Malheurs des ouvrières agricoles

Chtouka Aït Baha

Saoudi El Amalki

À maintes reprises, on rapportait les drames de transport des ouvrières agricoles dans la province de Chtouka Aït Baha. Mais, malheureusement, cette situation des travailleuses continue à causer des désastres, sans que les Autorités n’interviennent pour y mettre un terme.

Récemment encore, plus exactement jeudi dernier 9 juillet dans la matinée, un véhicule s’est renversé près des villages de Aghraïss et Akram, dans la commune rurale de Khmiss Aït Amira, relevant de la province de Chtouka Aït Baha.

Cette catastrophe a causé des atteintes graves parmi plus de 18 femmes qui ont reçu les premiers secours par leurs accompagnatrices avant l’arrivée des gendarmes, des ambulances et des autorités locales. Encore une fois, la responsabilité incombe aux autorités administratives et sécuritaires qui n’ont aucunement prêté intérêt à ce genre négligence du patronat, en dépit de l’aspect répétitif de ce phénomène, depuis déjà des lustres.

Ces accidents dont est victime une multitude d’ouvrières qui sont entassées comme du «bétail» dans des pick-up en provenance ou à destination des unités de production, sont pour la plupart, alors que les véhicules n’assurent guère ce nombre de passagers à bord. En plus, les ouvrières ne sont pas généralement déclarées à la CNSS, d’autant plus que les accidents sont provoqués dans le temps légal indiquant qu’il s’agit bel et bien d’un accident de travail.

Dans ce sens, des requêtes ont été transmises au ministre de l’emploi, réclamant l’ouverture d’une enquête pour déceler les parties responsables de ces dépassements meurtriers et attentatoires à la dignité des êtres humains, sans aucune suite sur le sujet qui devient de plus en plus alarmant.

En fait, ces ouvrières, abattues par la misère et le dénuement, sont soumises à des traitements ignobles. Elles sont amoncelées dans des camionnettes sans aucun critère  de sécurité et d’assurance, sans parler de transgression de la distanciation sociale exigée par les mesures sanitaires, en ces temps de pandémie.

Les procès verbaux de la gendarmerie en sont témoins dans ce genre de désastre. A cet égard, il est à souligner que des cas déclarés positifs dans la zone de Biougra dépendant de Chtouka Ait Baha, il y a quelques jours, ont été enregistrés. Les autorités sont donc  priées d’ouvrir des dossiers de suivi des entreprises agricoles qui se dérobent de la déclaration de ses salariés à la CNSS, ainsi que le sort des accidents de travail, transformés en accident de route et enfin, la violation des dispositions sanitaires.

D’autre part, la situation de la location et la cession des terrains agricoles au profit des compagnies pose des problématiques non équitables aux propriétaires des terrains dans les communes rurales de Sidi Bibi et Khmiss Aït Amira.

En fait, les paysans de la petite irrigation se trouvent contraints de vendre ou louer en raison de l’absence des facilités de financement. De même, les entreprises agricoles à défaut de fiscalité, profitent des équipements des communes territoriales, en route, éclairage, eau… En fait, des mécanismes de contrôle régulier pour se débarrasser des produits chimiques utilisés pour fertiliser les terres n’existent pas. Le sort des dus financiers des loyers qui, en principe, devraient être versé au conseil de tutelle relevant au ministère de l’intérieur pour financer les infrastructures des communes, est resté inconnu.

Par ailleurs, ces entreprises ignore complètement les règles de l’entreprise citoyenne, ne respectant guère le code de travail, mais aussi ne contribue nullement au développement social, notamment la participation à la construction et équipement des sièges de la classe ouvrière pour une vie décente, la facilité de se doter de crédits, de crèche pour les enfants des ouvrières pour leur permettre d’allaiter les nourrissons…, et d’autres droits les plus élémentaires comme les allocations familiales et la couverture de santé…

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