Le personnel infirmier marque la différence

Journée mondiale du diabète

Ouardirhi Abdelaziz

Depuis sa création en 1991, la Journée Mondiale du Diabète, organisée chaque 14 novembre, est le symbole d’une mobilisation collective. Son objectif : mieux faire connaître le diabète, sa prise en charge et surtout les moyens de le prévenir. La Journée Mondiale du diabète 2020 ne déroge pas à cette politique et ce choix judicieux. Elle vise à sensibiliser au rôle crucial que le personnel infirmier joue en soutenant les personnes atteintes de diabète. Qu’en est-il au Maroc?

Le diabète constitue en 2020 une énorme épidémie mondiale avec des conséquences médicales, sociales et économiques dévastatrices sans précédent. Cette année, la fédération internationale du diabète a tenu à dédier, à consacrer cette journée à l’importance du personnel infirmier dans le diagnostic, la gestion et la prévention du diabète.

Les infirmiers à l’honneur

Cette année, la journée mondiale du diabète permet de mettre à l’honneur le personnel infirmier, en choisissant comme thème:

«Le personnel infirmier marque la différence».

Au Maroc, le personnel infirmier dont les grandes compétences sont reconnues au-delà de nos frontières,  joue un rôle essentiel , central dans l’identification et le diagnostic du diabète à un stade précoce, que ce soit au niveau des établissements de soins de santé de base (centres de santé), ou au niveau des établissements hospitaliers.

S’agissant du diabète de type 2 , celui de l’adulte qui représente près de 80 % des cas de diabète , le personnel infirmier assure une  prise en charge globale de ces patients , et ne se contente pas uniquement de réaliser des examens d’urines pour rechercher la présence de sucre ou acétone , de faire des injections d’insuline ou de s’assurer que le malade prend bien son traitement conformément à la prescription médicale.

Il est très important de rappeler ici que le suivi d’un diabète ne se résume pas à ces quelques éléments , mais il comporte surtout un travail important de partenariat entre soignant et soigné, un travail d’éducation, d’accompagnement et de soutien par rapport au protocole thérapeutique , mais également pour l’alimentation, l’activité physique et la surveillance glycémique.

Assurer la prise en charge infirmière d’un patient diabétique nécessite des connaissances scientifiques pointues, une parfaite maitrise des soins infirmiers dans leurs dimensions physiques, psychologiques, sociales et culturelles, et ce afin de permettre au malade d’être un acteur actif dans sa maladie.

C’est un apprentissage qui demande beaucoup de dextérité , de patience afin de permettre au patient d’être capable de gérer lui-même sa maladie et d’en éviter les complications liées au diabète dont l’insuffisance rénale terminale chronique , la cécité , les amputations des membres inférieurs, les maladies cardiovasculaires…

A l’occasion de la journée mondiale du diabète , le ministre de la santé le professeur Khaled Ait Talab a tenu à rappeler que le personnel infirmier fait un travail remarquable aux côtés des médecins pour prendre en charge les patients diabétiques à tous les niveaux de soins et que grâce à un diagnostic précoce et une prise en charge appropriée, les complications graves et coûteuses dues au diabète peuvent être évitées.

Qu’est-ce que le diabète?

Le diabète peut se définir comme une perte de contrôle à la hausse de glycémie (sucre dans le sang). Chez l’être humain, une hormone est responsable d’empêcher la glycémie  de s’élever dans le sang. Cette hormone s’appelle l’insuline.

Chez les patients souffrant de diabète, deux situations peuvent se produire:

1 / L’insuline est produite par le pancréas. Ce dernier peut diminuer ou arrêter la production de l’insuline. Dans ces situations, la glycémie augmente et la maladie du diabète apparaît.
2 / Dans d’autres situations, il s’agit d’une résistance à l’action de l’insuline au niveau cellulaire.
L’insuline est nécessaire pour faire entrer le sucre dans les cellules.
Cette résistance à l’action de l’insuline rend celle-ci moins efficace. Alors à ce moment, la glycémie monte et la maladie du diabète apparaît.

Des signes à connaitre

Les symptômes du diabète peuvent se présenter de différentes façons: fatigue, difficulté de concentration, vision embrouillée, soif intense, miction fréquente, faim insatiable possibilité de perte de poids, possibilité de faiblesse musculaire. Certains de ces symptômes ou l’ensemble de ces symptômes sont présents chez les patients qui souffrent de diabète au début de la maladie. Cependant, certains diabétiques présentent peu de symptômes.

La maladie est alors dépistée lors d’un prélèvement sanguin.

La situation au niveau mondial

Selon les dernières estimations de l’OMS et de l’IDF (année 2017), la hausse continue de l’incidence et de la prévalence du diabète est manifeste. En effet,  465 millions de personnes dans le monde sont diabétiques, 578 millions d’adultes seront atteints de diabète d’ici 2030 et 700 millions d’ici 2045. Soit une personne sur dix. En plus, d’après ces estimations, une personne sur deux n’est pas diagnostiquée et le nombre d’enfants et d’adolescents de moins de 20 ans atteints de diabète de type 1 dépasse un million. En 2017, quatre millions de personnes sont décédées à cause du diabète.

1 personne meurt du diabète toutes les 6 secondes dans le monde, soit plus que le sida, la tuberculose et la malaria.

Qu’en est-il au Maroc?

Au Maroc, la transition épidémiologique et démographique se traduit par une augmentation de la charge de morbidité et de mortalité des maladies non transmissibles, en particulier les cancers, le diabète, les maladies cardiovasculaires, les maladies respiratoires chroniques et l’insuffisance rénale chronique.

S’agissant du diabète, selon les résultats d’une enquête «Stepwise» (2018) sur les facteurs de risque des maladies non transmissibles, on estime que 20.000 enfants et 2,5 millions le d’adultes sont diabétiques  dont 49% méconnaissent la maladie, et 2,2 millions sont pré- diabétiques.

Le Ministère de la Santé prend en charge 958 000 diabétiques au niveau des établissements des soins de santé primaires dont 60% sont des ramedistes. Conscient de l’ampleur de ce problème, le Ministère de la Santé a inscrit le diabète comme une priorité dans son Plan Santé 2025 et dans la Stratégie Nationale de Prévention et de Contrôle des Maladies Non Transmissibles 2019-2029, en déployant plusieurs efforts, selon une approche multisectorielle, et ce pour lutter contre cette maladie.

Le diabète concerne tout le monde

Comme nous le constatons et au vu des chiffres issus des différentes enquêtes réalisées par le ministère de la santé dont celle de 2000 sur les facteurs de risque , et celle de 2018 concernant les maladies non transmissibles dont le diabète, notre pays n’est pas épargné par  cette maladie. Bien plus, nous sommes tous concernés par cette pathologie, car notre mode de vie a totalement changé.

Nous mangeons très mal, nous mangeons n’importe quoi, notre alimentation, celle de nos enfants n’est pas saine et équilibrée.

La grande majorité des Marocains mangent dehors, les repas pris en famille se font de plus en plus rare. Les jeunes raffolent des hamburgers, Chawarma, sandwichs, Soda, glaces, pizza, panini, qui sont préparés et servis dans des fastfoods, Mac do, King Burger, Quick, des enseignes spécialisées dans une restauration ou tout va très vite, ou on avale rapidement ce qui est servi.

Nous avons écartés nos bonnes et vieilles recettes à base d’huile d’olive, de légumes et fruits. Les résultats, nous les constatons aujourd’hui : l’obésité, le surpoids, le diabète…

Face au diabète qui menace de plus en plus de personnes, dont des jeunes, il est urgent d’adopter des comportements de vie saine. La lutte contre ce mal insidieux aux conséquences dramatiques est l’affaire de toutes et de tous.

Une reconnaissance amplement mérité

La célébration de  journée mondiale du diabète 2020,  doit être pour chacun de nous l’occasion idoine de réfléchir à l’inestimable contribution des infirmiers et des infirmières , des professionnels et professionnelles de la santé entièrement , totalement dévoués à leur noble métier,  de saluer leur courage et leur compassion , et de reconnaitre à sa juste valeur leur travail quotidien , de jour comme de nuit, et les innombrables défis auxquels ils font face chaque jour.

Plus que jamais, la crise sanitaire que nous traversons depuis 10 mois met en lumière le rôle primordial de ces héros et héroïnes du quotidien dans notre système de santé.

L’épidémie du coronavirus  (COVID), a démontré à tout le monde les conditions exigeantes dans lesquelles  ces infirmiers et infirmières œuvrent 24 H / 24 H, de longues et pénibles heures de travail  avec une pénurie de ressources humaines et donc une surcharge de travail éreintante.

En cette période de pandémie, il est non seulement essentiel de soutenir et de protéger nos infirmiers et infirmières en suivant les recommandations de nos autorités sanitaires et administratives visant à contenir la Covid-19, mais également de souligner le dévouement de toute la profession infirmière. Elle mérite d’être valorisée, d’être reconnue à sa juste valeur, de bénéficier de l’intérêt légitime de nos décideurs.

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