Tout le monde s’adapte à l’état d’urgence sanitaire

Transporteur, chauffeur de taxi, livreur

L’état d’urgence sanitaire a été proclamé au Maroc le vendredi 20 mars à 18H. Depuis, le confinement obligatoire s’est hissé en «règle d’or» chez l’ensemble des Marocains, à l’instar de plus de 3 milliards de terriens. C’est désormais munis de l’attestation obligatoire de circulation que les citoyens sont autorisés à sortir, dans leurs périmètres respectifs, et cela, uniquement en cas de réel besoin. Dans les grandes artères de Casablanca, ne sont présents en nombre que les forces de l’ordre, veillant à ce que les consignes de sécurité sanitaire soient respectées. Aussi, moins nombreux qu’en temps normal,  les transporteurs de marchandise (alimentation, gaz etc.), les bus, les livreurs et les chauffeurs de taxi, sont autorisés à investir la ville. Quel est leur quotidien ? Comment vivent-ils l’état d’urgence ? Appliquent-ils les mesures de sécurité en vigueur ? Reportage.

Depuis le vendredi 20 mars à 18H, date d’application de l’état d’urgence sanitaire, les éléments de la force publique du pays sont déployés dans les quatre coins du royaume,  œuvrant, en tout temps, à faire respecter les mesures de sécurité sanitaire.

Dès lors, ne sont autorisés à circuler librement dans le pays que quelques corps de métier, dont les chauffeurs et livreurs. Grâce à cette mesure, les Marocains n’ont pas besoin de s’éloigner du domicile, puisque l’épicerie du coin est régulièrement achalandée en produits divers et variés.

Mais depuis l’état d’urgence sanitaire, comment vivent-ils ce chamboulement ? Que font-ils pour appliquer les mesures de sécurité en vigueur, d’autant plus qu’étant de sortie toute la journée, ils sont exposés de plein fouet au virus.

Il est 12H30 ce mercredi 1er avril. Le boulevard Zerktouni, normalement bondé est quasi-désert. Hormis les véhicules des forces de l’ordre et de quelques particuliers, les transporteurs, les chauffeurs de taxi et les livreurs à moto, en petit nombre, sillonnent cette artère de la capitale économique du royaume.

Non loin du Lycée Lyautey, Ahmed, un transporteur de bouteilles de gaz butane, affirme à l’équipe d’Al Bayane que toutes les mesures sont prises afin d’assurer un ravitaillement fréquent à tous les secteurs de la ville.

«Nous travaillons 7/7 de 9H à 20H, et livrons à domicile les bouteilles de gaz butane» déclare-t-il. Ce quarantenaire ajoute en réponse à une question sur les mesures de sécurité en vigueur que «nous nous assurons de protéger la vie de nos clients. Pour cela, toutes les bouteilles sont lavées avec des produits désinfectant afin qu’elles ne représentent aucun danger pour le client».

En ce qui concerne sa propre santé, Ahmed assure prendre toutes les précautions possibles durant sa journée de travail, «le mètre de sécurité est devenu un automatisme, tout comme le bannissement des poignées de main chaleureuses et des embrassades».

Ce père de famille soutient en outre que le respect des mesures de sécurité est une obligation pour lui. «En appliquant ces règles je me protège mais je protège aussi ma petite famille au même titre que mes clients».

A Casablanca, en cette période d’état d’urgence sanitaire, il n’a jamais été aussi facile de trouver un petit taxi libre et pour cause, en cette période de pandémie, les grandes avenues sont désertées. Brahim, un chauffeur de taxi, rapporte que «pour nous protéger et protéger les clients, la grande majorité des taxis ne prennent pas plus de deux passagers. Nous limitons ainsi les risques».

«Certains collègues demandent même aux passagers l’attestation de circulation. Au vu des nombreux barrages, ne pas être muni de l’attestation est à coup sûr synonyme de complication» argumente-il. Et d’ajouter qu’«en cas de défaut de présentation, le chauffeur de taxi est retardé au checkpoint. Ce qui lui cause une perte de temps et donc d’argent, d’autant plus que pendant cette période, les clients ne courent pas les rues, surtout dans les grandes avenues».

Concernant sa propre sécurité, Brahim certifie prendre toutes les mesures de sécurité. «Je suis ganté bien que cette paire me dérange. Je m’assure aussi à ce qu’il y ait toujours un courant d’air dans le véhicule. Aussi, tous les soirs, je m’assure à ce que le taxi soit lavé de fond en comble», conclut-il.

Les grands taxis appliquent aussi le même principe. Désormais au lieu de 6 passagers, ils n’en prennent plus que 3. Malgré le manque à gagner, la sécurité prime.

Tout le monde s’accorde à dire que dans les quatre coins du globe, l’activité économique a baissé, à l’image des sociétés de livraison qui roulent au ralenti. Désormais en effectif réduit, Mehdi, un coursier d’une célèbre société de livraison témoigne que «la majorité des collègues ont décidé d’arrêter de travailler durant cette période de pandémie», ajoutant que «pour ma part, j’ai cessé mon activité professionnel le 20 mars à 18H».

En réponse à une question sur le volume des commandes, il affirme que «puisque tous les restaurant sont fermés, les collègues toujours actifs livrent uniquement les courses des supermarchés et hypermarchés, et cela entre 9H et 18H».

Quant au respect des mesures de sécurité, Mehdi, en contact permanent avec ses collègues, assure que «les livreurs étant exposés,  s’inquiète et à juste titre pour leur santé. Pour cette raison ils prennent toutes les précautions possibles».

Karim Ben Amar

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