Benchekroun: Le gouvernement doit être à l’écoute des revendications des citoyens

Au-delà des efforts louables et estimables qu’il déploie et de ses initiatives visant à la promotion de la justice sociale escomptée, le gouvernement est appelé plus que jamais à être à l’écoute des doléances des citoyens à l’heure de la multiplication mouvements sociaux, a affirmé le député Karimi Jamal Benchekroun, membre du Groupement parlementaire du progrès et du socialisme (GPPS) à la Chambre des représentants. Intervenant  lundi 28 mai lors de la séance consacrée à la politique générale du gouvernement, le député a indiqué que ces mouvements sont le résultat des disparités sociales existantes et de la répartition inéquitable des richesses du pays.

Tout en exprimant le regret de voir le dialogue social se dérouler sans résultats positifs et sans accord entre les partenaires sociaux, il s’est interrogé sur les réponses que la Majorité doit  au peuple.

Il y a beaucoup de déceptions sociales comme l’illustrent les mouvements de protestation organisés partout dans le pays, mouvements qui  doivent être traités de manière intelligente et en connaissance de cause de la part des membres du gouvernement, a-t-il ajouté.

Quant aux politiques et aux programmes poursuivis, ils ne touchent pas les régions reculées, marginalisées et pauvres, régions qui n’ont pas eu la part qui leur revient de la justice spatiale et territoriale, a-t-il dit.

Aujourd’hui, il est nécessaire de poursuivre un dialogue sage, de traiter les revendications sociales et de renforcer la classe moyenne, a-t-il estimé, soulignant la nécessité pour le gouvernement d’intervenir pour  protéger le pouvoir d’achat des citoyens face à l’augmentation des prix, qui constitue un danger qui menace l’équilibre social. Il est également nécessaire de promouvoir une justice salariale entre l’ensemble des classes sociales, a-t-il noté.

Ce faisant, il est nécessaire d’œuvrer pour améliorer le climat des affaires et des investissements devant les entreprises et en particulier les petites et les moyennes entreprises qu’il convient d’encourager, selon le député, qui a appelé aussi à la promotion de l’emploi sans oublier de soutenir davantage les secteurs sociaux vitaux comme ceux de la santé et de l’enseignement.

Dans ce cadre, il est nécessaire aussi de tenir compte des revendications syndicales au profit de plusieurs catégories sociales dont les administrateurs, les enseignants contractuels, le personnel de la promotion national et d’autres, a-t-il dit.

Répondant aux députés, le chef du gouvernement, Saâd Eddine Othmani, a estimé qu’il ne faut pas parler d’échec de dialogue social, car plusieurs rencontres ont eu lieu, qui n’ont pas  abouti certes à un accord entre les partenaires sociaux, mais le gouvernement tient à mener à bien les négociations tripartites, selon lui.

Il a rappelé que plus de 22 réunions des sous-commissions ont eu lieu dans ce cadre, ajoutant que le gouvernement a proposé aux syndicats et à la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) un projet du protocole d’accord sur trois ans dont le premier volet vise l’institutionnalisation du dialogue social à travers la création d’une haute commission de concertation, composée des représentants du gouvernement, des dirigeants des centrales syndicales et du président de la CGEM. Quant à la commission nationale du dialogue social existante, elle doit tenir deux sessions par an (en septembre-octobre autour du projet de loi de finances et en mars-avril pour faire le suivi du dialogue social). D’autres commissions sont également prévues à savoir la commission du secteur public, la commission du secteur privé et la commission de l’amélioration du revenu.

Le chef du gouvernement a également fait savoir que l’offre du gouvernement porte sur  une enveloppe budgétaire de 6 milliards de dirhams, visant à l’augmentation des salaires des fonctionnaires et des allocations familiales, de l’allocation de naissance et le lancement de l’indemnité de travailler dans les  zones éloignée…

Dans le secteur privé, ce projet d’accord propose de renforcer des libertés syndicales, notamment par la révision de l’article 288 du code pénal, mener des concertations sur le projet de loi sur la grève, renforcer les outils de négociation et de résolution des conflits et améliorer la couverture sociale.

Selon lui, le gouvernement a fait une offre supplémentaire pour une augmentation généralisée des salaires pour compenser le prélèvement prévu sur les revenus à partir du début 2019 de 1%, dans le cadre de la réforme du système de retraite.

M’barek Tafsi

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