«L’Etat est appelé à intervenir pour stopper l’hémorragie»

Mohamed Moussaoui, Président de la FLASCAM

Khalid Darfaf

Mohamed Moussaoui, Président de la Fédération des loueurs d’automobiles  sans chauffeur au Maroc (FLASCAM), appelle le gouvernement d’intervenir de manière urgente pour stopper l’hémorragie que subit le secteur. Pour notre interlocuteur, une intervention de l’Etat demeure nécessaire, car ce secteur vital qui contribue à l’achat d’environ 37% de l’ensemble  des ventes à l’échelle nationale.

Al  Bayane : Quel diagnostic faites- vous du secteur de la location de voitures ?

Mohamed El Moussaoui : difficile pour l’heure d’établir un diagnostic précis. Cela étant, le secteur continue encore à  recenser ses dégâts vu les effets néfastes d’une crise sans précédent voire persistante.  Il faut dire que la particularité du secteur tient au fait qu’il est amplement dépendant de l’activité touristique qui a connu une grave récession.

Ainsi, le taux d’activité des opérateurs de location de voiture  a connu une chute brutale,  allant de 60% à 80%, comme quoi le secteur est en plein crash. Une telle situation nous impose de se préparer au pire  étant donné que plusieurs entreprises seront enclins à mettre la clef  sous le paillasson, notamment les petites et moyennes entreprises, étant donné que  leur santé financière n’est pas du tout enviable.  D’ailleurs, il faut mettre l’accent sur le fait que la majorité d’entre eux, ne disposent pas de ressources pécuniaires pour payer les salariés ou encore s’acquitter de leurs obligations financières à l’égard des établissements de crédit.

Voulez-vous dire que les établissements de crédit ne se sont pas conformes aux orientations de l’Etat ?

En fait, nous sommes devenus victimes de harcèlement moral incessant des établissements de crédit. Un harcèlement  mené par des sociétés de recouvrement, qui ne cessent de faire pression sur nous pour nous exiger le remboursement des prêts, sans prendre en considération les effets de la crise. Il faut dire que  ces pratiques violent de manière flagrante le contrat qui nous lie avec les  établissements de crédit. Encore pire, certains parmi eux, sans avoir honte, contactent les membres de la famille de l’intéressé.   Il s’agit, en fait, c’est une divulgation d’infirmations personnelles qui va à l’encontre de la loi.

Qu’en est-il des mesures prises par le gouvernement ?

Il faut dire que le gouvernement a brillé par son absence.  On a adressé plusieurs correspondances à tous les départements en sollicitant une intervention fiable et efficace, mais malheureusement nos appels n’ont pas eu un écho favorable auprès d’eux.  Le comble, c’est que le secteur de location ne figure point sur le contrat-programme de relance du secteur du tourisme, sous prétexte que le secteur de location fait partie des attributions du ministère  de transport, sachant qu’on avait plusieurs réunions avec le ministère du Tourisme. Je dois souligner dans ce sens que la réunion qui a eu lieu il y a quelques mois avec le Chef du gouvernement n’était en réalité qu’une séance d’écoute.

Notons dans ce sens que toutes les initiatives de relance du secteur du tourisme interne n’ont pas abouties et pour cause, les décideurs n’ont  pas pu offrir un  produit adapté au marché interne. C’est-à-dire qui va de pair avec le pouvoir d’achat des citoyens, sans omettre les mesures restrictives imposées par les autorités.

Comment doit-on procéder alors pour limiter les effets de la crise ?

Il faut un plan de sauvetage bien ficelé.  Depuis le début de la crise,  notre fédération a élaboré plusieurs propositions qui sont restées lettre morte.  Les établissements de crédit doivent faire preuve de solidarité surtout dans ce cas de force majeure en procédant au report des prêts sans nous taxer les retards en…. Nous revendiquons, en outre, l’exonération de l’impôt sur la patente pendant trois ans,  une baisse de 50% de  l’impôt sur l’IS. Idem en ce qui concerne la TVA qui devrait  baisser de 10% en vue d’encourager les entreprises à l’achat de voitures. Nous demandons également  l’activation du Fonds de l’indemnité pour perte d’emploi…

Une intervention de l’Etat demeure nécessaire, car ce secteur vital dans l’économie du royaume,  contribue de manière significative à tourner la roue de l’économie nationale. C’est un secteur qui contient environ 10 mille agences employant entre 20 et 25 mille salariés de manière directe.  Qui plus est, les achats de voitures avoisinent 45 mille unités chaque année, à l’échelle nationale, soit 37% de l’ensemble des ventes.  Il s’agit, en fait,  d’une locomotive de développement par excellence.

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