Tolérer l’avis contraire !

L’homicide crapuleux dont était victime le môme de Tanger ces derniers temps, aura suscité une profonde répulsion au sein de la population marocaine. L’écœurement était d’une telle impétuosité que tout le monde honnissait violemment le dépravé assassin.

Cette fois-ci, l’acte pédophile fut d’une horreur incommensurable, puisque suivi de meurtre infâme et d’inhumation odieuse. Le déchaînement fracassant des réseaux sociaux attisait les horreurs dans les foyers, au point que tout un chacun veut se faire justicier et décapiter la tête du bourreau sur l’autel public.

Certes, on mesure bien l’intensité émotive générée par cet infanticide abject qui ébranle tout un pays scandalisé. De même, on réalise le degré d’abattement de la famille face à cette monstruosité exécrable. Toutefois, on aura aussi déploré le propos fâcheux qui anime les débats parmi une certaine «élite», devant, en principe, assagir le ton et décrisper la tension. Bien au contraire, elle s’est mise ipso facto à semer la haine, exacerber la révolte et tisonner l’émotion dans les rues comme dans les ménages.

La pédophilie est un phénomène social à grande profusion dans une société comme la nôtre dont l’éducation sexuelle reste à l’écart de l’évolution sociétale aussi bien dans la famille aux conservatismes creux que l’école aux archaïsmes didactiques en  perpétuel déphasage.

Le combat de ce hic social devrait donc être mené aux racines, en cassant les verrous des «interdits» et des «prohibés» fictifs et refoulés, par une culture publique libérale, tout en gardant intacte la pudeur du respect mutuel. Cet élan de libération se devrait aussi de se propager dans les répliques des échanges au sein des diverses opinions.

On ne peut tolérer qu’une telle réaction se permette de mépriser celle d’autrui voire de haïr à mort son auteur, rien que par le fait qu’elle le contredit. D’autre part, il n’est nullement permis de se substituer en institutions de l’Etat auxquelles revient l’habilitation de trancher sur telle ou telle affaire relevant de leur compétence…Sur la question de Adnane, on serait encore une fois, tombé dans le bas-fond pour ne pas avoir primé la raison pendant les répliques inondées par des états d’âmes fielleux sur cette problématique sociale.

Le comble de cet imbroglio c’est que ce sont plutôt ceux qui sont censés tenir les cornes du taureau pour orienter l’opinion publique nationale, en perdant le nord et fomentant des allégations nauséeuses envers ceux qui analysent posément les tenants et les aboutissants du fléau social en question.

Il va sans dire que le manque de ce débat serein et pondéré dans les débats qui concernent la vie et l’avenir du pays, influe négativement sur la conduite des citoyens. C’est là où les valeurs de la liberté d’expression, l’acception d’autrui et la divergence des idées, font défaut à la Nation qui aspire à la démocratie et à la justice.                                         

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