Trois questions à Hervé Renard

«J’aimerais bien affronter la France»

Quelle a été la clé de la qualification?

On ne voulait rien changer par rapport à nos derniers matches, continuer à presser, forcer cette équipe à perdre des ballons… Grâce à notre solidarité et notre pressing, on les a beaucoup perturbés. On ne se sentait pas de venir et de rester à 11 derrière. Je pense qu’on n’aurait pas réussi notre mission. Les joueurs ont réussi un match exceptionnel. Ils ont été présents du début jusqu’à la fin dans les duels et ce n’est pas rien quand vous regardez la liste des joueurs ivoiriens. Le Maroc a mérité sa qualification. C’est grâce à l’abnégation des joueurs. Dans la causerie (d’avant match), je leur ai dit qu’il y avait eu la génération 1980 (Coupe du monde 1986), la génération 1990 (avec les Coupes du Monde 1994 et 1998), et que maintenant c’était à eux d’écrire l’histoire. Ils l’ont fait brillamment. Personnellement, j’aimerais bien affronter la France. Ce serait un grand honneur pour moi d’être dans la même poule que l’équipe de France.

 Que vous a dit le roi du Maroc au téléphone?

Je remercie sa Majesté de m’avoir appelé. C’est un honneur immense pour moi. Il a voulu nous parler pour rendre hommage à tout le monde. Ce soir on est fier du maillot marocain, que le drapeau marocain revienne à la Coupe du monde. C’est la cinquième qualification donc le Maroc n’est pas un petit pays.

Vous êtes un homme heureux ce soir?

Je suis certainement un homme comblé. Le retour va être exceptionnel, un peu comme le retour en 2015 (à Abidjan après la victoire à la CAN quand il était sélectionneur de la Côte d’Ivoire). Ce sont des moments inoubliables. J’ai la chance de les vivre, j’ai certainement une bonne étoile. Mais je suis surtout heureux pour les supporteurs qui ont fait le déplacement. Imaginez un seul instant qu’ils aient fait le déplacement pour rien. Il y en a qui ont fait des sacrifices… Ils ont venus avec tout leur cœur, de très loin. Et je rappelle l’atmosphère qu’on a eu à Rabat contre le Mali, à Casablanca contre le Gabon. On a un soutien. Ce n’était pas le cas il y a un an et demi: un certain amour pour l’équipe nationale avait disparu. Quand j’ai pris mes fonctions, j’ai dit ça ne tient qu’à nous de faire changer d’avis ces gens+. Ils étaient déçus, le Maroc ne se qualifiait pas pour les Coupe d’Afrique ou pour le Mondial. Ils avaient raison. C’était un gros travail… Il y a deux ans jour pour jour je me faisais virer de Lille. C’est la vie. Il faut rester fort. Il faut se relever et aller chercher d’autres challenges.

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