Bon courage à nous. #AdnaneBouchouf #RIP

Chaque mort a sa cause. Celle de Adnane, violé, torturé et assassiné a eu l’effet d’un tsunami au sein de la société. L’atrocité du crime et la personnalité de la victime au visage angélique ont fait souffrir. La compassion envers ses parents est immense. Le motif du crime, en relation avec la pédophilie, est condamnable partout ici-bas et ailleurs. L’indignité est totale, le deuil et l’affliction sont partagés.

Il reste que ce crime abominable a révélé des ressentiments que d’autres morts n’ont pas soulevé. L’impact de ce grave fait de société sur les mentalités a ramené à la surface des approches obscurantistes où l’invective, l’insulte et la menace étaient adressées à toute personne ne partageant pas le même jugement. Une intolérance qui donne à la menace terroriste, avec ses acteurs suicidaires qui cherchent à punir la société dans sa recherche de modernité et d’évolution, toute sa pesanteur.

Les forces vives de notre peuple mèneront le combat contre la sclérose, l’amalgame, l’intolérance et le crime sous tous ses aspects et contre toutes les conséquences néfastes du sous-développement. C’est ainsi que l’on trouve des interventions dans les réseaux sociaux qui font barrière à l’esprit rétrograde et fasciste. Avec leur autorisation, le partage se fait.

Pour Ismail A. «Souvent face à l’horreur on manque de mots pour décrire ce que nous ressentons. Face à la sauvagerie, il faut prendre garde de ne pas aller chercher au fond de nous-mêmes notre propre sauvagerie. Car elle est toujours présente mais tenue en laisse par notre éducation, notre équilibre psychologique, nos principes et nos valeurs.

L’émotion peut nous pousser à lâcher la laisse, mais très vite notre côté humaniste prend le dessus. Dans un pays de droit, le fauteur est puni selon les lois en vigueur et la société se protège des sauvages par une justice implacable et respectant les droits de l’homme.

Je pleure et enrage pour le meurtre de cet enfant innocent qui était destiné à grandir et à vivre une vie paisible.

Ce que je ressens pour le coupable je le laisse pour moi pour ne pas crier avec la meute mais demande à ce que la justice fasse son travail en respectant les droits des innocents et des coupables et que la sanction soit exemplaire».

Rima A. estime que «Dans une société où l’enfant n’est pas placé au centre de l’intérêt politique et collectif, où de «grandes familles» ont employé pendant des siècles des fillettes qui se sont faites violées par les deux générations de la maison, où la mendicité des enfants est courante mais les allocations familiales inexistantes, où les écoles publiques pour enfants trisomiques sont rares, où la répression sexuelle fait course contre la vulgarité, où les mineures sont mariées à des cheikhs et les jeunes femmes à leurs violeurs, où le tourisme sexuel d’une ville est plus célèbre que sa culture, où l’on connaît les noms de personnes qui se sont enrichies en se mettant à la tête de réseaux de pédophilie mais qui demeurent en liberté et se proclament personnalités publiques, où les enfants se font draguer par les adultes dans la rue sans que cela ne choque personne, … N’est-il pas hypocrite de s’émouvoir lorsqu’on entend parler d’infanticide ?

Chaque dérive isolée en cache d’autres, et les dérives sociales révèlent les dérives de tout un système qu’il serait temps de changer. Ce n’est pas seulement politique, ni social, ni institutionnel, … c’est tout à la fois, mais aussi culturel. Bon courage à nous. #AdnaneBouchouf #RIP.

Najib K. constate que «Le crime odieux dont a été victime l’enfant Adnane, que son âme puisse reposer en paix, défie toute imagination et heurte profondément notre conscience humaine et qu’on peut sans ambages qualifier de crime contre notre humanité. Après la période de tristesse, de consternation et d’indignation vient le temps de réflexion, comment se fait-il que des monstres à visage humain, ressurgissent de temps à autres des entrailles de notre société? Certes, il ne faut pas confondre comprendre et justifier, car, de telles atrocités ne peuvent aucunement être justifiées. Encore faut-il chercher à comprendre les origines du mal afin de pouvoir les extirper, car, il ne s’agit pas seulement d’arrêter les criminels, mais d’éviter qu’il y en ait d’autres et de déjà rendre la vie difficile à ceux qui seraient tentés.

Pour ce faire, il faut commencer par un durcissement des sentences en rendant des peines plus sévères à l’encontre des violeurs d’enfants sans pour autant aller jusqu’à remettre en cause la sacralité de la vie humaine en voulant soigner la violence par la vengeance, surtout que l’histoire nous renseigne souvent et dans différentes régions du monde, que la peine de mort n’est pas le meilleur remède contre la violence.

On ne peut nier que notre société est restée longtemps muette et aveugle devant la maltraitance des enfants, il suffit de voir les enfants de la rue pour se rendre compte de la banalisation de cette maltraitance et de la négligence de notre société face à son devoir de protéger ses citoyens les plus vulnérables et qui constituent malheureusement des proies faciles à tous ces monstres à visage humain, qui subliment leur frustration dans des actes de sauvagerie, qu’ils font subir à des enfants sans la moindre protection.

S’il est du devoir de l’État de veiller à la protection de ses enfants en honorant ses engagements nationaux et internationaux, de mettre en place des politiques protectrices des droits de l’enfant et de durcir sa juridiction à l’encontre des violeurs d’enfants, à l’instar des pays qui protègent efficacement leurs enfants. Il va sans dire qu’une immunité de la société contre ces atrocités, demande l’implication de tous (famille, école, société civile…), pour faire régner une culture soucieuse du respect des droits de l’enfant, en œuvrant à sa protection et à son éducation dans le but de garantir et d’assurer notre devenir commun».

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