Tayssir

En quête d’un nouveau souffle démocratique, on ne peut qu’être attentif et bienveillant devant les mesures annoncées devant Sa Majesté lors d’une cérémonie solennelle pour «la présentation du bilan d’étape et du programme exécutif dans le domaine du soutien à la scolarité et de la mise en œuvre de la réforme de l’éducation et de la formation».

Il a fallu que le cocotier soit secoué par la teneur du discours du trône pour aboutir à cet effort de consolidation de l’existant. Quoique, précaution oblige, le ministre de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique souligne bien que la réussite de cette approche «est tributaire de l’adhésion de l’ensemble des intervenants dans le cadre d’un effort collectif et national et d’une gouvernance efficiente et efficace».

Tout est dans cette conclusion ; car l’école à laquelle aspire le peuple marocain reste encore à mettre en place. «Une école de justice sociale ; une école nouvelle, dont les principaux fondements sont l’équité, l’égalité des chances, la qualité pour tous et la promotion de l’individu et de la société».

La consolidation de «Tayssir», la mise en œuvre de l’enseignement préscolaire, l’annonce du renforcement des prestations d’hébergement, de restauration et de transport scolaire et de l’amélioration des prestations sociales au profit des étudiants de l’enseignement supérieur répondent au nécessaire comblement d’un déficit qui n’a fait que s’aggraver avec le temps.

Les dissemblances des «maternelles, jardins d’enfants, katatib …et autres établissements assimilés, la détérioration des conditions de vie des jeunes étudiants, les difficultés matérielles qui s’opposent à la scolarisation et à la réussite, dans le cas de la majeure partie de la population; tout cela, entre autres, imposait au plus vite une relance des politiques nationales d’appui et de protection sociale dans ce cadre.

Tout le monde est preneur ; sauf qu’il existe un délai entre l’annonce et la réalisation de l’objet de l’annonce. Et sans vouloir renforcer le scepticisme hérité du fameux «plan d’urgences», on ne peut s’empêcher de s’interroger, non sur l’intentionmais sur l’acte et sa mise en œuvre. Ainsi, très loin de l’exhaustivité sur «les chantiers en retard», il suffit d’en relever certains.L’élaboration du cadre de référence régissant le cahier des charges pour le préscolaire est-elle terminée pour qu’elle s’impose à tous les intervenants dans ce domaine? Si les filières créées ou en cours de l’être pour faire face au déficit en ressources humaines dans les établissements scolaires et dans les universités ne vont délivrer leurs lauréats que dans quelques années, alors que le départ à la retraite accentue le déficit, que faire d’ici là comme disait l’autre?

On doit être interpellé sur la pérennité de cette crise de notre système éducatif qui se manifeste périodiquement par l’apparition itérative de contingences qui conduit à des changements dont la sommation constitue une lourde hypothèque sur l’avenir des générations futures. Il en est de la responsabilité de tous; et au-delà des discours et des diagnostics ressassés, il est important d’agir. Une action qui ne s’inscrit pas dans l’urgence et le replâtrage mais qui relève de l’anticipation et de la prospective. Cela dure et devient de plus en plus dur!

Dans la dépression mondiale induite par la financiarisation et la marchandisation des activités humaines, les «intérêts constitués» combattent les idées de changement et d’ouverture pour encombrer encore plus l’esprit des hommes afin de perpétuer leur «part du gâteau» et agrandir leur prééminence dans la société. Les nations qui ont pu émerger, assurer leur émancipation et se libérer de toute aliénation, sont celles qui ont investi dans l’élément humain, dans son savoir et son bienêtre. Dans notre beau pays, malgré les efforts consentis par la population depuis l’indépendance, de fortes inégalités persistent dans notre société dans le cadre de l’éducation et de la formation en particulier, elles deviennent de plus en plus insupportables. Il est plus que temps de s’assurer de l’adhésion de l’ensemble des intervenants dans le cadre d’un effort collectif et national et d’une gouvernance efficiente et efficace pour une école de la justice sociale.

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