Catalogne, Kurdistan : Le référendum contre le déni…

«Moi aussi j’ai un pays, J’en suis loin maintenant, Mais je ne l’oublie jamais, ni lui ni mes amis, Quand je serai grand, je retournerai, Et j’en prendrai soin, de mon pays».

Un enfant kurde

Comment aborder les référendums d’autodétermination organisés en Kurdistan et en Catalogne sans verser dans le discours dominant ? Un discours chargé de contre-vérité d’amalgames et de surenchères. Comment peut-on parler du droit des peuples catalan et kurde à l’autodétermination, en tant que marocain d’une manière sereine sans les blocages d’un surmoi politique. Notre pays ayant en effet souffert, lourdement,  des manœuvres contre son intégrité territoriale à partir de ce principe généreux  né dans un contexte particulier et qui fut dévoyé de son argumentaire de départ.

Il faut alors souligner d’emblée à l’égard de ceux qui refusent de voir la spécificité de ces deux mouvements authentiquement populaires que la situation marocain avec son processus de réunification nationale n’a absolument rien à voir avec le cas catalan et encore moins avec le cas kurde. D’un point de vue historique, on peut même dire que la nation marocaine a eu à subir les affres de l’impérialisme exactement comme la nation kurde. Le Maroc a été l’objet d’un processus continu de dépeçage, amputé d’un grand nombre de ses régions historiques qui ont toujours constitué sa géographie initiale. Un simple regard sur la carte du royaume montre comment il a été réduit du fait du découpage impérialiste à une portion réduite de sa configuration naturelle. Les rapports en outre avec le sud saharien du pays sont nourris par un tissage historique original. Comme dirait l’éminent historien, le professeur Qabli, ce n’est pas le Maroc qui a fait le Sahara, c’est plutôt le Sahara qui a fait le Maroc (je le cite de mémoire).

C’est donc à partir d’une position confortable intellectuellement que j’aborde la question catalane et kurde. Pour souligner de prime abord l’hypocrisie de la communauté dite internationale. N’oublions pas que celle-ci gère des principes nobles comme celui de l’autodétermination en fonction des  intérêts du moment et des calculs géopolitiques. En premier lieu l’impérialisme américain. Dans les années 1990, cette même communauté s’est acharnée contre un pays la Yougoslavie pour lui appliquer le principe qu’on refuse aujourd’hui au Kurdistan. On a encouragé la création d’Etats peu viable comme le Kosovo pour punir les Serbes.

Kurdes sans Kurdistan ! Une nation sans pays, sans Etat. L’Irak n’existait pas avant 1923. C’est l’impérialisme britannique qui a crée de toutes pièces des entités sur les ruines de l’Empire Ottoman au moment où la défunte Société des Nations faisaient des promesses au peuple kurde de lui assurer l’application de son droit à l’autodétermination.

Le cas du Kurdistan et de la Catalogne nous rappelle en outre que ce sont deux situations issues de deux régimes dictatoriaux et fascistes. En Espagne et en Irak sévissaient deux  régimes portés par une même idéologie, celle de nier la diversité  et le pluralisme. Le franquisme et le baathisme avaient pratiquement un même slogan : une seule nation, une seule langue, une seule patrie. Slogan mis en application dans le feu et le sang.

Les référendums d’aujourd’hui sont alors à comprendre comme une réaction face à un déni.  Un rappel à l’ordre. L’issue finale est tributaire de jeux politiciens et des calculs des grands de ce monde. Les peuples ce sont exprimés dans une manifestation de joie et d’allégresse.  Une pause dans une longue séquence de  désenchantement.

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