CGEM: Les pertes des industries culturelles et créatives estimées à 2 milliards de dirhams

Impact économique du Covid-19

Mohamed Nait Youssef

Les professionnels des métiers artistiques et culturels courent contre la montre pour sauver leur secteur touché par la crise sanitaire. Dans cette optique, la Fédération des industries culturelles et créatives (FICC) de la CGEM propose des mesures d’urgence pour sauver les 100.000 emplois menacés par la crise due au Covid-19.

En effet, la FICC  a estimé l’impact économique de cette crise sur le secteur à 2 milliards de dirhams. «100 000 emplois ont été directement impactés par cette crise sans précédent. Environ 1100 entreprises ont accusé 70% de baisse de leur chiffre d’affaires en moyenne. Des associations culturelles structurantes ont dû cesser leurs activités », souligne la fédération dans un communiqué de presse. Et  d’ajouter : «plusieurs milliers de professionnels indépendants, d’artistes et de techniciens qui constituent l’écosystème de la création et de la production culturelle au Maroc, se sont retrouvés sans travail.

Même avec une carte professionnelle, l’artiste est considéré comme «un travailleur de l’informel» dans le cadre du découpage retenu pour la distribution des aides monétaires directes, décidées pour lutter contre les effets économiques et sociaux du COVID-19».

Quel avenir pour les ICC après la crise?

En outre, la FICC n’a pas laissé cette crise passer inaperçue en appelant à accélérer la réforme du secteur des industries culturelles, créatives (ICC).  Pour ce faire, la fédération a préposé l’adoption de deux axes stratégiques et complémentaires fondamentaux pour un meilleur avenir «prometteur» pour l’ensemble du secteur dont un «axe basé sur une approche sociale à destination de la jeunesse pour faciliter l’accès aux espaces de vie culturelle et sociale, pour stimuler le potentiel créatif des jeunes et favoriser leur épanouissement» ainsi qu’un «deuxième axe reposant sur le développement des Industries créatives et culturelles, pour que les entreprises et professionnels qui opèrent dans ces filières bénéficient d’un écosystème favorable à l’émergence d’une réelle économie de la création. Une économie qui pour se construire a besoin de vision, d’ambition, de professionnalisation, de mobilisation», précise la même source.

Quid alors des mesures proposées par la  FICC?

Fragilisé par la pandémie, le secteur des industries culturelles, créatives (ICC) et événementielles est profondément touché par cette crise inédite. Des manifestations culturelles et des festivals annulés, des salles de spectacle, théâtres, des galeries et espaces culturels et événementiels fermés jusqu’à nouvel ordre.

Face à cette situation, la FICC propose 34 mesures qu’elle a estimé d’urgence, transversales ou par filière, afin de préserver les emplois et assurer la relance du secteur des ICC entre autres l’exonération des entreprises pendant 6 mois des charges liées à l’IR, la CNSS et l’AMO de juin à décembre 2020, pour préserver les revenus des salariés du secteur , la  création  d’un fonds spécial d’urgence et de rebond pour soutenir les professionnels du secteur et la création toutes filières confondues, l’incitation des régions et collectivités territoriales à engager rapidement les budgets dédiés aux activités culturelles et créatives de l’année 2020, l’accompagnement des porteurs de projets pour la reprogrammation des événements reportés ou annulés à cause de la crise du COVID-19 et la mise en place d’un calendrier événementiel adapté aux conditions de déconfinement.

A cela s’ajoute l’accélération de la modernisation du secteur par : l’adoption des textes législatifs qui doivent voir le jour (contrat artiste, loi BMDA, extension de l’AMO aux professionnels…), l’amélioration des procès d’attribution des cartes d’artistes, le développement des plateformes digitalisées pour la diffusion des créations et productions culturelles ainsi que l’engagement d’ un programme de formation professionnelle, peut-on lire dans le même communiqué.

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