A mi-chemin, un «lâchage» par vagues…

Etat d’urgence sanitaire

Mohamed Khalil

A moins d’une semaine de la date du 10 juin, la question du déconfinement revient à l’ordre du jour et est source de rumeurs les plus controverses.

Il est clair que, au vu des bons résultats obtenus grâce à un confinement, globalement respecté, la sortie de cet état d’isolement sanitaire ne se fera pas du jour au lendemain. Elle devra répondre à une programmation dans le temps, confortée par des résultats tangibles, appelée à évoluer progressivement mais surtout positivement.

Il suffira de regarder ce qui se passe, notamment en Europe (surtout en Italie, France et Espagne) pour se rendre compte de la complexité de cette tâche.

Car le déconfinement se pose en termes de capacités intrinsèques à gérer, éventuellement, une seconde vague ou au moins l’apparition de nouveau cas d’infection dus au relâchement, qui ne doit pas être total.

Et si la phase de préparation à la sortie du confinement  a déjà commencé, avec des succès relatifs mais certains, il faudra envisager l’étape suivante qui sera celle de la consolidation des acquis de l’isolement sanitaire, sachant qu’un déconfinement régional pourra être envisagé dans les 8 ou 9 régions qui n’enregistrent plus de cas de contamination. Mais les villes et régions qui ont une grande activité industrielle et de services et qui connu des clusters, doivent avoir un traitement spécifique.

Et comme il faudra gérer, de manière concomitante, la situation sanitaire et la situation économique, il faudra penser la période de retour à la normale, en faisant preuve d’anticipation mais surtout de rigueur et de respect des règles.

Il s’agit de « libérer » progressivement des catégories sociales et des métiers, tout en veillant à ce qu’elles ne soient pas porteuses de risques.

Autrement dit, le déconfinement a déjà commencé avant termes, depuis près de deux semaines, mais les autorités restent vigilantes car l’opération doit se faire au compte goûtes et n’ouvrir, plus grand, les robinets que sous obligation de résultats.

Il sera, certainement, question de «lâcher», sous conditions de respect des nouvelles règles imposées par la pandémie, encore quelques secteurs et catégories de travailleurs dans l’activité productive et de services, tout en en maîtrisant la portée et les risques.

Le «lâchage» se fera, certainement, par vagues et dépendra du degré de respect des règles et des impératifs mis en avant par les pouvoirs publics. Il devra consolider l’existant pour permettre à des petits métiers de reprendre l’activité, à condition de respecter les règles de prévention, de précaution, d’hygiène et de distanciation, sans lesquelles aucune reprise n’est envisageable.

Il s’agit aussi de relancer les activités stratégiques (dont certains secteurs se sont déjà préparés) liées à l’industrie du tourisme (hôtellerie, agences de voyages, restauration, musées et sites historiques…

Il en est de même, pour le transport aérien qui devra atteindre une bonne reprise à la mi juillet pour sauver un peu les meubles ravagés par la pandémie…

Les bons résultats communiqués depuis presque deux semaines, avec un Ro inférieur à 1,  poussent à de l’optimisme. Mais les pouvoirs publics ne peuvent risquer un déconfinement total, demain et partout. En tous les cas, de nombreux changements, dans la gestion de la vie quotidienne, doivent être opérés, en matière de grands rassemblements (spectacles, marchés, joutyates, kyssaryates, farachates…) et autres lieux de grande fréquentation et affluence, mais sources de revenus informels de grand apport pour des populations démunies et sans métiers.

Ces secteurs pourront être réorganisés et cela ne dépend que des directives des autorités locales, habituées à une gestion quotidienne de ces lieux et métiers, à condition que toute la transparence et la rigueur soit de mise, comme il arrive des fois d’en faire preuve.

Et si les autorités ont pu organiser, avec succès même si les tarifs ont augmenté !, les transports en taxi inter villes, il devra en être de même, mais plus tard, des déplacements entre régions.

Car, la vitesse et la hâte, comme la lenteur, peuvent tuer, il faudra prendre la mesure du juste milieu…

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