Visa for music, une niche pour les professionnels de la musique

Le premier salon de la musique en Afrique et au Moyen-Orient, Visa for music, a baissé ses rideaux samedi dernier à Rabat. Malgré les doutes, la 5e édition a bel et bien eu lieu. La plateforme musicale professionnelle a organisé, comme à son accoutumée, des concerts, des conférences, mais aussi des rencontres entre professionnels du secteur. L’évènement, organisé depuis 5 ans, a permis à de nombreux artistes et professionnels marocains et africains de se restructurer.

«Nous sommes très heureux de prendre part au Visa for music, tout d’abord, parce que nous avons des liens très anciens et solides avec cet événement. C’est aussi  grâce au Visa for music que ce bureau d’export est né. Depuis 2014, les Gabonais ont toujours été présents. Nous avons fédéré nos énergies et nos moyens pour présenter et valoriser notre musique dans ce salon», nous explique Jean Pierre Moudjalou Mounguengui, président et coordinateur de  Ibogazik, une structure spécialisée dans la promotion et l’exportation de la musique gabonaise.  Cette édition, explique-t-il,  malgré les difficultés et beaucoup de froideur  au niveau de l’organisation par rapport aux précédentes éditions passées, nous a ravis. A partir de Visa for music, Ibogazik a pu donner de la visibilité à ses artistes. «Un de nos artistes est passé par cette plateforme et a fait une tournée dans notre continent et dans d’autres pays. C’est bénéfique de passer par ici, de faire connaitre notre musique et présenter ce qu’on a au Gabon», a-t-il  ajouté.  Le pays a été représenté à cette édition par une forte délégation, souligne-t-il.

En Afrique, la filière de la musique sombre dans l’informel. Les professionnels à travers les rencontres et les échanges œuvrent pour structurer le domaine. «La musique gabonaise baigne dans l’informel. La filière n’est pas structurée. Et la roue du secteur  a du mal à tourner entre les artistes et les opérateurs, notamment de la création à la consommation en passant par la diffusion. A travers notre bureau, nous avons pu mettre en place un mécanisme pour retirer la filière de l’anarchie et structurer le domaine. Il y a une petite niche qui commence à comprendre ce que nous faisons  et qui a adhéré à ce projet», nous confie  Jean Pierre.

Jagombo, chanteur de  reggae, originaire de la Côte-D’ivoire,  estime que cette plateforme est  bien pensée. Elle permet aux artistes de surmonter plusieurs obstacles pour croiser les professionnels du secteur. «Cette plateforme nous donne la possibilité de présenter  notre projet. Le Maroc est culturellement riche et plusieurs festivals qui y existent donnent plus de rayonnement aux artistes, mais un marché comme le visa for music, c’est quelque chose qui  doit être pérennisé, encouragé et salué», a-t-il indiqué.

Selon lui, l’Afrique doit avoir son mot à dire. Mais elle doit aussi penser à se structurer et s’organiser. «La filière musicale pourrait ainsi avoir des retombées bénéfiques sur l’économie du continent», conclut-il.

Mohamed Nait Youssef

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