Nabil Benabdallah : 13,3 milliards de dirhams envolés sans aucun impact sur les prix

Soutien aux importateurs de bovins et d’ovins

Par Jamal Eddine Felhi

Alors que la polémique enfle autour du montant réel des exonérations fiscales et autres aides accordées aux importateurs de bovins et d’ovins, ainsi qu’autour du nombre exact des heureux bénéficiaires, le secrétaire général du Parti du Progrès et du Socialisme, Mohammed Nabil Benabdallah, a révélé, chiffres officiels à l’appui, que ces avantages, qui ont profité à 277 importateurs, ont coûté à l’Etat 13,3 milliards de dirhams.

L’objectif affiché de ce soutien, apporté gracieusement aux importateurs de bovins et d’ovins, était d’infléchir les prix des viandes rouges et des moutons de l’Aïd Al Adha 2024. Or, les largesses en question n’ont eu aucun impact positif sur les prix, qui ont poursuivi leur hausse. Il s’agit ainsi, ni plus ni moins, d’une perte sèche pour le budget de l’Etat. C’est ce que souligne M. Benabdallah, dans un post qu’il a partagé sur Facebook, en s’appuyant sur les chiffres officiels figurant dans un document du gouvernement intitulé « Données et informations complémentaires demandées par les groupes parlementaires à la Chambre des Représentants ». Un document qui a été publié en réponse aux députés du Progrès et du Socialisme qui avaient interpellé à ce sujet l’exécutif, en octobre 2024, à l’occasion de l’examen du projet de loi de finances 2025.

Dans les détails, selon ce document officiel, le dispositif mis en place par le gouvernement inclut notamment l’exonération des droits d’importation et de la TVA. Des avantages, on ne peut plus généreux, dont tout un chacun pourra découvrir les coûts dans les pages 84 et 196 dudit document du ministère des finances.

Perte pour le budget général engendrée par les exonérations accordées aux importateurs des bovins

  • La suspension du prélèvement du droit d’importation applicable aux bovins domestiques, du 21 octobre 2022 au 31 décembre 2024, dans la limite de 120.000 têtes, cette mesure a coûté 7,3 milliards de dirhams.
  • Le budget de l’Etat a pris en charge la TVA sur l’importation des bovins, du 3 février 2023 au 22 octobre 2024, dans la limite de 120.000 têtes, pour un montant de 744 millions de dirhams.
  •  Le nombre de bénéficiaires de ces exonérations relatives à l’importation des bovins, entre le 21 octobre 2022 et le 22 octobre 2024 : 133 importateurs.

Perte pour le budget général engendrée par les exonérations accordées aux importateurs des ovins

  • Le budget général de l’État a pris en charge le droit d’importation des ovins, de février 2023 au 18 octobre 2024, pour un montant de 3,86 milliards de dirhams ;
  • Le budget général de l’Etat a pris en charge la TVA à l’importation des ovins, du 10 février 2023 au 18 octobre 2024, pour un montant de 1,16 milliard de dirhams.
  • La suspension du droit d’importation et de la TVA appliqués aux ovins, une nouvelle fois, du 19 octobre 2024 au 31 décembre 2024, a coûté au budget de l’État 15,7 millions de dirhams et 1,6 million de dirhams, respectivement.
  •  Le nombre de bénéficiaires de ces exonérations relatives à l’importation d’ovins s’est élevé à 144 importateurs, entre le 10 février 2023 et le 22 octobre 2024.

Perte pour le budget général de l’État au titre du soutien forfaitaire à l’importation d’ovins à l’occasion de l’Aïd Al Adha de l’année 2024

Le nombre total de têtes d’ovins importées à l’occasion de l’Aïd Al Adha de l’année 2024 s’est élevé à 474.312 têtes, dont les importateurs ont bénéficié d’une subvention forfaitaire de 500 dirhams par animal, entraînant une dépense publique totale de 237 millions de dirhams.

Comme susmentionné, le total de tout ce qui précède avoisine les 13,3 milliards de dirhams. Un montant, selon le secrétaire général du Parti du Progrès et du Socialisme, qui a profité aux seuls importateurs concernés sans répercussions positives pour les consommateurs.

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