Hong Kong: Pékin met en garde les manifestants

«Ne sous-estimez jamais la ferme détermination et la puissance immense du gouvernement central», «Cela doit être clair pour le tout petit groupe de criminels violents et sans scrupules et les forces répugnantes qui se cachent derrière eux: ceux qui jouent avec le feu périront par le feu».

C’est en ces termes qu’après une journée marquée par une grève générale et des perturbations dans les transports, Yang Guang, le porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao du gouvernement de Pékin, s’est adressé, ce mardi, devant un parterre de journalistes, aux manifestants hongkongais pro-démocratie accusés d’être appuyés par des «forces étrangères» pour les forcer à mettre fin à leur mouvement de révolte.

Pour rappel, cela fait deux mois que les hongkongais étaient descendus dans la rue pour dénoncer un projet de loi qui visait à autoriser les extraditions vers le reste de la Chine. Or, même si, sous la pression de la rue, ce projet de loi a fini par être retiré, les manifestations n’ont pas cessé. Elles ont même pris une tournure encore plus violente puisque les contestataires réclament, désormais, non seulement l’enterrement définitif dudit projet de loi mais également la tête de Carrie Lam, la dirigeante de l’exécutif local qui, en considérant que Hong Kong se trouve «au bord d’une situation très dangereuse» assure que le gouvernement va être «ferme pour maintenir la loi et l’ordre et rétablir la confiance».

D’ailleurs, ce lundi la police a procédé à près de 150 arrestations et lancé quelques 800 bombes lacrymogènes en direction des manifestants ; du jamais vu en une seule journée !

Mais, soucieuse, toutefois, de ne point raviver le spectre de Tian an men et de provoquer, par ailleurs, une catastrophe financière dans l’une des plus grandes places d’Asie, l’administration de Pékin a laissé, pour le moment, les forces de l’ordre hongkongaises gérer la situation en se disant convaincue que ces dernières sont «pleinement en mesure de punir les violences conformément à la loi et de rétablir l’ordre et la stabilité sociale».

Plus tôt dans la journée de mardi, des militants hongkongais «cagoulés» – deux hommes et une femme vêtus de t-shirts noirs et de casques de chantier – désireux de ne point laisser à Pékin le monopole de la communication ont, dans un point de presse donné «par le peuple, pour le peuple» et non pas au nom d’un quelconque parti politique, réclamé la protection des libertés pour chaque citoyen et ouvertement «condamné» le comportement du gouvernement chinois qui, en faisant fi de «l’émotion de la population» et en choisissant «de ne pas prendre ses responsabilités» a fait preuve d’une «incompétence» et d’une «perte totale d’autodiscipline».

Enfin, à Genève, un porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, reconnaissant que des violences ont été perpétrées «des deux côtés», a invité le gouvernement à «entamer un dialogue avec la société civile».

Cet appel au calme et à la concertation va-t-il être entendu par les protagonistes après deux mois d’affrontement ? Attendons pour voir…

Nabil El Bousaadi

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