Benabdallah: Agir pour une concrétisation saine et démocratique de la Constitution

«L’Université citoyenne», de la Fondation HEM à Meknès

Intervenant dans le cadre du cycle des conférences de «L’Université citoyenne»,  initié par la Fondation HEM, Mohamed Nabil Benabdallah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS) a mis l’accent,  mardi dernier à Meknès, sur l’impératif de mettre en place une politique de la ville permettant à nos cités d’accueillir l’expansion démographique que connait le pays, en dotant les périmètres urbains d’infrastructures de base nécessaires en matière d’éducation, de santé, d’équipements, de loisirs, de divertissement et d’activités productives et créatrices de ressources et de richesses.

Le leader progressiste s’est en effet référé au message royal adressé le 12 décembre 2006 aux participants à la Rencontre nationale des collectivités locales, qui s’est tenu à Agadir sous le thème: «Développement des villes, citoyenneté et responsabilité». Dans ce message royal, a rappelé le leader du PPS, SM le Roi Mohammed VI avait souligné que «Nos villes ont connu un essor démographique et une expansion urbanistique tels qu’il en a résulté un empiètement de leurs périphéries sur le milieu rural, ainsi qu’un accroissement des besoins des populations en termes d’infrastructures et de services de base.

Cet état de choses requiert, donc, l’adoption d’une vision globale, permettant d’anticiper et de maîtriser les implications de cette expansion. Il s’agit aussi d’aménager de nouvelles zones d’urbanisation et d’instaurer un équilibre entre la ville et les agglomérations rurales adjacentes. Ce que Nous visons, en définitive, ce n’est pas uniquement d’avoir des villes sans bidonvilles, ni d’y substituer des blocs de béton sans âme, réfractaires à toute sociabilité. Nous entendons, plutôt, ériger nos cités en espaces propices à la vie en bonne intelligence, dans la convivialité et la dignité, et en faire des pôles d’investissement et de production, et des agglomérations attachées à leur spécificité et à l’originalité de leur cachet».

C’est la voie qui mène à la concrétisation de la ville citoyenne. A ce propos, Mohamed Nabil Benabdallah a fait remarquer que plusieurs contraintes entravent l’avancement de ce chantier. Il s’agit, a-t-il résumé, de l’absence d’une véritable politique de la ville pour le gouvernement. Revenant sur l’expérience ayant démarré en 2012 avec la mise en place d’un département dédié à la politique de la ville, le SG du PPS, qui a loué cette initiative, a toutefois relevé le manque de suivi et d’accompagnement d’autres départements qui devaient accompagner la politique de la ville.

Dans ce sillage, a-t-il encore explicité, il va falloir se référer à la Constitution du royaume et œuvrer à sa concrétisation saine et démocratique, citant dans ce sens l’article 31 de la Loi fondamentale, «L’Etat, les établissements publics et les collectivités territoriales Œuvrent à la mobilisation de tous les moyens à disposition pour faciliter l’égal accès des citoyennes et des citoyens aux conditions leur permettant de jouir des droits : aux soins de santé,  à la protection sociale, à la couverture médicale et à la solidarité mutualiste ou organisée par l’Etat, à une éducation moderne, accessible et de qualité, à l’éducation sur l’attachement à l’identité marocaine et aux constantes nationales immuables, à la formation professionnelle et à l’éducation physique et artistique, à un logement décent,  au travail et à l’appui des pouvoirs publics en matière de recherche d’emploi ou d’auto-emploi, à l’accès aux fonctions publiques selon le mérite, à l’accès à l’eau et à un environnement sain, au développement durable».

Et pour baliser la voie à ce chantier, le SG du PPS a appelé les citoyennes et les citoyens à participer massivement aux différentes échéances électorales en vue de barrer la route aux marchands des élections, à la corruption et à toutes les formes de manipulation ainsi qu’à ceux qui exploitent l’argent sale pour mobiliser des brigades électroniques à coups de milliards de centimes. S’agissant du chantier social, le secrétaire général du PPS a souligné que des inégalités sociales et l’absence de cohésion sociale minent la société, appelant les différentes parties au travail, puisque, a-t-il dit, le développement ne demande pas uniquement une décision politique, mais aussi des politiques de création de richesses afin de trouver «ce qu’il faut répartir». Sur ce registre, il a souligné que le Maroc a besoin d’un taux de croissance de 6% pour pouvoir créer des richesses. Pour le réaliser, il va falloir passer à la vitesse supérieure, investir dans les énergies renouvelables et l’économie verte.

En ce qui concerne la question des langues dans l’enseignement, le leader du PPS a prôné intelligemment pour le juste milieu,  appelant à tirer profit dans ce cadre des expériences d’un certain nombre de pays, à l’instar de la Turquie, l’Indonésie et la Chine, ayant réussi à mettre en place des systèmes éducatifs performants, et ne pas induire en erreur l’opinion publique.

Belkassem Amenzou

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