Saïd Idbaalli: La régionalisation ne se limite pas à des textes

De quelle régionalisation avancée et de quelle justice sociale et spatiale peut-on parler, alors que des régions entières, en particulier les zones reculées et montagnardes sont toujours abandonnées à leur propre sort.

Intervenant au nom du Groupement parlementaire du progrès et du socialisme, lors de la séance mensuelle du lundi 25 novembre des questions orales consacrée à la politique générale en matière de  régionalisation, le député Said Idbaalli, membre du groupement a indiqué que les politiques publiques destinées à ces zones enclavées ont totalement échoué, comme en témoignent notamment les mouvements sociaux de plus en plus nombreux dans la plus grande partie du «Maroc profond».

Mais que fait le gouvernement pour faire face aux drames de la pêche maritime, alors qu’il a consacré au développement du secteur des budgets conséquents, s’est-il interrogé, sans omettre d’exprimer ses condoléances aux familles et proches des victimes du dernier drame du naufrage d’un chalutier au large de Tan Tan, avec 16 marins à  bord, issus pour la plupart de la région de HAHA, symbole de la pauvreté et de la marginalisation dans la province d’Essaouira.

Que fait-on pour résoudre la crise de la soif à Zagoura et en est-on de la concrétisation des promesses faites aux habitants de Jerada, s’est-il encore interrogé.

A Tinghir, en proie à la marginalisation et à l’exclusion, rien n’est fait pour améliorer les services sociaux, ajoute-t-il, rappelant que la pauvreté bat des records dans la province d’Essaouira comme en témoigne le drame des femmes martyrs de la farine à Sidi Boulaâlam.

A Boulemane, les habitants désespérés ont perdu tout espoir, ce qui les a amenés à prendre en otage un staff médical pour exprimer et faire parvenir leur colère aux responsables.

Quant aux femmes qui s’adonnent à la contrebande pour survivre au risque de leur vie, elles sont tout simplement délaissées.

Ceux qui comptent sur la régionalisation avancée  pour pouvoir résoudre tous ces problèmes et d’autres dont la gravité et l’ampleur dépendent d’une région à une autre risquent toutefois d’être déçus car les instruments et les moyens d’exécution de la régionalisation sont inexistants.

Les Régions ne gèrent qu’une part de 10% des ressources financières consacrées aux investissements publics, répartis de manière inéquitable entre les régions, voire à l’intérieur de la même région. Dans la région de Fès-Meknès, la province de Boulemane ne bénéficie pas des investissements consacrés à la région en particulier dans le domaine des services sociaux de base. C’est le cas aussi des zones montagnardes dans les provinces d’Al Hoceima et Chefchaouen dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

Quant aux zones frontalières, rien de spécial n’est prévu dans ce cadre pour promouvoir leur développement, a-t-il dit, faisant remarquer que la régionalisation ne se limite pas à des textes juridiques et réglementaires. La régionalisation est une culture et une pratique, issues de la nécessité d’assurer une gestion saine de la chose publique. Elle requiert la mise en œuvre des attributions de la gestion et le transfert des moyens et des ressources aux régions en se fondant sur des bases démocratiques, transparentes, ainsi que sur la probité des élections et un système politique et électoral capable de dégager des élites politiques qualifiées et méritantes.

Le traitement de la question de l’injustice de croissance et de développement dans les zones reculées et marginalisées requiert la création d’une «agence spécialisée dans l’exécution et le suivi des projets de développement dans les zones accidentées», une instance habilitée à mobiliser et exploiter les potentialités et les capacités existantes, a-t-il proposé.

M’Barek Tafsi

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