La voix de la sagesse a fini par l’emporter : après un suspense qui a pesé sur ses préparatifs, le festival national du film (FNF) aura bien lieu et sera au rendez-vous habituel, à Tanger. Un communiqué du Centre cinématographique marocain est venu mettre fin aux différentes rumeurs en précisant que la 17ème édition du FNF aura lieu justement à Tanger, du 26 février au 5 mars 2016. Le communiqué précise en outre que cette édition comporte une compétition officielle de long et court métrage, des débats, des ateliers et la présentation du bilan cinématographique de l’année 2015.
Le milieu du cinéma avait été animé pendant des semaines de spéculations sur le lieu qui abritera la prochaine édition du festival national du film. Certaines voix n’ont pas hésité à avancer qu’il était désormais acquis que le FNF va quitter la ville du Détroit pour s’installer dans une autre ville ; d’autres encore n’ont pas hésité à défendre le retour à l’ancienne formule qui avait porté le festival à sa naissance en 1982, celle d’un festival itinérant. Le choix de le maintenir, du moins pour 2016, est un message fort qui invite les uns et les autres à plus de sérénité et de pondération dans le débat autour du sujet. D’abord, en confirmant le maintien de la 17ème édition du FNF le CCM et la profession du cinéma envoient un message à la ville de Tanger ; ils lui renouvellent leur confiance et espèrent au retour un geste et un message aussi fort et encore plus éloquent. Certes, depuis que Tanger est devenu la capitale annuelle du cinéma marocain plusieurs aspects positifs ont été enregistrés. Le festival grâce à cette stabilisation a gagné en professionnalisme au niveau de l’organisation et surtout de la fidélisation d’un public qui a adopté le festival dans une atmosphère de convivialité et d’empathie. La ville aussi présente des atouts en termes d’infrastructures urbaines et touristiques. Néanmoins, il n’en demeure pas moins que la ville, au sens politique du mot est restée timide dans ses rapports au festival. Les différentes instances politiques et administratives de la ville, de la province et de la région maintiennent leurs relations au festival à un niveau, correct sans plus. Au niveau de ce que les Marocains appellent pudiquement «swab». Ce geste de retourner à Tanger, oui c’est un retour car pour certains il était acquis que la 17ème édition n’aurait pas lieu à Tanger, devrait être reconnu et récompensé par une adhésion réelle à l’esprit du festival, par plus d’engagement. En d’autres termes à s’approprier le festival. Il est vrai que le FNF est une entité autonome, dépendant de la profession du cinéma mais rien n’empêche que la ville qui l’abrite prenne en charge par exemple un volet de l’organisation du festival. La ville et la région, dotées de nouvelles et d’avantages de prérogatives sont invitées à prendre des initiatives tangibles dans ce sens. Se contenter d’une réception ou d’un dîner à l’ouverture ou à la clôture est indigne d’une ville et d’une région qui se positionnent désormais dans le peloton de tête des zones les plus dynamiques et les plus rayonnantes du pays.
Mohamed Bakrim