L’immigration, un souci pour Rabat et Madrid!

Lors d’une rencontre du groupe permanent Hispano-Marocain sur l’immigration, il y a presque un mois dans la cité des alizés, les deux partenaires se sont attelés à fédérer leurs énergies, en vue d’asseoir un modèle commun de gestion de ce phénomène, de plus en plus alarmant. Pour l’un comme pour l’autre, il est question de s’approprier des démarches urgentes afin de contenir la croissance de la pression migratoire, en accentuant la surveillance sur les frontières, en faisant face au trafic illégal des candidats à la clandestinité et en relevant la qualité des réseaux sûrs de l’immigration légale.

L’aspect judicieux et impératif de cette relation bilatérale entre le royaume du Maroc et la péninsule ibérique, du fait de leur proximité, révèle la volonté mutuelle de mener une réciprocité responsable pour gérer au mieux les flux migratoires. De même, les autorités sécuritaires des deux parties ont mis l’accent sur le rôle décisif que joue le Maroc dans cette opération de haut degré de doigté et de délicatesse. Cette dix-huitième session du groupe permanent, constitué depuis 2003, a mis en exergue la dynamique nationale dans ce sens et les moyens à mettre à contribution dans le but de cerner la problématique, sous ses diverses proportions et sur fond de responsabilité partagée.

La stratégie nationale mise en avant à ce propos repose sur une ligne de conduite, axée sur la conjugaison des efforts, l’implication de tous les acteurs et l’usage de toutes les ressources en présence. Il va sans dire que le Maroc constitue l’épine dorsale de cette œuvre et, de ce fait, il est nécessaire de le doter des moyens adéquats et de le munir du soutien idoine, notamment de l’Union Européenne, dans le sillage du partenariat stratégique et du statut privilégié dont jouit le Maroc à l’égard de la communauté du vieux continent. Pour le Royaume d’Espagne, c’est assurément, un exemple de solidarité, d’engagement et de responsabilité entre les deux pays limitrophes, afin d’atténuer cette préoccupation, d’autant plus que ce modèle s’avère pionnier et inédit sur le continent africain.

La gestion de ce phénomène devrait, en effet, s’accomplir sur la base de traitement humain, réaliste et participatif, pour relever les possibilités de l’immigration légale, sans prendre de risques préjudiciables et tout en continuant à positiver cet exercice et à normaliser les capacités d’intégration. La réunion d’Essaouira, qui sera suivie d’une autre similaire, en novembre prochain, était donc concluante, puisque l’autorité espagnole fait, d’ores et déjà, pression sur l’Union Européenne, pour soutenir l’effort considérable déployé par le Maroc en matière de lutte contre l’immigration clandestine.

Une pression de plus en plus soutenue qui vient de déboucher sur le déblocage de fonds destinés au partenaire du sud, estimé à plus de 30 mille euros, en plus des moyens logistiques de contrôle sur les frontières. Madrid, conscient de l’acuité du phénomène d’immigration, semble avoir persuadé Bruxelles d’avoir le même sentiment envers Rabat, dans le cadre d’une coopération  multilatérale à ce propos. Le défi à relever dans les deux rives de la Méditerranée est d’autant plus primordial qu’il favorise la pérennisation de la paix et de la sécurité dans la région, censée promouvoir les valeurs de la mutualisation des initiatives et du bon voisinage.

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