Plaidoyer pour une action de solidarité nationale

Grave pénurie de sang

L’épidémie de coronavirus a tout chamboulé dans son sillage

Nous sommes tous concernés par les changements intervenus depuis le début de cette crise sanitaire majeure. Les hôpitaux, les différents services hospitaliers connaissent aussi des modifications qui déstabilisent le déroulement normal des activités. C’est le cas des centres de transfusion sanguine qui enregistrent une pénurie aiguë de sang. Une situation exacerbée depuis l’apparition du nouveau coronavirus covid-19, le confinement, l’inquiétude des donneurs. Aujourd’hui la situation est critique.

Qu’est-ce que le sang?

Le sang est un liquide précieux qu’aucune technologie aussi sophistiquée soit elle n’est parvenue à fabriquer. C’est un liquide circulant dans les vaisseaux sanguins de l’organisme. Le volume sanguin total de l’homme est d’environ 5 litres et est proportionnel à la corpulence de la personne. Il est composé de cellules en suspension dans un liquide complexe jaune pâle appelé plasma (composé d’environ 45% de cellules, 55% de plasma).

Les cellules sanguines sont divisées en 3 catégories :

Les Globules Rouges (GR) appelées aussi hématies ou érythrocytes

Les Globules Blancs (GB) appelées aussi leucocytes

Les plaquettes appelées aussi thrombocytes

Un besoin constant

Les besoins en sang au Maroc se justifient et s’accroissent du fait de l’extension de l’offre de soins à la fois publique et privée, et de la prise en charge de certaines maladies chroniques nécessitant des transfusions régulières telles que les hémopathies malignes ou les complications hémorragiques des accouchements.

L’augmentation des besoins en sang résulte également des traumatismes liés aux accidents de la voie publique. Pour pouvoir couvrir l’augmentation des besoins en sang et produits sanguins, les centres de transfusion sanguine ont besoin des donneurs réguliers de sang.

Pour répondre a toutes les demandes qui émanent des différents services hospitaliers, ou de différentes cliniques privées, les dons de sang doivent se poursuivre car les malades ont toujours besoin de transfusion. Au Maroc, plus de 1.000 dons quotidiens sont nécessaires pour répondre aux besoins car les produits sanguins ont une durée de vie limitée 7 jours pour les plaquettes et 42 jours pour les globules rouges.

Pour assurer la pérennité du sang au niveau du centre de transfusion, il n’y a pas de formule magique ou de produits de substitution. L’unique moyen, c’est la mobilisation des donneurs, qui est essentielle chaque jour pour répondre aux besoins des malades qui restent permanents tout au long de l’année.

Une situation qui interpelle

Comme nous le voyons, le besoin de sang ou de dérivés est essentiel, voire vital. Tous les jours, pour de très nombreux patients dont des patients qui doivent subir des interventions chirurgicales, des malades hospitalisés en hématologie, en réanimation, des femmes qui accouchent…

Le besoin en sang est constant, la collecte de sang ne peut être interrompue quelle que soient les situations sous peine de priver de nombreux malades de sang, de plaquettes, ce qui peut causer la mort  de ces patients.

Avec l’épidémie de coronavirus, la période du confinement, le climat d’angoisse, de peur, nombreux sont les citoyens qui préfèrent rester chez eux pour éviter la propagation du virus. Une situation qui a freiné les élans solidaires de beaucoup de donneurs volontaires, qui craignent pour leur santé et celle de leurs familles.

Il faut dire qu’ils ont parfaitement raison. Mais le niveau des réserves de sang baisse  dans les centres de transfusion sanguine.

Le Maroc a besoin de 1.000 dons par jour pour couvrir ses besoins en sang.

Si la situation est relativement gérable au niveau des petites et moyennes villes, il n’en est pas de même pour Casablanca qui a vu ses réserves de sang et de dérivés fondre comme neige au soleil.

En cause, le besoins sans cesse important, il y a près de 200 cliniques à Casablanca, le CHU, les hôpitaux préfectoraux, les hôpitaux privés ….

Le centre régional de transfusion sanguine de Casablanca a besoin de plus de 600 poches de sang par jour. On est loin du compte et les réserves de sang dans la métropole ne peuvent couvrir qu’une journée actuellement.

La pénurie de sang n’est pas un fait nouveau chez nous, chaque année on est confronté au même problème. Dès le mois de mars 2020, les réserves nationales de sang ne couvraient que les besoins de 6 jours, c’est dire toute la problématique. Mais comment faire alors pour reconstituer les stocks de sang?

Cette situation nous interpelle tous, car après tout il y va de la santé de chacun de nous.

Satisfaire toute les demandes

Face à l’insuffisance des produits sanguins et le nombre encore peu élevé de donneurs réguliers, satisfaire les besoins en poches de sang est un défi au quotidien pour le centre national de transfusion sanguine et de celui de tous les centre régionaux  qui sont au nombre de 12, répartis sur l’ensemble du territoire national.  Pour pallier au manque de sang, les centres de transfusion sanguine demandent aux proches des patients ayant besoin de sang de compenser les poches de sang utilisées. Le don de compensation n’est pas une obligation, mais une incitation pour permettre de maintenir le niveau des stocks. Sur l’ensemble des dons, 60% proviennent de dons volontaires et 30% de dons de compensation. Les demandes de sang d’où qu’elles émanent hôpitaux publics ou cliniques privées doivent être constamment satisfaites. Elles concernent surtout les femmes présentant des complications durant l’accouchement, les victimes d’accidents de la circulation, les hémophiles ou encore les malades souffrant de cancer ou d’anémie sévère, et bien d’autres pathologies.

Un plaidoyer pour le don du sang

Au moment où les besoins de sang  et des dérivés sanguins sécurisés pour soigner les malades sont de plus en plus accrus, et alors que les responsables du centre national de transfusion sanguine, ainsi que ceux du centre régional de Casablanca Settat, tirent la sonnette d’alarme sur cette situation caractérisée par une pénurie de sang, qui risque  d’entrainer de lourdes conséquences pour les malades qui ont besoin de sang et des dérivés du sang pour vivre.

La pénurie de sang, est une situation qui nous interpelle tous. Elle concerne  chacun de nous. Il n’y a pas que les autres qui auront besoin de sang. Nous pourrions également en avoir besoin un jour, ainsi qu’un membre de notre famille. Nous avons encore la possibilité d’inverser la tendance si l’engagement de donner bénévolement le sang est pris de façon individuelle ou collective.

Il est donc important de sensibiliser et d’encourager la population sur le don du sang, expliquer et informer les uns et les autres sur la portée noble de cet acte citoyen.

Nous sommes donc tous concernés par le don du sang, les professionnels de santé, il nous appartient à tous d’agir aujourd’hui. Nous devons être des acteurs actifs  dans la sensibilisation au don de sang. Dans cette sensibilisation, le rôle des médias est capital, grâce aux différents articles, aux reportages audio visuels.

Le gouvernement, les partis politiques, les élus, les syndicats, les imams des mosquées, les enseignants, tous ensemble, nous devons sensibiliser nos citoyens au don du sang, car aujourd’hui, plus qu’en tout autre temps, c’est  une des actions prioritaires afin d’aider les différents centres de transfusion de notre pays à constituer des stocks de produits sanguins, ce qui permettra de faciliter les interventions en cas d’urgences vitales, de permettre à de nombreux malades de vivre.

Ouardirhi Abdelaziz

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