La volonté du peuple algérien!

La rue algérienne continue à marcher, de plus belle, puisqu’elle refuse de se faire piétiner par l’imposture. La marche de ce dernier vendredi de la colère, imposante et rebelle, sonne le glas d’un leurre, en soubresauts mortuaires.

Le son funèbre du tocsin ne cesse d’ameuter les cris de révolte dans les artères déchaînées. «On attendait l’élection sans Boutef, mais, on se retrouve avec Boutef sans élection !», tonnait, haut et fort, la nuée déferlante des manifestants. Le coquin tandem de sauvetage Bedoui/Lamamra avait beau vociférer sur les toits enflammés, en vue de banaliser la supercherie, il s’avère que les dés sont irrévocablement jetés dans la marre de la résurrection.

En fait, il semble bien que les cartouches mouillées du régime, fort désemparé sur toute la ligne,  s’effilochent sous la rage du peuple algérien, en quête de la voie de l’affranchissement. On ne se fie plus au discours de la duperie qui ne cesse de verser dans l’atermoiement.

Lors de ce quatrième vendredi de l’ébullition massive, on aura encore apprécié  cette exultation populaire qui se dégageait des flots humains, jalonnant les avenues des villes. Mieux encore, on se sera réjoui de cette incorporation fluide et spontanée des services d’ordre dans la foule allègre, tirant des coups de fusils d’euphorie dans les airs. Une image à la fois pathétique et significative qui illustrait bien cette prise de conscience collective.

Il ne fait donc pas de doute que le soulèvement de la rue algérienne n’est nullement un tour de plaisanterie, mais illustre bel et bien que le peuple se lasse de la machination. « La pression génère l’explosion! », disait l’abécédaire de la science physique. Sans avoir trop l’intention de s’immiscer dans la cuisine interne de la souveraineté, on ne peut passer sous silence cette ferveur ardente vers la liberté, longtemps acculée à l’abaissement sordide.

Les vendredis se succèdent et se ressemblent pour un peuple qui arpente la rue et arbore la vie. Ces mêmes vendredis se comptent à coups de massue sur les carcans d’un système astreignant qui n’arrête guère d’assujettir le sort d’un brave  peuple et d’hypothéquer le dessein commun de toute une région.

On ne peut alors confisquer indéfiniment la liberté du peuple, sans en créer, pour autant, l’envie de s’en dissocier, par la force des choses. C’est ce que le peuple algérien est en passe de vivre, tout en se gardant de tomber dans une guerre civile fatale. La démocratie se construit au fur et à mesure que le désir consciencieux  de se l’approprier s’en fait ressentir dans le cœur et la raison de celles et de ceux qui en éprouvent la nécessité impérieuse.

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