«Lalla Aïcha» de Mohamed El Badaoui, projeté en avant première au FIFM

Le public de la 18e  édition du FIFM a eu droit à une projection du film Lalla Aïcha du jeune réalisateur, Mohamed El Badaoui.

En effet, le film qui a été projeté en avant première mondiale à la ville ocre est un vibrant hommage aux femmes. Un hommage poignant, surtout à l’endroit de la mère qui mène des luttes acharnées au quotidien dans des conditions dures et complexes.  En outre, cette production cinématographique a été tournée dans une plage du Nord marocain, plus précisément à la ville d’Al Hoceïma. «Je voudrais à travers ce film rendre hommage à la femme de ma région, et surtout à toutes les mères du monde. C’est un hommage aussi  à la mer et à la beauté de la ville d’Al Hoceïma et ses plages», nous  confie le jeune réalisateur dans une interview.

Le film relate l’histoire du couple Aïcha et Aghilas qui gagnait leur vie grâce à la pêche, jusqu’à ce que des dauphins arrivent en nombre dans les eaux côtières, provoquant dans la foulée une grave pénurie de poissons. Ce phénomène bouleversera et renversera leur vie tranquille et paisible.

Par le bais du cinéma, le réalisateur a voulu transmettre la culture cinématographique dans une région assoiffée de l’art sous toutes ses formes et facettes. «La culture a cette capacité de contribuer au développement et au changement des mentalités», a-t-il affirmé. Dans le film, le réalisateur a laissé en revanche  l’image et les visages des personnages parler.

Peu de dialogues. Mais, seuls l’écho de la mer, la beauté des plans et des paysages dominent dans le film de bout en bout. Le rythme du film très lourd certes, ce qui laisse sentir l’attente des personnages, la vacuité ontologique qu’ils vivaient. Face à l’homme, il y a toujours la mer où se reflète ses rêves, ses craintes, ses espérances, ses poisses et son avenir parfois incertain et ambigu.

Le film est presque silencieux, mais, autrement dit, la poésie de l’image absorbe la souffrance et les douleurs des personnages. Et puis, sans tomber dans un discours direct et fade, le réalisateur par le bais des scènes puissantes comme celle du suicide ou encore celle du personnage Aghilas face à la mer a abordé un tas de questions comme la migration clandestine, l’intégrisme, la pauvreté…

Au-delà des belles images des paysages et visages, Mohamed El Badaoui film un espace marin où l’amour et l’entraide des personnages donnent une leçon de vie : «la vie vaut la peine d’être vécue». «J’ai misé sur la beauté de l’image et sa poésie, mais aussi sur les personnages qui ont reflété leur réalité leur espérance. Je leur ai donné la parole. Ils ne m’ont pas déçu !», a-t-il fait savoir. Un beau film à voir!

Mohamed Nait Youssef

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