Le droit à l’habitat!

Parmi les droits élémentaires constituant sans doute, l’un des facteurs garants de la stabilité dans notre pays, se dresse à coup sûr, le droit à l’habitat. Il ne fait nullement doute que les efforts déployés pour assurer cette condition sine qua none s’avèrent fort judicieux, ces derniers temps.

Certes, cette opération d’envergure rencontre, au passage,  d’énormes  embûches qui ralentissent ou freinent carrément son exécution. Ces blocages sont essentiellement dûs aux phénomènes malsains qui ne cessent d’affecter l’évolution du secteur de l’habitat, notamment la spéculation qui ronge le tissu immobilier aussi bien dans les zones urbaines, périurbaines que rurales. De ce fait, de gros déficits persistent encore entre les différentes offres mises sur le marché et les demandes pressantes des populations, en particulier les plus démunies.

Cependant, il faut bien reconnaître que ces dernières années, il a été question, entre autres, de préparer de nouvelles zones à urbaniser pour multiplier et diversifier l’offre, sans se focaliser uniquement sur le réaménagement des unités bidonvilloises. Il s’est agi, en fait, d’éradiquer des bidonvilles et de l’habitat insalubre, depuis quelques années. Cependant, la pénurie est toujours là, estimée à des centaines  d’unités à mettre en service. A cet effet, il importe de concilier cette  non adéquation entre l’offre et la demande, de plus en plus insistante  et de la difficulté d’accès aux crédits bancaires qui relèvent d’un système souvent drastiques. Ces entraves ont donc tendance à inciter au recours à l’habitat anarchique ou à la cohabitation dans les médinas et les tissus à risques.

Afin de redresser cette situation actuelle et relever le défi de l’habitat social, il semble impératif d’adopter une stratégie intégrée d’intervention pour la lutte contre l’habitat insalubre, de prôner le renforcement et la diversification de l’habitat social, par le biais de réformes d’accompagnement. Pour ce faire, il convient  de préparer des zones à urbaniser, par le truchement de  programmes de villes sans bidonvilles et d’intervention dans l’habitat menaçant ruine. Cette approche nécessiterait un certain nombre de démarches à mettre en œuvre, notamment la mise en place des guichets uniques, la facilitation à l’accès aux crédits bancaires, la mise en fonction des mesures et des avantages incitatifs, la mise en place des infrastructures d’accueil intégrées, l’accompagnement de l’impact territorial des grands projets structurants inscrits dans le cadre de la mise en œuvre des stratégies nationales sectorielles…

Par ailleurs, on se demandera si vraiment ces logements à coûts rabaissés vont aux bénéficiaires concernés ou sont soumis à des coups de spéculation, d’autant plus que nombre de maisons sont fermées ou annexées à deux ou trois pour avoir une superficie de 100 à 150 m2, à des prix alléchants. Dans ce sens, les moyens humains et logistiques de contrôle sont très limités. D’autre part, il est  demandé au département de tutelle d’exercer des métiers qui ne sont toujours pas les leurs, notamment la gestion des zones industrielles qui relèvent d’autres secteurs. Il faut avouer aussi que la problématique de l’habitat n’est pas l’apanage exclusif du domaine de l’habitat.

D’autres parties y interviennent, d’où la nécessité d’une coordination étroite avec les multiples intervenants. Le plus gros souci, en définitive, réside en la mise en place d’un cadre juridique relatif au logement ruine ou tissu à risque. Il s’agit, en effet, des vies humaines qu’il va falloir préserver, pas uniquement à casa, Fès, Rabat ou Salé, mais aussi à Sefrou, Chefchaouen, Tiznit… La tâche n’est pas du tout facile si l’on sait que les habitants concernés refusent, d’une part, de se déplacer vers leur recasement  et que, d’autre part, les entrepreneurs de dérobent de s’y mettre car, ils estiment que c’est problématique.

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