Le grand dilemme national!

Notre pays traverse une phase cruciale de son histoire. Les acquis notoires qu’il a cumulés en termes de réformes dans moult domaines, institutionnel, démocratique, économique, social, écologique, culturel… sont, en effet, un choix juste que de poursuivre l’ouverture des chantiers multiformes et d’opter pour le développement pérenne.

Mais, il y a lieu de constater que ces prouesses plausibles à l’œil nu que d’aucuns ne pourraient contester sont entachées de réelles contre performances, en revanche. C’est assez énigmatique pour une nation qu’on pourrait, en principe, citer dans le camp des contrées émergentes ! Depuis plus de deux décennies, la ruée vers la mise en avant des grands travaux, dans tous les sens, ne cesse de révolutionner, avec ferveur, la courbe exponentielle, en matière de projets et d’infrastructures.

En revanche, les indices de croissance accusent des reculs, de plus en plus, criards, au point de générer une sorte de polarisation sociale encore plus criante que la disparité usuelle de l’homme et de l’espace. Cette dichotomie saillante à maints  niveaux, présente bizarrement des indicateurs assez énigmatiques d’un Maroc à double vitesse.

Assurément, le pays s’adjuge un bel atout de créer l’équilibre escompté. C’est bel et bien, cette capacité qu’on ne trouve nulle part, consistant à évoluer constamment dans la stabilité, quoique le torchon brûle autour de son territoire. En fait, tant que cette fracture gangrène les ramifications de son système d’évolution, on ne pourrait guère prétendre à l’émergence. Pis encore, cette panne ne fera qu’hypothéquer ce potentiel précédemment mis en valeur qu’est la stabilité.

Ainsi, l’effort consenti à présent dans les grands chantiers serait vain, si l’on continue à ignorer le réel aplomb social dont le relèvement du taux de croissance pourrait impacter la vie du peuple. Les déficiences fortement préjudiciables des politiques publiques, au niveau des services vitaux de la société que sont l’éducation, la santé, l’emploi, l’habitat, la culture et la création présentent des freins ravageurs à l’essor et, de ce fait, accentuent les marges de corruption, de dépravation, de délinquance, de radicalisation…

En conséquence, notre pays nécessite, d’une manière urgente et inéluctable, de mettre un terme à l’élargissement de ce fossé qui fait que son développement s’effectue dans des conditions quasiment hybrides et métissées. Il s’agirait, à notre sens, de mettre en œuvre un  nouveau contrat politique susceptible de poursuivre l’approche judicieuse des grands travaux, mais également de rehausser le niveau de croissance en menant pour de bon une politique littéralement tournée vers la libération et l’optimisation de son capital humain.

Le front national qui avait introduit le pays, au côté de la monarchie, dans le processus de l’expansion, depuis, maintenant deux décennie, est appelé à se ressaisir et à se déployer à fond, sans se cantonner dans les calculs réducteurs et les vanités stériles. Il importe donc de sortir de ce mode de léthargie et d’attentisme chroniques. L’élite constitue l’épine dorsale de la résurrection nationale, car les innovations contenues dans la constitution, jusqu’ici en état d’hibernation  ont foncièrement besoin de cerveaux créatifs et accompagnateurs de grands changements de société qui s’opèrent dans notre pays d’une manière galopante.

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