entrepôts d’armes appartenant au Hezbollah et aux forces iraniennes» situés dans la périphérie de Damas.

Et si, de son coté, l’armée israélienne a indiqué sur Twitter que «son système de défense aérien a été déclenché contre un missile anti-aérien lancé depuis la Syrie» mais n’ayant fait aucun dommage, un porte-parole de l’armée israélienne contacté par l’AFP a refusé de donner de plus amples renseignements.

Dans tous les cas, si ces informations sont vérifiées, il s’agira alors de la première frappe effectuée par l’armée israélienne depuis l’annonce du désengagement des forces américaines de Syrie; un retrait qui, d’après les analystes, va laisser à l’Iran et à ses partenaires le champ libre pour développer leurs capacités militaires et donner la possibilité à Téhéran, d’établir «un corridor terrestre lui permettant d’atteindre la Méditerranée à travers l’Irak, la Syrie et le Liban».

Grand perdant du désengagement des troupes américaines de Syrie, Tel Aviv qui entendait consolider un large front pour contrecarrer les ambitions de Téhéran dans la région aura, apparemment, bien du mal à mettre en œuvre un tel plan sous le regard «bienveillant» de Moscou et en l’absence du soutien de Washington. A noter, également, que si le Premier ministre israélien avait beaucoup misé sur sa connivence avec le président américain, le retrait des forces américaines de Syrie constitue, pour lui, un revers majeur que l’opposition israélienne va s’empresser de lui brandir au nez. Sentant le vent souffler, en sa défaveur,  Benyamin Netanyahou tente de rassurer ses compatriotes en déclarant que la détermination israélienne ne va pas être ébranlée par la décision américaine et qu’Israël va «continuer à entreprendre des actions très fortes contre les tentatives iraniennes de s’implanter en Syrie».

Mais en considérant que la Syrie est placée sous les ambitions croisées  de Moscou, Téhéran et Ankara, quelle est, désormais, la marge de manœuvre de Tel Aviv dans le dossier syrien en l’absence du protecteur américain ? Très ténue à première vue mais attendons pour voir…

Nabil El Bousaadi

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