L’année Amazigh à Agadir: Une célébration de liesse et de fierté

A l’occasion de la célébration de la nouvelle année amazighe 2970, l’association Taifoute à Aourir, commune rurale sise à la province d’Agadir Ida Outanane, a tout d’abord, tenu une conférence culturelle autour du thème : «L’amazighité, quel dessein?».

Ont pris part à cette rencontre/débat, d’illustres cadres en la matière, en l’occurrence, Mohammed Akounad, Mohammed Blilid, Rachid Hahi et comme modérateur l’universitaire Mohamed Sgenfel. Cette conférence qui s’est déroulée à la maison des jeunes d’Aourir, abordait la situation de la langue amazigh et le diverses évolutions qui l’ont marquée. Prenant la parole à ce sujet, Mohammed Blilid a relaté que la naissance du mouvement Amazigh fut considéré comme une réaction contre l’effet de l’exclusion de la langue et de la culture amazighes, depuis l’indépendance.

Et de poursuivre que ce mouvement s’est amélioré au niveau du discours et des mécanismes de travail, à travers le mariage de l’action axée sur l’aspect idéel/culturel et de l’action menée sur le terrain. Dans ce sens, il indiquait que le mouvement Amazigh est passé du stade de la revendication de la reconnaissance de la langue et de la culture à la réclamation du développement par la participation à la fronde du Rif, ainsi que la lutte contre l’expropriation des terres dans le Souss. Par ailleurs, le chercheur a affirmé que l’Etat a réagi à ces actions, selon le contexte, tel que la réaction de l’institut royal de la culture Amazigh en 2001 et l’officialisation constitutionnelle de la langue en 2011.

Pour sa part, Mohamed Akounad a estimé, lors de son intervention, que ce préambule juridique est important pour préserver la langue et la culture Amazighes, mais reste insuffisant si l’on exclut l’aspect social. En fait, les familles sont appelées aujourd’hui à se les approprier, sans perception de mépris.

De même, l’intervenant a convié les intellectuels à écrire de la poésie, du théâtre, du roman et la nouvelle en tamazighte, tout en insistant sur l’importance de l’action à laquelle s’attelle l’alliance Tirra à ce propos. D’autre part, il tire l’attention de l’assistance que le taux rendu public par l’Etat, relatif aux amazighophones ne dépassant pas 27%, est un constat très dangereux et interpelle aussi bien l’Etat que la société. En conséquence, il exhorte de mettre en place une politique culturelle claire, en vue de sauvegarder les langues et les cultures marocaines.

De son côté, Rachid Hahi disait que la langue Amazigh a franchi de grandes étapes, au tel point qu’elle est parvenu à décrocher sa constitutionnalité en 2011. C’est un acquis d’une haute importance dans le sillage de la démocratisation de l’Etat et de la société. Par la suite, l’enseignant chercheur s’est penché à l’analyse de l’article 5 de la constitution et les problématiques s’y afférent, avant de passer à l’analyse des deux l’os organiques inhérentes à l’intégration de l’amazighité dans la vie publique, ainsi que le conseil national des langues et de la culture marocaine.

A cet égard, il considère que la dernière loi constitue une menace pour les acquis de l’amazighité, car on se dirige vers l’annulation de l’institut royal de la culture Amazigh dans sa présente version et son annexion au conseil national des langues de la culture marocaine. D’autant plus que l’amazighité est, dans cette étape, au stade de l’institutionnalisation et, par conséquent, il est nécessaire de garder l’institut pur lui permettre de jouer ce rôle. De même, Rachid Hahi a appelé à la nécessité de doter la langue Amazigh de tous les moyens humain, technique et financier, susceptibles d’activer l’aspect officiel de l’amazighité.

Le lendemain, l’association a procédé à la célébration de l’an Amazigh, par l’organisation d’une cérémonie de chants et danses du patrimoine local, animée par des chantres et ensembles de la région, ainsi que des séances d’hommage de reconnaissance en direction de certaines compétences locales.

Saoudi El Amalki

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