Le tourisme, une priorité nationale!

A la différence du chef de l’exécutif qui annonçait la prolongation de l’état d’urgence, son argentier, à hue et à dia, contre toute attente, donnait le feu vert aux entreprises nationales de reprendre leurs diverses activités, juste après l’aïd Al Fitr.

Empiètement, dépassement, disharmonie entre les deux hommes du gouvernement? On est désormais habitué, à ce genre de dissonances qui ne sont plus un secret pour personne. En tout cas, les faits sont là, faisant réjouir certains opérateurs qui s’en impatientent à cor et à cri. Le monde de l’industrie du tourisme est aussi concerné par cette «amnistie» qui revigore les veines desséchées du secteur.

Comment la première station balnéaire du pays se prépare-t-elle pour la réouverture de ses entreprises hôtelières, dans un peu plus d’un mois? La saison de l’été, sera-t-elle sauvée, ne serait-ce qu’au niveau interne? Quelles précautions sanitaires devrait-on prendre pour s’y mettre, sans risques de contagion, à la piscine ou encore au restaurant, aux couloirs et autres compartiments de ces lieux publics destinés, «faute de mieux»,  aux familles marocaines? Il va sans dire qu’on est censé s’atteler à un protocole de santé, strictement mis en rigueur pour prétendre réussir cette reprise progressive, tout en s’y gardant à faire face à la pandémie.

Le tourisme d’outre-mer serait, sans nul doute, au stade de tâtonnement, en attendant le déverrouillage du ciel et la relance globale, dictée par un plan d’action national, sciemment élaboré par les autorités de l’Etat, en parfaite concertation avec celles des régions.

Le redressement attendu du package touristique, dans sa large dimension catégorielle (restauration, agence de voyage, location de voiture, artisanat, taxi, guide et bien entendu hôtellerie) nécessite un soutien volontariste de l’Etat. A l’instar de la Tunisie, à titre indicatif qui vient de mettre, illico  les bouchées doubles pour insuffler des bouffées d’oxygène dans le tourisme, à coup de millards, soit environs 160 millions d’euros, à taux bonifiés, pour épauler un secteur phare constituant près de 15% du PIB et près d’un demi million d’emplois.

Tout en sachant que ces motivations sont destinées aux entreprises qui ne sont pas soumises aux surendettements et en conformité avec leur personnel. Ce sera peut-être l’occasion de procéder à une réelle dynamisation du domaine dont l’appui de l’Etat est incontournable, si on est toujours supposé croire à l’apport du tourisme, en tant que pourvoyeur de devises. En fait, il est opportun de s’y prendre, en ces moments de grande solidarité ambiante, pour éviter tout décrochage mortifère du domaine qui s’est profondément miné, durant cet arrêt languissant.

L’Etat avait bien le mérite, dans un souci sanitaire, d’avoir débloqué plus de deux milliards de dhs pour rehausser l’offre de soins requis du système de santé et s’adjuger les équipements de pointe nécessaires afin de sauver des vies humaines, en ces temps pandémiques. On s’en était réjoui, à un moment où le secteur était induit à une précarité létale, depuis des lustres.

 Aujourd’hui, dans la contrainte et l’angoisse, on s’est vite mobilisé pour doter le domaine d’une infrastructure de très haute envergure, rivalisant avec les ténors du domaine, grâce au fonds collecté à ce propos. On se demanderait alors si l’Etat aurait le même geste civique de préserver l’un des piliers de taille de l’économie nationale, en état d’agonie funèbre.

L’Etat a tout intérêt à se pencher à faire démarrer la machine du tourisme, en y injectant de l’argent nécessaire à la résurrection de ses cendres, pendant que ses caisses sont toujours renflouées des fonds de la nation, puisqu’il lui reste encore une vingtaine de milliards de dirhams, à en croire les dernières déclarations du ministre de l’économie et de finances, pour sauvegarder un secteur qui peut paraître sans priorité, à comparer aux franges sociales démunies, mais il est bien certain que l’inertie du domaine touristique dans sa globalité plurielle, a paralysé l’emploi et affecté la vie des centaines de milliers de familles, à travers le royaume.

D’autant plus que les établissements hôteliers ont moisi sous l’effet de l’usure et de l’abandon qui risque de pousser les propriétaires à mettre les clés sous le paillasson. Il est bien vrai qu’on ne parle que de la remise marche de la machine du secteur, en vue de limiter les dégâts et épargner davantage les meubles, à la veille du déconfinement imminent. La réhabilitation de fond du tourisme devrait, par la suite, constituer le dossier prioritaire pour les pouvoirs publics.

Les leçons qu’on a dû tirer pendant cette crise virale avaient ébranlé les décideurs du pays, face à la précarité de ses systèmes sanitaire et éducatif, mais également de ses fondements de l’économie dont le tourisme occupe un statut de choix. Il convient alors de s’y pencher pour de bon, car il est inadmissible que le pays renferme un potentiel naturel, climatique, sécuritaire et de haute infrastructure, sans volonté réelle d’en faire un levier authentique de l’économie, loin des ratages répétitifs de ses «visions» chaotiques qui n’ont fait qu’atterrer le secteur, durant des décennies.

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