Système de santé marocain: appel à unifier les régimes obligatoires de base

La Conférence nationale sur le financement de la santé a clos mercredi à Salé ses travaux par un appel à l’unification des régimes obligatoires de base et la mise en place d’un régime national universel.

S’exprimant à cette occasion, le ministre de la Santé, Anas Doukkali a indiqué que le Royaume en abordant la question des travailleurs indépendants est entrain d’avancer vers une large protection financière, ajoutant que le parachèvement de la couverture de santé au Maroc passe «inéluctablement» par une stratégie de financement.
En vue de réaliser un système solidaire universel d’assurance maladie, Doukkali a mis en avant l’importance d’une bonne gestion des ressources et une participation large de toute la société, pour une équité en termes de cotisations et une stabilité de financement.

«Le département de la santé a voulu faire du dialogue sociétal sa philosophie et le premier chantier a été la mise en place du plan de santé 2025, avec une fenêtre ouverte sur le financement», a-t-il dit.

Le système de santé marocain a fait l’objet de plusieurs réformes et adaptations aussi bien des structures que des programmes, ce qui a contribué à une amélioration des services de santé avec l’objectif de promouvoir l’équité dans l’accès à la couverture médicale de base au bénéfice des personnes nécessiteuses, vulnérables et des personnes demeurant dans les lieux les plus éloignés du Royaume, a-t-il rappelé.

Les discussions menées, lors de cette conférence de deux jours, témoignent d’une volonté politique que connait le Royaume en plaçant le secteur de la santé au cœur de ses préoccupations, a-t-il relevé.

La directrice des opérations pour le Maroc, département Maghreb, Moyen-Orient et Afrique du Nord de la Banque mondiale, Marie Nelly, a salué les efforts consentis par le Royaume dans le secteur de la santé en mettant en place des réformes structurantes de grande envergure, qui se sont traduites par l’inscription des priorités du secteur santé dans les documents de planification du gouvernement et une importante mobilisation de ressources pour la santé, notant l’augmentation de 16% du budget du secteur santé.

Le Maroc a fait des progrès dans la réduction des taux de mortalité maternelle et infanto juvénile, a-t-elle fait savoir, ajoutant que les stratégies mises en place doivent être systématiquement documentées pour un partage d’expériences entre les régions et avec d’autres pays. «La richesse des communications des membres du gouvernement, de la société civile et des experts témoigne de l’intérêt que suscite la question du financement de la santé au Maroc», a-t-elle relevé.

Pour la représentante du bureau de l’OMS au Maroc, Maryam Bigdeli, le système national de santé marocain est arrivé à un stade de maturité qui nécessite une réflexion sur son avenir, a-t-elle jugé, précisant que «si en termes de couverture médicale des actions, comme la généralisation du RAMED ou la volonté de couvrir les indépendants ont été entreprises, les défis du système sont encore nombreux et exigent une transformation».

Et de souligner qu’un financement pérenne et efficace de la santé qui reflète les valeurs de la société marocaine, permettra de prendre en compte les besoins de santé des citoyens et de répondre au mieux à leur demande. «Il permettra de faire face à la transition démographique et épidémiologique, et à l’émergence d’une nouvelle configuration de la morbidité dans le pays», a-t-elle dit.

Quant au Chef de délégation adjoint de l’Union Européenne au Maroc, Alessio Cappellani, il a mis en avant l’initiative du ministère d’établir une feuille de route sur la stratégie du financement de la santé au Maroc pour les années à venir.

Le Maroc, conscient de l’enjeu grandissant que représente le système national de santé, a pris la décision, depuis un nombre d’années de le réformer en profondeur. Ainsi, le ministère a inscrit entre autres, dans son plan de santé 2025, l’amélioration de la gouvernance, l’optimisation et l’utilisation des ressources, a-t-il indiqué.

«Un plan qui répond aux dispositions de la Constitution 2011, qui a consacré le droit de l’accès aux soins pour tous dans les meilleures conditions de qualité, d’équité et de protection financière», a-t-il rappelé.

Initiée par le ministère de la Santé sous le Haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cette conférence de deux jours a pour objectif d’établir une feuille de route d’une nouvelle stratégie nationale de financement de la santé socialement abordable et économiquement soutenable, par le biais notamment de l’examen de l’espace budgétaire existant et l’identification des opportunités potentielles en termes de financement innovant et de financement alternatif pour générer des ressources supplémentaires pour la santé.

Elle a également pour but d’accompagner la mise œuvre de la Couverture sanitaire universelle en lien avec les objectifs escomptés dans le cadre du Plan Santé 2025, et se veut un espace de débat entre plus de 200 participants, à savoir des acteurs politiques, des experts nationaux et internationaux de renom, des partenaires institutionnels, des représentants professionnels et syndicaux, ainsi que les représentants du secteur privé et de la société civile.

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