Insomnie: Quels impacts sur la santé?

Nous passons 1/3 de notre vie à dormir. A 60 ans, nous avons déjà passé 20 ans à dormir. C’est hallucinant quand on regarde de près. C’est dire, à quel point le sommeil est important. Il est clair que bien dormir va nous permettre  de faire une recharge d’énergie pour faire face aux nombreuses occupations et activités de la journée. On comprend mieux toute l’importance d’un bon sommeil.

Le sommeil, c’est important.  Il joue un rôle déterminant pour la croissance, le développement et la préservation de nos capacités cognitives. Il est également essentiel à l’ajustement de nos sécrétions hormonales. La mise au repos de notre système cardiovasculaire au cours du sommeil, est tout aussi indispensable. En clair, notre organisme comme toute machine, doit se mettre au repos. Et le repos, c’est le sommeil…

Mais parfois nous traversons des situations, des épreuves, qui ont un impact direct sur notre sommeil. Il s’en suit des troubles du sommeil, des insomnies qui vont se répercuter négativement sur notre santé.

Les troubles du sommeil sont multiples et variés. Ils se manifestent de différentes façons : Insomnies, apnées du sommeil, hypersomnies. Les causes sont multiples : obésité, dépression, troubles comportementaux etc.
Dans tous les cas, les troubles du sommeil ne doivent pas être pris à la légère: ils peuvent être lourds de conséquences.

Qu’est-ce que l’insomnie?

Qui n’a jamais passé une mauvaise nuit  à tourner dans son lit, sans parvenir à trouver le sommeil ? Vous éteignez la lumière, vous vous allongez, bien couvert au chaud, vous fermez vos yeux, mais vous n’arrivez pas à tomber dans les bras de Morphée, car on est en proie à des troubles du sommeil…

Les troubles du sommeil sont multiples et variés. Ils se manifestent de différentes façons : Insomnies, apnées du sommeil, hypersomnies.

Différents types d’insomnies

Il existe différents types d’insomnies. Et les médecins distinguent notamment, l’insomnie primaire et l’insomnie secondaire. La première procède plutôt d’un syndrome qui se manifeste sans raison particulière. L’insomnie secondaire pour sa part, peut être attribuée à une maladie sous-jacente ou à la prise d’un médicament. Elle peut aussi être occasionnelle. A l’inverse, si elle perdure et devient chronique, elle peut s’installer pour des semaines, des mois voire même des années.

De lourdes conséquences

Les conséquences d’un mauvais sommeil sont alors sérieuses et surtout multiples :

1/ Mauvaise reconstitution des stocks en énergie des cellules musculaires et nerveuses 

2/ Troubles dans la production d’hormones de croissance 

3/ Dérèglement de fonctions telles que la glycémie (avec une perturbation du métabolisme du sucre, favorisant  surpoids et risque de diabète) 

4/ Mauvaise élimination des toxines 

5/ Troubles dans la stimulation des défenses immunitaires 

6/ Impact sur le stress et l’humeur 

7/ Ralentissement des mécanismes d’apprentissage et de mémorisation.

20% de Marocains sont insomniaques

Très peu de choses ont été réalisées au Maroc concernant le sommeil, et ce n’est que très récemment que nous avons commencé à nous y intéresser suite à des études montrant le lien très étroit qui existe entre un bon sommeil et une bonne concentration. Une bonne humeur, une bonne réflexion ou d’un point organique, sur les risques cardiovasculaires et la santé mentale d’une personne.

Parmi les études réalisées, celles qui concernent les chauffeurs de camions et de taxis, en particulier, ceux qui travaillent la nuit. Cette étude a démontré que le manque de sommeil, influait énormément sur la vigilance : les réflexes sont amoindris.

Certains chauffeurs en manque de sommeil somnolaient en conduisant, ce qui explique en grande partie certains accidents qui sont enregistrés. Une autre étude a été réalisée auprès des professionnels de santé qui travaillent la nuit. Là aussi, les résultats ont démontré que ces médecins et ces infirmières présentaient certains troubles (irritabilité, anxiété…). Ce qui entraine à la longue une détérioration de l’état de santé des individus. Bien sûr, on peut dire tout ce que l’on veut au sujet de l’insomnie, mais seuls celles et ceux qui en souffrent mesurent l’ampleur du problème.

Les femmes plus exposées que les hommes

Nous ne sommes pas tous égaux face au sommeil.  Les femmes sont en effet deux fois plus exposées aux insomnies que les hommes. Des facteurs hormonaux sont certainement impliqués dans cette surexposition féminine. 

Et selon une étude, l’horloge biologique des femmes tourne plus vite que celle des hommes. Elles se couchent et se lèvent plus tôt et sont plus sujettes aux insomnies.

C’est désormais scientifiquement prouvé, par les travaux d’une équipe de chercheurs américains, qui a travaillé en collaboration avec l’Inserm. Ils viennent d’être publiés dans la très sérieuse revue de l’Académie américaine des sciences («PNAS»). L’analyse de vingt-cinq ans de recherches et l’étude menée sur 157 personnes.

Dans le même ordre d’idée, et selon une autre étude menée par l’institut Roy Morgan en Australie  (2015), les femmes souffrent plus d’insomnie que les hommes. C’est un fait avéré, et ce, quel que soit l’âge de la personne. Entre 18 et 24 ans, les femmes sont presque quatre fois plus touchées par l’insomnie que les hommes.

L’écart s’amoindrit avec l’âge mais reste conséquent: entre 50 et 64 ans, les personnes de sexe féminin sont deux fois plus sujettes aux insomnies que les représentants de la gent masculine.

Des causes hormonales

Des experts du sommeil avancent d’autres raisons de ces différences de sommeil entre les sexes. Dans certaines périodes spécifiques comme la grossesse ou la ménopause, les hormones jouent aussi un rôle important. Par exemple, les bouffées de chaleur et les sueurs froides sont très courantes chez les femmes ménopausées. Des apnées de sommeil peuvent surgir, et certaines femmes se mettent à ronfler pour la première fois de leur vie, voire à haleter.

L’anxiété et le stress

Dans la société actuelle ou tout va vite, ou nous sommes constamment agressés par la pollution, les bruits, le rythme trépident de la vie, le transport en communs, les embouteillages, la crainte et la peur…

La plupart de ces éléments contribuent a creuser le lit de l’angoisse, de l’anxiété et la dépression, qui sont des causes de l’insomnie, dont les femmes sont sujettes.

En effet, les femmes sont plus touchées par le stress et l’anxiété, entre autres à cause de leur rôle social et parental.

Acquérir une bonne hygiène du sommeil

C’est une éducation qui commence très tôt dés l’adolescence.

Le rôle des parents est capital , essentiel . Il faut apprendre à l’enfant comment préserver son capital sommeil. Une fois qu’il est installé, un dérèglement est très difficile à corriger .

En fait, ce n’est pas compliqué. Il suffit de s’en tenir à quelques règles simples.

Eviter les excitants le soir : café, thé, vitamine C, coca… 

Ne pas pratiquer d’activités physiques après 20 heures 

Il faut favoriser au contraire tous les soirs, les activités relaxantes,  comme la lecture et un  bain tiède pris au moins 2 heures avant le coucher. 

Eviter les repas trop copieux. Evitez de manger au lit, d’y regarder la télévision, ou de rester coller à son smart phone.

Apprendre à reconnaître les signaux du sommeil (bâillements, picotements dans les yeux …) et en tenir compte. Et enfin, s’attacher à trouver son propre rythme de sommeil.

Ouardirhi Abdelaziz

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