Mohamed Nabil Benabdallah invité de Chabab Vx sur Medi1 TV

«Pour une stratégie nationale globale de lutte contre le terrorisme»

Le Secrétaire général du PPS, qui était l’invité, samedi soir de l’émission «ChababVOX», diffusée par Médi1 TV, a exprimé sa compassion et ses tristesses, tout en appelant à la vigilance et à davantage d’efforts pour extirper le mal de ses racines. Après avoir salué les forces de sécurité pour le travail remarquable qu’elles accomplissent avec bravoure et professionnalisme, il a souligné la nécessité d’inscrire cette approche sécuritaire dans un cadre stratégique plus global, devant avoir pour objectifs d’assainir d’une part le champ religieux des niches obscurantistes qui continuent de s’y activer dans le but de préserver la sécurité spirituelle des citoyens et de lutter contre les tendances extrémistes et d’autre part de parachever le processus des réformes démocratiques prévues pour permettre à toutes les institutions dont en premier lieu les partis politiques de jouer pleinement leur rôle en toute liberté et indépendance.  Et ce dans le but de débarrasser à jamais la société des sources qui continuent d’alimenter l’extrémisme, l’exclusion, la haine et l’intolérance, a-t-il dit.

Très touché et affligé par l’acte criminel bestial, barbare et terroriste d’Imlil, le Secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme, Mohamed Nabil Benabdallah l’a de nouveau condamné dans les termes les plus fermes et les plus forts, tout en soulignant que les assassins ne font pas partie des nôtres et n’ont rien à voir avec l’identité, les valeurs et la civilisation marocaines.

Selon le SG du PPS, rien ne justifie de tels actes barbares, sauf l’utilisation et  l’instrumentalisation de la religion à des fins politiques obscures. Il est faux de faire croire que c’est la marginalisation et la pauvreté qui poussent les gens à commettre de tels actes barbares pour en imputer la responsabilité aux politiques publiques. Les attentats terroristes commis ailleurs dans plusieurs pays développés (Londres, Paris, etc…) montrent que ce n’est pas la pauvreté qu’il faut incriminer. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas combattre la pauvreté par le développement des capacités du pays et de la société de produire suffisamment de richesses à répartir de manière équitable pour réduire les disparités sociales et territoriales et permettre aux citoyens de jouir d’une véritable justice sociale, inclusive et respectueuse de leur dignité, a-t-il martelé. Les « théoriciens » d’une telle dérive terroriste et barbare sont hors d’atteinte et ce sont les pauvres esprits avec ou sans bagage intellectuel insuffisant qui terrorisent en fin de compte la société.

Conjoncture nationale : l’inquiétude

Abordant la situation politique et sociale au cours de l’année 2018, il a souligné qu’elle suscite l’inquiétude et l’incertitude, qui se ressentent partout,  même dans les hautes sphères et les hommes d’affaires. Nombreux d’entre eux ne cachent pas être agacés par ce manque de clarté, a-t-il affirmé. C’est ce qui explique pourquoi une partie des capitaux a pris le chemin de l’étranger.

Quant aux classes moyennes et pauvres, elles assistent à une détérioration rapide de leur situation de vie, a-t-il dit, estimant que le pays a besoin d’un souffle nouveau pour reprendre les forces dont il a besoin pour aller de l’avant dans la réalisation des réformes prévues, la mise en œuvre de la Constitution de 2011 et le parachèvement du processus démocratique. C’est pourquoi, le PPS appelle, depuis son dernier congrès national, à un souffle démocratique nouveau pour s’en sortir.

Le PPS a proposé au gouvernement d’améliorer son offre pour sauvegarder le dialogue social

Interrogé sur le sort du dialogue social entre le gouvernement, les syndicats des travailleurs et le patronat, le Secrétaire général du PPS a révélé avoir proposé au chef du gouvernement, lors de la dernière réunion de l’Instance de la Majorité, d’œuvrer pour améliorer qualitativement l’offre du gouvernement. Selon le PPS, a-t-il dit, la sauvegarde du dialogue social est un impératif de taille pour préserver la paix.

Pour le PPS, le gouvernement est appelé à faire un effort supplémentaire pour présenter une offre meilleure en augmentation de salaire à réaliser en moins de temps (plus de 400 DH et moins d’années), a affirmé le SG du PPS. Quelque 700.000 ou 800.000 fonctionnaires en bénéficieront.

Dans différents communiqués très récents, le Bureau politique du parti insiste en effet sur le besoin de sauvegarder le dialogue social entre le gouvernement, les centrales syndicales et les représentants des employeurs. Il souligne aussi le devoir de toutes les parties d’assumer pleinement leurs responsabilités et d’œuvrer pour que ce dialogue aboutisse à un accord courageux, responsable et acceptable de la part de toutes les parties pour consolider la paix sociale et répondre aux attentes et aux revendications légitimes de la classe ouvrière.

Interpelé sur le traitement réservé aux mouvements protestataires dans plusieurs régions (Rif, Jerada, etc …), Benabdallah a rappelé que le PPS a toujours appelé au dialogue et à l’écoute des protestataires dans le but d’œuvrer pour la satisfaction de leurs revendications légitimes. Il a toujours appelé à éviter le recours à des solutions sécuritaires.

Pour la réglementation et la maitrise du marché des hydrocarbures

Abordant la question des prix des hydrocarbures, il a rappelé que le Bureau politique du PPS appelle à la réglementation et à la maitrise de la situation de manière profonde, fondée sur un mécanisme stable et performant, susceptible d’accompagner de manière performante les fluctuations des cours mondiaux des hydrocarbures. Et ce dans le but de préserver le pouvoir d’achat des larges couches populaires.

L’Alliance avec le PJD

Interrogé sur l’alliance entre le PPS et le PJD (parti de la justice et du développement), Nabil Benabdallah a rappelé qu’elle est intervenue dans un contexte politique et social particulier ayant marqué les années 2009, 2010 et 2012, au cours desquelles une nouvelle force politique a été mise sur pied pour dévier le processus réformiste déclenché de sa trajectoire. La conjoncture historique a été marquée aussi par le fait que les alliés historiques du PPS dans le cadre de la Koutla démocratique (Istiqlal et USFP) avaient pris des positions inconciliables avec celle du PPS, qui a trouve dans le PJD son nouveau allié sérieux et avec lequel il continue de travailler pour que le processus des réformes ne dérive pas de sa trajectoire.

C’est pourquoi le parti a décidé de continuer de travailler au sein de la majorité gouvernementale, dirigée par le PJD, pour participer à la mise en œuvre des réformes prévues, a-t-il expliqué.

C’est pourquoi, d’aucuns accusent par méconnaissance ou ignorance le parti de jouer le rôle de l’opposition de l’intérieur de la majorité gouvernementale en réclamant constamment la poursuite de la réalisation des réformes, a-t-il dit.

C’est pourquoi, ils ne comprennent pas pourquoi le parti appelle de ses vœux à l’évaluation objective du Plan Maroc Vert qui n’a profité après 10 ans qu’aux grands exploitants agricoles, a indiqué Benabdallah, selon lequel le PPS n’a aucun problème avec le RNI (Rassemblement national de indépendants).

C’est pourquoi le PPS réclame de respecter les décisions et l’indépendance de la justice et d’assurer à tous les justiciables des procès équitables pour faire avancer le processus démocratiques dans le pays, estimant que tout un chacun est libre d’exprimer l’avis qu’il estime véridique et défendable.

Le PPS paie le prix de son courage d’avoir dénoncé la dérive anti-démocratique

C’est pourquoi, le PPS a décidé de ne pas quitter le gouvernement, malgré tous les coups durs qui lui ont été portés, a-t-il dit, soulignant que tous les projets de son ancien département de l’habitat et de la politique de la ville ont été réalisés dans le cadre du programme Hoceima, Manarat Al Moutawassit en 2017, soit 2 ans avant leur terme. C’est le cas aussi des projets du ministère de la santé et du département de l’eau.

Tous les reproches avancés à ce niveau ne tiennent pas. C’est donc ailleurs qu’il faut chercher les causes des limogeages, a-t-il dit, affirmant sans ambages, que le PPS sait pertinemment qu’il paie le prix fort de son courage politique d’avoir dénoncé les risques de dérive du processus démocratique de sa trajectoire avec la mainmise d’une force politique sur tout le champ politique national.

En dépit de tous les coups portés au PPS, le parti tient bon sur ses pieds, a-t-il dit. De 450.000 voix aux élections de 2015, le PPS n’a gardé que 200.000 voix, a-t-il rappelé, ajoutant qu’en tant que parti nationaliste, sorti de la longue et dure lutte de libération nationale, le PPS n’abdiquera sous aucun prétexte.

Le PPS est un parti national de gauche, socialiste, progressiste, moderniste et démocratique, fermement attaché à la défense des intérêts supérieurs de la nation et du peuple, de la dignité et des droits de l’ensemble des citoyennes et citoyens dont en premier les travailleurs, les classes laborieuses et les couches vulnérables et démunies, a-t-il martelé. Il lutte pour le respect des droits de la classe ouvrière et  des droits de l’homme, l’avènement de la justice sociale et d’un modèle de développement producteur de richesses.

M’Barek Tafsi

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