Fannani, un grand fannane s’éteint…

Le Raja de Casablanca et le football marocain sont en deuil. Mohamed Fennani, de la belle génération du club des Verts, est décédé lundi dernier, à l’hôpital cheikh Khalifa de Casablanca.

Défenseur de marque (arrière droit dans les années 80), Feu Fannani était parmi les meilleurs joueurs de son club préféré, ce qui lui a valu le mérite de porter les couleurs de l’équipe nationale.

Certes, Feu Fennani a joué dans les années de plomb où les footballeurs marocains vivaient dans la misère point de vue fric, ce qui est tout a fait le contraire aujourd’hui. Mais il a eu l’honneur et le mérite de marquer son temps et de vivre le véritable âge d’or du football marocain. Un football marqué par un véritable championnat national avec, surtout, des joueurs locaux qui formaient l’ossature de la sélection du Maroc. Feu Fannani en était un. Il avait participé à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 1986) en Egypte. Les Lions qui méritaient mieux avaient terminé dans le dernier carré. Mais les supporters et amoureux de Feu Fannani lui gardent de beaux souvenirs surtout que le Onze national avait réalisé la qualification pour les demi-finales avant de quitter la compétition sur une défaite injuste face au pays Nil, organisateur en l’occurrence, qui a tout fait pour gagner. Les Pharaons se sont imposés sur un petit but de Tariq Abou Zaid qui n’avait même pas le droit de jouer ce match puisqu’il avait deux cartons jaunes. En plus, le but marqué fut suite à un coup franc direct alors que l’exécuteur a botté la balle directement vers les filets gardés par Baddou Zaki.  La CAF avait fait son travail comme il faut et comme il se doit pour que l’Egypte se débarrasse du Maroc et remporte le titre dans son fief après une ultime victoire au détriment du Cameroun suite aux tirs au but.

Le Maroc, lui, allait jouer un match formel contre la Côte d’Ivoire en s’inclinant sur un score de (2-3) pour terminer 4e. Les Lions de l’Atlas ont joué pour honorer le public avec, surtout, leurs prouesses techniques dont celles de Fennani qui a remporté tous ses duels contre les stars des Eléphants de cette époque; Youssef Fofana, qui l’a tout simplement neutralisé avec l’art et la manière.

Ce fut l’âge d’or des Lions de l’Atlas sous la houlette de Feu Mehdi Faria qui avait vu juste de faire confiance à un grand artiste qui a également contribué à la qualification de l’équipe nationale au Mondial mexicain de la même année 1986 même s’il n’avait pas la chance d’accompagner ses coéquipiers à Guadalajara pour vivre les meilleurs exploits et de dominer un groupe qui comportait les meilleures sélections du Monde; la Pologne et l’Angleterre neutralisées sur les mêmes score de (0-0) avant de ne battre le Portugal (3-1) et assurer la première qualification historique de l’Afrique au second d’un tel rendez-vous planétaire, qu’ils ont quitté avec les honneurs suite à une petite défaite face à l’Allemagne de Rumminegge qui allait jouer la finale devant l’Argentine de Maradona vainqueur du sacre final. Fennani y a participé avec son cœur surtout ses coéquipiers étaient là dont Domy, Byaz, El Haddaoui avec lesquels il faisait les beaux jours du Raja en compagnie également d’une armada de joueurs tels Bachir Sakkay, Aziz Ahardan, les Rachid Hariri et Breija, Feu Beggar, Feu Deghay, Mjid…

Au Raja, il a joué la finale de la Coupe du Trône remportée en 1982 contre la Renaissance de Kénitra avant de perdre celle de 1983 suite aux tirs de la chance contre la Centrale Laitière (CLAS devenue par la suite Olympic Casablancais OC). Il a terminé sa carrière juste une saison avant le premier titre rajaoui de champion du Maroc en 1988, où la nouvelle génération de l’époque Abderrahim Hamraoui, Fathi Jamal, Said Saddiki… pour ne citer que ceux là, allait  remporter la premier sacre continental, la Coupe d’Afrique des Clubs Champions dans son ancienne formule avant qu’elle ne porte le nom de la Champion’s league.

C’est donc une belle époque que Mustpah El Haddaoui, un des anciens coéquipiers du regretté nous l’a bien confirmée. Dans son témoignage, El Haddaoui nous a rappelé les qualités techniques d’une star qui jouait tranquillement mais avec grande efficacité. Haddaoui garde toujours dans la mémoire le groupe solidaire constitué ensemble avec Feu Fannani, Ougadi, Rachid Hariri… «Nous étions inséparables au terrain du Raja mais aussi après les entrainements et les matches où nous nous retrouvions souvent dans un café pour discuter et échanger ensembles…», se rappelle El Haddaoui qui a continué… «On n’oublie jamais le surnom de Tarantini, joueur international argentin, attribué à Feu Fannani qui lui ressemblait beaucoup…», raconte El Haddioui qui a également loué les qualités humaines du joueur regretté qui fut toujours souriant.

Un même témoignage nous a été exprimé par une ancienne vedette du club des Verts et de l’équipe du Maroc. Il s’agit de Mohamed Abdeladim alias Bénéné qui a toujours été séduit par le style de jeu du défunt en le qualifiant d’un défenseur moderne et un joueur élégant.

Voilà pour le parcours d’un grand footballeur, un joueur polyvalent qui a marqué son temps et qui nous a quittés dans le silence.

Adieu Fannani, le grand artiste…

Rachid Lebchir

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