Le Ramadan, ce mois d’adoration et d’entraide

 Ambiance ramadanesque dans l’Hexagone

DNES à Paris, Karim Ben Amar

Notre diaspora est très attachée à son pays, mais aussi aux coutumes et traditions musulmanes. Le Ramadan est l’occasion pour les Marocains du monde de vivre, durant un mois, comme au pays. Spécialités culinaires, vêtements traditionnels, ftour en famille ou entre amis, l’ambiance ramadanesque ne manque pas à l’appel. L’équipe d’Al Bayane, en reportage dans la capitale française, s’est rendue dans un quartier parisien mythique, connu pour ses commerces maghrébins. Il s’agit de Barbès-Rochechouart, communément appelé Barbès. Durant le mois sacré, ce quartier du XVIIIe arrondissement adopte une ambiance bien de chez nous. Chebakia, dattes, pâtisseries marocaines et autres produits du terroir bien de chez nous sont présents sur tous les étals. En plus de cela, l’entraide et la solidarité sont de mise. Tour d’horizon.

Il est 18h dans le quartier parisien de Barbès. Les senteurs et l’ambiance bien de chez nous sont au rendez-vous. Plus que cela, tous les commerces du Boulevard de la Chapelle ont fait un relooking, mois de Ramadan oblige. Sandwicheries, restaurants et épiceries ont tous changé d’activité en l’honneur de ce mois, au grand bonheur de la diaspora marocaine et maghrébine.

Il faut dire que durant le mois sacré, les spécialités locales ont la cote. Harcha, mlaoui, baghrir, selou et même la harira, incontournable des tables du ftour, sont proposées à la vente. Les salés ne sont pas en reste. Briwates, quiches ou encore batbouts farcis font un tabac.

Sami, un commerçant natif de Marrakech ayant pignon sur rue, confie à l’équipe d’Al Bayane : « Durant ce mois, on ne pense pas spécialement et exclusivement au profit. Ce que l’on recherche, c’est la joie de nos clients qui se sentent au pays. » Et de poursuivre : « Comme vous pouvez le voir, les étals sont garnis de produits exclusivement marocains et maghrébins. Quant aux prix, cela reste très abordable. Les mlaouis, par exemple, sont vendus à 1 euro l’unité, les dattes à 5 euros le kg. Quant aux salés, cela ne dépasse pas 1,5 euro l’unité. Et de conclure : ce que nous recherchons, c’est la satisfaction et la joie de notre communauté. »

Pour sa part, Abdou, un commerçant oranais, déclare, non sans conviction, que ce mois est aussi un mois où nous devons, nous autres musulmans, être avant tout charitables. « Toute personne n’ayant pas de quoi rompre le jeûne est la bienvenue à Barbès. Ce que nous avons sur notre table est là pour être partagé, car ce mois est celui de l’adoration et du partage. »

Quelques mètres plus loin, nous rencontrons Malika, une sexagénaire originaire de Meknès. Ne possédant pas de magasin, elle propose à la vente la fameuse harira sur le boulevard. « Pour 2 euros, vous avez l’équivalent de 3 grands bols. Cela me permet de commercer mais aussi de m’occuper durant mes journées, et cela jusqu’à l’heure du ftour. » Et de conclure : « Une fois que l’heure du Maghreb a sonné, tout ce qui me reste comme harira est distribué ici-même aux nécessiteux. »

Tout au long de notre reportage à Barbès, nous avons relevé une très grande entraide de la communauté musulmane, où il faut bien le dire, l’esprit de solidarité prime autant que l’activité commerciale. Un bel esprit.

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